Georges Simenon

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Elle est décédée le

4 Septembre 1989

Romancier belge, né le 13 février 1903 à Liège (Wallonie), décédé à Lausanne (Suisse), à l’âge de 86 ans. Auteur prolifique de 193 romans, vendus à 550 millions d’exemplaires, le père du Commissaire Jules Maigret est l’un des écrivains de langue française le plus lu au monde.

 Treizième enfant d’une famille de la petite bourgeoisie liégeoise, Georges Joseph Christian Simenon était le fils de Désiré Simenon, un employé d’une compagnie d’assurance et d’Henriette Brüll, une vendeuse au grand magasin L’innovation. Enfant précoce, il sut lire et écrire à l’âge de 3 ans. La vie de Georges bascula en 1916 quand le médecin de famille lui annonça que son père était condamné à brève échéance en raison d’une maladie cardiaque. Il conseilla à l’adolescent de se préparer à trouver du travail. En 1918, Georges suivit le conseil. Il arrêta ses brillantes études et se fit embaucher comme journaliste dans La Gazette de Liège, un quotidien conservateur. Sous le pseudonyme de G. Sim, il publia plus d’un millier d’articles dont une série intitulée Le péril juif dans laquelle il laissa libre court à son antisémitisme. A l’époque, le journaliste professait des idées réactionnaires voire d’extrême-droite. Il haïssait les socialistes et les communistes, se moquait des dadaïstes, insultait les grévistes, dénonçait les francs-maçons. Il évoluera un peu les années suivantes sous l’influence d’une jeune étudiante en Beaux-arts Régine Renchon qu’il épousa en 1923. La jeune fille tenta de dégrossir le jeune journaliste dont la tête était un répertoire des idées et des croyances d’une société malade de ses préjugés. En attendant, Georges publia à l’âge de 19 ans son premier roman Au pont des Arches. Pour les besoins de ses enquêtes journalistiques, par curiosité mais aussi par envie, il fréquenta les milieux artistiques, les marginaux, les prostitués, les anarchistes, les sans-grades.

 La mort de son père fut le prétexte à un changement radical dans sa vie. En 1922, il quitta Liège et vint s’installer à Paris. L’année suivante, il retourna à Liège pour épouser Régine Renchon surnommée Tigy. Le couple s’installa définitivement dans la ville lumière. Tigy y ouvrit un atelier de peinture. Pendant un an, les portraits qu’elle vendait à Montmartre leur permirent de survivre. Georges Simenon décida de présenter ses manuscrits à Colette, l’influente directrice littéraire du Matin, le plus grand quotidien français alors. La romancière refusa d’éditer le jeune écrivain belge. Son style ampoulé lui déplaisait. Elle lui donna ce conseil : « Mon petit Sim, écrivez des histoires simples, surtout pas de littérature ». Il suivit son conseil. Désormais, il évita les facilités de la grandiloquence. Sa phrase disait ce qu’elle avait à dire, ni plus, ni moins : un sujet, un verbe, de rares compléments, des adjectifs plus rares encore. Son style a survécu à l’usure du temps et des modes, contrairement à ceux de ses contemporains comme Jules Romains ou Martin du Gard dont la forme surannée décourage les lecteurs d’aujourd’hui. Il présenta à Colette une nouvelle mouture de ses œuvres. Elle accepta finalement de publier deux nouvelles dans la rubrique Les mille et un matins. Surtout, elle l’introduisit dans les cercles littéraires parisiens.

 En une dizaine d’années sous une quinzaine de pseudonymes, Georges Simenon rédigea pour différents journaux un milliers de romans populaires. Il apprit à écrire des contes pour les enfants, des histoires d’amour pour les midinettes, des récits d’aventure pour les militaires, des drames sordides pour les concierges, des récits érotiques pours tous. Grassement rémunéré par les journaux, Georges Simenon vécut désormais dans l’aisance. Il habita un bel appartement Place des Vosges. En 1927, il fonda un journal Le Merle blanc dont il était le directeur et le seul rédacteur. Il fit construire un bateau à moteur l’Ostrogoth avec lequel il parcourut les canaux de France, ramenant de ses voyages de nombreux articles et des sujets pour ses romans.

Le père de Jules Maigret

En 1929, l’hebdomadaire Détective commanda à Georges Simenon une série policière. Il accepta volontiers et créa pour le magazine le personnage du commissaire Maigret. L’année suivante, la maison d’édition Fayard publia le premier roman de la série des Maigret, intitulé Pietr-le-Letton. L’intrigue policière était presque toujours le prétexte à décrire la société de son temps. Le commissaire Jules Maigret, l’archétype de l’antihéros, apparut encore dans 75 romans et 28 nouvelles jusqu’en 1972. Une quinzaine de romans ont été adaptés au cinéma. La télévision a également contribué à la popularité du célèbre policier inventé par Simenon. Les télévisions britanniques, italiennes, hollandaises ont produit des séries populaires avec des acteurs locaux. La France n’a pas été en reste. Entre 1967 et 1990, Jean Richard incarna le commissaire dans 85 téléfilms. En 1991, Bruno Cremer prit le relais pour une nouvelle série originale jusqu’en 2005.

 L’œuvre littéraire de Simenon ne peut se réduire à ses romans policiers. Il publia également des romans intimistes : Le relais d’Alsace (1930), le Testament Donadieu (1937), les Soeurs Lacroix et Touriste de bananes la même année (1938), les Inconnus dans la maison (1940). André Gide le salua comme le plus grand romancier de son temps. Tout aussi péremptoire le philosophe allemand Hermann von Keyserling ajoutait : « C’est un imbécile de génie ».

 Quand la seconde guerre mondiale éclata, le romancier se réfugia avec sa famille dans sa résidence secondaire de Nieul-sur-Mer (Charente-Maritime). Il y demeura pendant toute la durée du conflit. Chargé par le gouvernement belge de secourir les réfugiés belges installés dans la région, il aurait refusé d’aider ses concitoyens de confession juive. Un de ses frères s’engagea dans la Waffen-SS de Wallonie. Cela ne suffit pas pour le cataloguer « collaborateur » même s’il commit l’imprudence d’écrire dans des journaux contrôlés par les allemands. Un de ses biographes l’écrivain et journaliste Pierre Assouline souligne son attitude pour le moins ambigüe pendant l’occupation, dans Simenon, biographie (1992). Dans son enquête Simenon, les années secrètes (2005), l’universitaire belge Michel Carly reconnait que l’écrivain ne dénonça personne, mais juge qu’il fut un peu lâche et opportuniste.

 A la Libération, quand Simenon apprit que le Comité d’épuration des gens de lettres avait décidé d’ouvrir une enquête sur son comportement pendant la guerre, il décida de s’exiler au Québec. Il continua à écrire à un rythme soutenu. En 1950 après son divorce d’avec Régine Renchon, il épousa à Reno (Nevada) sa secrétaire canadienne Denise Ouimet qui lui donnera trois enfants. En 1952, l’Académie royale de Belgique l’accueillit en son sein. Trois ans plus tard, Georges Simenon revint en France. Il s’installa sur la Côte d’Azur. En 1960, il présida le festival de Cannes. Le juré attribua la Palme d’or à La dolce Vita de Federico Fellini. Le cinéaste italien devint un proche. Il se venta devant son ami d’avoir eu des relations sexuelles avec 10 000 femmes dont 8 000 prostituées.

 En 1964, il s’installa à Epalinges dans le Canton de Vaud. Célébré partout dans le monde, reconnu comme un grand écrivain et pas seulement comme un auteur pour bibliothèques de gare, il mit fin à sa carrière de romancier en 1972. Il vendit sa maison et s’installa à Lausanne. Il consentit à rédiger son autobiographie Les dictées (21 volumes) en enregistrant le texte au magnétophone. Evoquant son œuvre, il déclara : « Des idées, je n’en ai jamais eu. Je me suis intéressé aux hommes, à l’homme de la rue surtout, j’ai essayé de le comprendre d’une façon fraternelle… Qu'ai-je construit ? Au fond, cela ne me regarde pas. » Les dernières années de sa vie furent endeuillées par le suicide à l’âge de 25 ans de sa fille Marie-Jo. Il s’éteignit en 1986. Selon ses dernières volontés, son corps fut incinéré et ses cendres répandues dans son jardin sous un cèdre.

 Vingt-cinq ans après la mort du père de Maigret, Georges Simenon reste le troisième écrivain de langue française le plus lu au monde après Jules Verne et Alexandre Dumas. Ces 193 romans et ses 158 nouvelles, traduits en 55 langues ont été vendus dans 44 pays à 550 millions d’exemplaires. Ses œuvres complètes remplissent soixante-quatorze volumes loin devant Victor Hugo (trente cinq volumes) qui fut également un auteur prolifique.

Jean-Pierre Giovenco

Illustration : Marc Daniau

Demain : Mère Térésa

masculin
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James Gandolfini

Acteur américain, né le 18 septembre 1961 à Westwood (New Jersey), décédé à Rome (Italie), à l’âge de 51 ans. Il atteignit la célébrité mondiale en interprétant le rôle du chef de la mafia Tony Soprano dans la série télévisée du même nom.

19 Juin 1953

Julius et Ethel Rosenberg

Militants communistes américains, exécutés dans la prison de Sing Sing (New York). En pleine « chasse aux sorcières » sous le maccarthysme, ils furent accusés d’avoir espionné au profit de l’URSS. Condamnés à mort, ils furent exécutés sur la chaise électrique, malgré une campagne mondiale qui réclamait leur grâce. 

Julius Rosenberg était né le 12 mai 1918 à New York. Il mourut à l’âge de 35 ans.

Son épouse Ethel Greenglass était née le 28 septembre 1915. Elle mourut à l’âge de 37 ans.

19 Juin 1987

Michel de Saint-Pierre

Ecrivain et journaliste français, né le 12 février 1916 à Blois (Loir-et-Cher), décédé à Saint-Pierre-du-Val (Eure), à l’âge de 71 ans. Auteur de romans et d’essais il obtint en 1954 le Grand prix du roman de l’Académie française pour Les aristocrates.

19 Juin 1997

Olga Georges-Picot

Actrice française, née le 6 janvier 1940 à Shanghai (Chine), décédée par suicide à Paris, à l’âge de 57 ans. Elle joua dans Je t’aime, je t’aime (1968) d’Alain Resnais, Glissement progressif du plaisir (1974) d’Alain Robbe-Grillet

19 Juin 1993

William Golding

Ecrivain britannique, né 19 septembre 1911 à St Columb Minor (Cornouailles), décédé à Perranarworthal (Cornouailles), à l’âge de 81 ans. Auteur de Sa majesté des mouches (1954) et Rites de passages (1981). Prix Nobel de littérature en 1983.

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