Georges Delerue

Il est décédé le 

Elle est décédée le

20 Mars 1992

Compositeur français, né le 12 mars 1925 à Roubaix (Nord), décédé à Los Angeles (Californie), à l’âge de 67 ans. En quarante ans de carrière, l’auteur de la partition  du long métrage Le Mépris (1963), composa la musique de 348 films. Il obtint trois César de la meilleure musique pour Préparez vos mouchoirs (1979), L’amour en fuite (1980), Le dernier métro (1981) et un Oscar de la meilleure partition pour Je t’aime (1980).

Né dans le nord de la France une famille de la classe moyenne – père contremaitre dans une usine, mère au foyer – ; Georges Delerue fut initié dès son plus jeune âge à la musique par ses parents, des musiciens et chanteurs amateurs. Passionné également par le cinéma, Georges Delerue tentera de bricoler un appareil de projection avec son le jeu de construction inventé par Meccano. A l’âge adulte, il mêlera ses deux passions enfantines pour devenir l’un des plus grands et des plus prolifiques compositeurs de musiques de film. Un destin que ne soupçonnaient pas ses parents. Inscrit dans une école professionnelle, Georges Delerue était voué à suivre les traces de son père en devenant ouvrier métallurgiste. Pendant son temps libre, le jeune collégien jouait de la clarinette et se produisait dans la fanfare locale. Il n’eut aucun mal à convaincre ses parents de l’inscrire au conservatoire de Roubaix. Il y apprit le solfège, le piano, l’histoire de la musique et des grands compositeurs. Elève doué, il remporta plusieurs premiers prix (piano, musique de chambre, harmonie). Pour compléter sa formation, il décida de rejoindre la ville Lumière. Il réussit en 1945 le concours d’entrée au Conservatoire de musique de Paris. La bourse qu’on lui avait attribuée était insuffisante pour financer ses études. Aussi, il arrondit ses fins de mois en animant des baptêmes, mariages, communions. Il se produisit également dans des bals musette et joua au piano du jazz dans des bars du quartier de l’Opéra. Tout en poursuivant ses études sous la direction de grands pédagogues (la pianiste Simone Pié-Caussade, le chef d’orchestre Henri Büsser, les compositeurs Roger Desomière et Jean Rivier), Georges Delerue composa en 1947 sa première œuvre Panique. En 1949, il remporta le premier prix de composition et ainsi que le prix de Rome. Après avoir collaboré avec compositeur de musiques de films Jean Marion dont il avait été « le nègre », Georges Delerue vola de ses propres ailes. En 1951, à l’âge de 26 ans seulement, il fut nommé compositeur et chef d’orchestre à la Radiodiffusion française pour laquelle il composa en 1955 sa Symphonie concertante.

 Connu dans les milieux du cinéma pour avoir collaboré avec Jean Marion, Georges Delerue fut sollicité par des réalisateurs et des producteurs pour composer des musiques de films. Il travailla ainsi avec René Clair en 1952 dans Un Chapeau de paille d’Italie et Les Deux timides. Sa vie bascula en 1959 après sa rencontre après Alain Resnais pour lequel il composa la musique d’Hiroshima, mon amour. Les années suivantes, Georges Delerue devint le musicien attitré des cinéastes de la Nouvelle vague. Il collabora avec François Truffaut (Tirez sur le pianiste en 1960, Antoine et Colette et Jules et Jim en 1962, La Peau douce en 1964, Une Belle fille comme moi en 1972, La Nuit américaine en 1973, L’Amour en fuite en 1979, Le Dernier métro en 1980, La Femme d’à côté en 1981, Vivement dimanche en 1982). En 1963, il composa pour Jean-Luc Godard l’inoubliable musique du Mépris, devenue au fil des décennies l’hymne officieux du septième art. Venu de la musique classique, Georges Delerue composa également des musiques de comédies. Touche à tout génial, il est associé à de grands succès commerciaux et populaires. Il collabora avec Georges Oury (Le Crime ne paie pas en 1962, Le Corniaud en 1965, Le Cerveau en 1969), Philippe de Broca (L’Homme de rio en 1964, Les Tribulations d’un Chinois en Chine en 1965, Le Diable par la queue en 1969, L’Incorrigible en 1975, Tendre poulet en 1978, L’Africain en 1983, Chouans en 1987), Louis Malle (Viva Maria en 1965), Edouard Molinaro (Hibernatus en 1969, Les Aveux les plus doux en 1971), Henri Verneuil (Cent mille dollars au soleil en 1963, Les Morfalous en 1984).

 Chacun a un jour fredonné ou siffloté un air de Georges Delerue. Avec 348 musiques de films en quarante ans de carrière, Georges Delerue fut un des grands compositeurs de musique de l’après-guerre. Les plus grands cinéastes étrangers firent également appel à lui : Fred Zinnemann (Un Homme pour l’éternité en 1966, Le Chacal en 1973, Julia en 1977), John Huston (Promenade avec l’amour et la mort en 1969), Ken Russel (Love en 1969), Bernardo Bertolucci (Le Conformiste en 1971), John Frankenheimer (Les Cavaliers en 1971), John Nichols (La Nuit du dauphin en 1973, Le Mystère Silwood en 1983), Andrzej Zulawski (L’important, c’est d’’aimer en 1974), George Cukor (Riches et célèbres en 1981), Costa Gavras (Conseil de famille en 1986). Apprécié des cinéastes américains, Georges Delerue répondit à l’appel d’Hollywood et s’installa à Los Angeles en 1980 où il reçut cette année-là un Oscar de la meilleure musique pour I love you, je t’aime de George Roy Hill. Aux Etats-Unis, il composa pour Oliver Stone les musiques de Salvador (1985) et Platoon (1986). Il apparut également à l’affiche de la comédie Jumeaux d’Ivan Reitman en 1988, plébiscitée par les spectateurs. Il continua à travailler également pour le cinéma français et fut l’auteur de la partition Concerto de l’adieu pour le film Dien Bien Phu (1992) de Pierre Schoendoerffer. Georges Delerue travailla également pour la télévision. On lui doit notamment les musique du feuilleton Jacquou le Croquant (1969) de Stellio Lorenzi et de Les Rois maudits (1972) de Claude Barma mais aussi des Rescapés de Sobibor (1987) de Jack Gold.

 Récompensé du César de la meilleure musique trois années de suite, en 1979 pour Préparez vos mouchoirs de Bertrand Blier, en 1980 pour L’Amour en fuite et en 1981 pour Le Dernier métro de François Truffaut, Georges Delerue composa également de nombreuses œuvres pour la scène dont des opéras (Médis et Alyssio), des ballets (Les Trois mousquetaires), des concertos pour orchestres et des musiques de chambre.

 Il ne survécut pas à l’âge de 69 ans des suites d’une attaque cérébrale.

J.-P.G.

Demain : Henri Emmanuelli

masculin
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