Georges Brassens

Il est décédé le 

Elle est décédée le

29 Octobre 1981

Auteur-compositeur-interprète français, né le 22 octobre 1921 à Sète (Hérault), décédé à Saint-Gély-du-Fesc (Hérault), à l’âge de 60 ans. L'un des grands poètes de la chanson française, auteur de textes devenus des classiques, il dût vaincre sa timidité pour chanter sur scène ses propres compositions.

Le 6 janvier 1969 le photographe Jean-Pierre Leloir réalise un cliché resté célèbre : sont réunis sur l’image Georges Brassens, Léo Ferré et Jacques Brel, invités à débattre autour d'une table par le magazine Rock & Folk et de RTL. Malgré leurs parcours quelque peu différents, ces trois artistes sont encore aujourd’hui, près d’un demi-siècle plus tard, associés dans l’esprit du public, pour leur amour des mots, leur indépendance d’esprit, leur liberté, leur engagement.

 Georges Brassens est né à Sète le 22 octobre 1921. Son père, Jules, est un maçon libre-penseur et anticlérical qui a épousé Elvira, veuve de guerre d’origine napolitaine et fervente catholique, déjà mère d’une petite fille, Simone. Les parents aiment la musique, la chanson française, mais aussi le jazz. L’enfant se forme une oreille musicale, mais, ses résultats scolaires n’étant guère brillants, ses parents refusent de l’inscrire au conservatoire et il s’initie seule à la pratique de la mandoline. Sa scolarité sera marquée par un professeur de français, Alphonse Bonnafé, auquel l’adolescent montre les brouillons de ses premiers textes et qui lui prodigue conseils et encouragements. Quelques décennies plus tard, lorsque Pierre Seghers proposera à Brassens de lui consacrer un numéro de la collection Poètes d’aujourd’hui, le chanteur acceptera à condition que ce soit son ancien professeur qui en soit l’auteur.

Suite à une affaire de cambriolage dans laquelle Brassens est plus ou moins impliqué, ses parents l’autorisent à quitter Sète pour Paris. Il est hébergé chez une tante, Antoinette, apprend le piano, lit beaucoup, écrit, tout en travaillant comme ouvrier chez Renault. Au début de la guerre il retourne brièvement sur Sète mais regagne rapidement Paris et, en 1943, il est réquisitionné pour le STO. Il passe un an à Basdorf, près de Berlin, continuant à écrire et se liant d’amitié avec plusieurs prisonniers, dont Pierre Onteniente qui deviendra plus tard son secrétaire. Après une permission il refuse de repartir et se réfugie dans une pension de famille tenue par une voisine de sa tante, Jeanne Planche qui vit Impasse Florimont. Brassens s’y installe en 1944 et y restera plus de vingt ans ! Une grande amitié lie Georges à sa logeuse, il les chantera, elle et sa cane, et, le succès venu, achètera sa maison et celle qui la jouxte pour les lui offrir.

 Georges Brassens compose ses premiers morceaux et continue à écrire, des poèmes et aussi des articles pour le journal anarchiste Le Libertaire. Il a tenté, avec des amis, de lancer un nouveau titre, Le Cri des gueux, mais un seul numéro sortira. Le « Parti préhistorique » qu’il projette de créer, pour moquer les partis existants, ne verra finalement pas le jour.

 En 1947 il rencontre Joha Heiman, une estonienne de neuf ans son aînée. Ils ne se marieront pas, ne vivront pas sous le même toit, mais celle qu’il appelle Püppchen - petite poupée - partagera sa vie jusqu’au bout. Brassens cherche vainement des interprètes pour les chansons qu’il compose, car il se sent plus parolier qu’interprète. C’est Patachou qui va le décider à monter sur les planches, elle accepte de chanter quelques chansons mais réussit à le convaincre que c’est lui qui est le mieux à même de le faire. Trac et timidité le freinent mais il les surmonte et son authenticité convainc le public ainsi que Jacques Canetti, propriétaire des Trois baudets. Il engage Brassens et le fait signer chez Polydor. On est en 1952, le chanteur est lancé, il part en tournée avec Patachou et les frères Jacques, l’année suivante il est sur scène à Bobino et, en 1954 se produit pendant près de deux mois à l’Olympia. C’est la période où il rencontre l’écrivain René Fallet, qui lui consacre un article très élogieux dans Le Canard enchaîné et avec lequel il devient ami. Les amis comptent beaucoup pour Brassens qui leur reste fidèle, qu’il s’agisse de son ancien professeur Bonnafé ; de sa logeuse Jeanne ; de la bande de Sète avec Roger Thérond ; des prisonniers connus en Allemagne dont Pierre Onteniente qu’il appelle familièrement « Gibraltar » ; de son bassiste Pierre Nicolas, et de bien d’autres encore, Jacques Brel, Lino Ventura, Raymond Devos, Boby Lapointe…

 En 1958 Brassens achète le Moulin de la Bonde, en Seine et Oise, la maison de Jeanne rue Florimont étant trop petite pour recevoir ses amis et le chanteur va d’un lieu à l’autre. Plus tard il achètera une maison à Lézardrieux, en Bretagne. Atteint très jeune par une maladie rénale, il subit plusieurs opérations qui le laissent physiquement diminué. Durant les années 1960, il enchaine néanmoins tournées et enregistrements, rencontrant un succès considérable dans l’ensemble des pays francophones. En 1973, Georges Brassens part une dernière fois en tournée en France et en Belgique. Il publie son dernier album en 1976 et, le 20 mars 1977, monte pour la dernière fois sur la scène de Bobino.

Brassens est l’auteur des deux romans, La Lune écoute aux portes (autoédité en 1947) et La Tour des miracles (1954) et a fait une apparition au cinéma, dans un film de René Clair, Porte des Lilas (1957). Il n’est pas possible de recenser toutes les chansons qu’il a écrites et composées. Citons pêle-mêle : Le Gorille, L’Auvergnat, Les Copains d’abord, Les Sabots d’Hélène, Les Amoureux des bancs publics, Je me suis fait tout petit, La Mauvaise réputation, Les Trompettes de la renommée, Supplique pour être enterré à la plage de Sète. Il a enregistré 14 albums en studio, sans compter les enregistrements en direct. Il a chanté ses propres textes, et mis en musique ceux de ses poètes de prédilection, Aragon, Hugo, Verlaine, Paul Fort, Villon… De nombreux interprètes l’ont mis à leur répertoire, hier et aujourd’hui : Patachou, Barbara, Maxime Le Forestier, Renaud, etc. Atteint d’un cancer, Brassens est décédé à Saint–Gély–du–Fesc, près de Montpellier. Il est enterré au cimetière de Sète, non pas au cimetière marin mais plus haut, sur la corniche, au « cimetière des pauvres », auprès de ses parents et de Püppchen qui l’y a rejoint en 1999.

Joëlle Bolloch

Illustration : Marc Daniau

Demain : Henri Dunant

masculin
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6 Octobre 2016 - 3:48pm

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Tueur en série et cannibale américain, né le 19 mai 1870 à Washington, exécuté par électrocution à la prison de Sing Sing (New York), à l’âge de 66 ans. Condamné à mort pour le meurtre de quatre enfants, il aurait reconnu l’assassinat d’une centaine de personnes, voire de quatre cents selon un décompte de la police.

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Chef d’orchestre italien, né le 25 mars  1867 à Parme (Emilie-Romagne), décédé à New York, à l’âge de 89 ans. Il fut considéré par ses contemporains comme le plus grand chef d’orchestre de son époque

16 Janvier 2015

Henri Beaugé-Bérubé

Résistant français, né le 6 septembre 1920 à Brest Finistère, décédé à Paris, à l'âge de 94 ans.

Né au sein d'une famille bretonne de neuf enfants, Henri Beaugé-Bérubé répondit à l'appel du général de Gaulle et le rejoignit à Londres dès le premier juillet 1940. Il s'engagea avec son frère cadet Jacques dans les Forces françaises libres. Jacques, décédé en 2006, fut gravement blessé à la bataille d'El Alamein en Libye en novembre 1942. Il perdit l'usage de ses mains et devint aveugle. Après la guerre, il devint diacre et écrivit des ouvrages sous le nom de Jacque Lebreton.

 Henri participa également aux épopées des Français libres. Sa conduite au feu lui valut d'être fait Compagnon de la Libération par le chef de la France libre. François Hollande, président de la république, a tenu à lui rendre hommage dans un communiqué publié vendredi soir : " Henri Beaugé-Bérubé était un héros de la libération de la France. Avec lui disparaît un des derniers compagnons de la libération. Cet élève des Arts et Métiers n'avait pas supporté de voir la France à terre et, à vingt ans, il fut l'un des premiers à rejoindre le Général de Gaulle dès le 1er juillet 1940. Pendant cinq années, il a combattu sur tous les fronts de la guerre pour vaincre le nazisme. Cet homme d'honneur et de devoir était aussi un homme de culture et du partage. Il a participé à la création des parcs nationaux et fut l'animateur du centre culturel de l’abbaye de Fontevraud. Je salue la mémoire de ce grand Français et je m'associe à la douleur de sa famille et de ses proches".

16 Janvier 1986

Jean Cassou

Ecrivain et résistant français, né le 9 juillet 1897 à Deusto (Espagne), décédé à Paris, à l’âge de 88 ans. Fait Compagnon de la libération par le général de Gaulle. Fondateur du Musée national d’art moderne de Paris. Grand Prix national des lettres en 1971 pour l’ensemble de son œuvre.

16 Janvier 2002

Jean Elleinstein

Historien et homme politique français, né le 6 août 1927 à Paris, décédé à Paris, à l’âge de 74 ans. Spécialiste du communisme, il publia Une histoire de l’URSS en quatre tomes (1972-1975). 

16 Janvier 2011

Joseph Poli

Journaliste français, né le 14 avril 1922 à Marseille, décédé à Noisy-le-Grand (Seine-Saint-Denis), à l’âge de 88 ans. Il présenta l’édition de la nuit du journal de TF1 de 1979 à 1988.

16 Janvier 2001

Laurent-Désiré Kabila

Homme d’Etat congolais, né le 27 novembre 1939 à Likasi (Congo-belge), mort assassiné à Kinshasa, à l’âge de 61 ans. Président de la République démocratique du Congo du 17 mai 1997 au 16 janvier 2001, date de son assassinat par un enfant-soldat membre de sa garde rapprochée.

16 Janvier 1989

Pierre Boileau

Ecrivain français, né le 28 avril 1906 à Paris, décédé à Beaulieu-sur-Mer (Alpes-Maritimes), à l’âge de 83 ans. Il écrivit en collaboration avec Thomas Narcejac une cinquantaine de romans policiers dont plusieurs furent adaptés au cinéma.

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