Georges Pompidou

Il est décédé le 

Elle est décédée le

2 Avril 1974

Homme d’Etat français, né le 5 juillet 1911 à Montboudif (Cantal), décédé à Paris, à l’âge de 62 ans. Membre du cabinet du général de Gaulle à la Libération, puis premier ministre de 1962 à 1968, il succéda au fondateur de la cinquième République. Il est  mort dans l’exercice de ses fonctions.

 A priori rien ne prédisposait un fils d’enseignants auvergnat à accéder aux plus hautes fonctions de l’Etat Français. Et pourtant c’est ce destin particulier qui attendait le jeune Georges Pompidou, né à Montboudif, petite commune du Cantal, le 5 juillet 1911, d’un père professeur d’espagnol et d’une mère institutrice. Après avoir effectué un parcours scolaire brillant au lycée d’Albi, puis dans les classes préparatoires de Toulouse et enfin dans celles du lycée Louis-le-Grand à Paris, il se présente au concours d’entrée à l’Ecole normale supérieure (ENS). Agrégé de lettres en 1932, il débute une carrière d’enseignant d’abord à Marseille puis au lycée Henri IV à Paris.

 Lors de la libération de la France c’est lui que le général Charles de Gaulle choisit pour suivre les questions d’éducation dans son cabinet, reconnaissant qu’il souhaite aussi avoir à ses côtés un « agrégé de Lettres sachant lire et écrire »… Bien qu’il n’ait pas participé à la Résistance pendant l’Occupation Georges Pompidou devient rapidement l’un des principaux collaborateurs du chef de l’Etat. Entré au Conseil d’Etat en 1946, il poursuit son travail auprès de son mentor alors que ce dernier s’est retiré des institutions de la République.

 Son goût de l'action et sa curiosité pour un nouveau champ d'expériences le conduisent, en 1954, à quitter la fonction publique pour entrer à la banque Rothschild, dont il devient directeur général en 1956. À la faveur du retour au pouvoir du général de Gaulle au mois de mai 1958, il redevient son directeur de cabinet dès le mois de septembre suivant. Après l’avènement de la Vème République il est nommé membre du nouveau Conseil constitutionnel en janvier 1959. Sollicité par de Gaulle pour devenir ministre des finances il refuse par deux fois de participer au gouvernement de Michel Debré, préférant attendre le départ de celui-ci pour lui succéder au poste de premier ministre en 1962. Lors des événements de mai 1968 il joue un rôle important en initiant les accords de Grenelle qui mettent fin au conflit social. Mais la détérioration de ses rapports avec le général de Gaulle amène ce dernier à le mettre « en réserve de la République » ou, plus simplement, à le renvoyer à sa circonscription du Cantal en juin 1968. C’est à cette époque qu’éclate l’affaire Markovic : une rumeur circule affirmant que cet ancien chauffeur de l’acteur Alain Delon aurait participé à des « parties fines » impliquant de hautes personnalités, dont la propre épouse de Georges Pompidou, Claude. Ces insinuations vont marquer le couple et ternir l’image du président de la République auprès de son ancien collaborateur qui lui reprochera d’avoir tardé à l’informer de cette rumeur.

 Après la démission du général de Gaulle en avril 1969, suite à l’échec du référendum, Georges Pompidou obtient le soutien des gaullistes de l’UDR pour l’élection présidentielle de juin. Arrivé en tête au premier tour de scrutin, avec 44,5 % des voix, il est élu au second tour, avec 58,2 % des suffrages exprimés (37,5 % des inscrits, car la participation est tombée à 68,8 %). Président, il allie la continuité, en nommant premier ministre un gaulliste pure souche, Jacques Chaban-Delmas, et le changement, en cautionnant le programme que ce dernier a élaboré en collaboration avec Jacques Delors, programme qui engage le pays sur la voie d’une « nouvelle société » fondée sur la notion de politique contractuelle en matière de salaires. La continuité avec son prédécesseur se manifeste par ailleurs aussi dans la conduite de l’exécutif, le président de la République conservant la prérogative des décisions dans le domaine de la régionalisation et la participation, de même que dans le choix des grandes options en ce qui concerne la force nucléaire, la politique d’équilibre entre les États-Unis et l’URSS ou le rapprochement avec les peuples du tiers-monde. Mais changement également dans la composition du gouvernement qu’il ouvre aux Républicains indépendants de Valéry Giscard d'Estaing et aux centristes, ainsi que dans le financement d’une politique industrielle nouvelle et la conception d’une Europe qu’il souhaite ouvrir au Royaume-Uni (référendum d'avril 1972).

 Esprit fin et cultivé, Georges Pompidou, auteur d'une Anthologie de la poésie française (1961), partage avec son épouse la passion pour l'art contemporain. Il lui confie le soin de rajeunir la décoration du palais de l'Élysée en faisant appel à des artistes d'avant-garde. Avec elle, il engage le projet révolutionnaire d'un lieu multiculturel au cœur de Paris, sur le plateau Beaubourg. Celui-ci ne sera inauguré qu’après sa mort, sous le nom de Centre Pompidou. Prenant ombrage de l’autonomie croissante de Jacques Chaban-Delmas, Georges Pompidou le remplace, en juillet 1972, par Pierre Messmer, plus conservateur, qui a pour mission de gagner les élections législatives de mars 1973. Mission accomplie, même si l'opposition de gauche est renforcée. Mais le président apparaît de plus en plus fatigué et visiblement malade. Cette maladie s'était déclarée treize mois après son élection, mais il l’avait cachée dans l'espoir qu’elle ne progresse pas trop. Dans la nuit du 2 au 3 avril 1974, les programmes de télévision s'interrompent pour annoncer la mort du président, à l’âge de 63 ans. On apprendra plus tard qu'il est décédé d'une septicémie consécutive à la maladie de Waldenström, ou cancer du sang.

Serge Bolloch

Illustration : Marc Daniau

Demain : Jesse James

masculin
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