Gino Bartali

Il est décédé le 

Elle est décédée le

5 Mai 2000

Champion cycliste italien, né le 18 juillet 1918 à Ponte à Ema (Toscane), décédé à l’âge de 85 ans. « Gino le Pieux » ne fut pas seulement un campionissimo. Pendant la seconde guerre mondiale, ce « Juste parmi les nations » sauva de nombreux juifs d’une mort certaine.

La question taraude tous les amoureux du Tour de France : combien de fois Gino Bartali aurait-il gagné l’épreuve-reine, combien de maillots jaune l’Italien aurait-il endossés sans la tragique parenthèse de la Seconde guerre mondiale ? Entre sa première victoire dans la Grande Boucle en 1938 et son second triomphe en 1948, sa carrière fut amputée de sept années sans Tour, auxquelles il faut ajouter 1939 quand les tensions politiques avec l’Italie fasciste l’empêchèrent de défendre son titre. En le voyant si fort à dix ans d’intervalle, ses admirateurs le jurent, il aurait écrasé le cyclisme - et le Tour de France - pendant une bonne décennie.

 Le Toscan est surtout resté dans la mémoire du cyclisme pour ses exploits en montagne qui lui valurent trois Tours d’Italie (1936, 1937, 1946) en plus de ses deux Grandes Boucles, mais aussi grâce à sa rivalité avec Fausto Coppi, un duel au sommet entre deux champions d’exception qui divisa l’Italie jusque dans les années 1950. Mais Gino Bartali laissa aussi une trace au-delà des palmarès sportifs, grâce à sa personnalité et ses engagements.

 Catholique fervent, un temps militant de l’Action catholique, il a toujours montré son aversion envers le régime fasciste tandis que Mussolini tentait d’instrumentaliser ses victoires à partir de 1938. Pendant la guerre, il connut la prison pour avoir démissionné de la police de la route où il avait été affecté, estimant que « ce corps était devenu un organe du parti politique. » On ne le saura que bien plus tard, mais Gino Bartali faisait partie à cette époque d’un réseau financé par le Vatican qui contribua à sauver quelques 800 Juifs. Profitant de ses entraînements entre Florence, Gênes et Pérouse, il transportait de couvent en couvent des faux papiers cachés dans la selle et le guidon de son vélo. Pour cela, le Mémorial de Yad Vashem lui décerna en 2013 le titre de « Juste parmi les nations ».

 L’aventure de Gino Bartali avec le vélo est née dans un atelier à Florence où il travaillait comme réparateur de bicyclettes. Il avait treize ans et son patron décela rapidement ses dons, l’aidant même à acquérir son premier vélo de course. En 1931, il dispute et gagne sa première compétition, mais on lui retire la victoire car, âgé de moins de 18 ans, il n’avait pas le droit d’y participer. Pendant quatre ans chez les amateurs, il collectionne les succès et passe professionnel dès 1935. Aussitôt, il prouve qu’il a le niveau : cette année-là, il anime Milan-San Remo, termine 7ème du Giro dont il remporte le Grand prix de la montagne, puis termine la saison avec le titre de champion d’Italie.

 En 1936, il s’adjuge le Tour d’Italie, mais il envisage d’arrêter sa carrière après la mort de son jeune frère Giulio, victime d’une chute dans une course pour amateurs. C’est après ce drame que le très catholique Gino devient quasiment mystique, se met en prière ou va à la messe chaque fois qu’il descend de vélo. Dans le Tour de France 1937, sa foi exubérante lui vaut le sobriquet de « Gino le Pieux », mais elle ne l’immunise pas des embûches : il doit abandonner après une chute alors qu’il portait le maillot jaune.

 Vainqueur en 1938 de la Grande Boucle, il restera le seul coureur de l’histoire à remporter à nouveau l’épreuve à dix ans d’intervalle. En 1948, Fausto Coppi est absent mais le Toscan doit faire face à la résistance inattendue d’un jeune Français, Louison Bobet. Le jour où l’Italie s’embrase à cause de la tentative d’assassinat de Palmiro Togliatti, le secrétaire général du Parti communiste, Bartali reçoit à Cannes, où le peloton goûte une journée de repos, un coup de téléphone du président du Conseil, le démocrate-chrétien Alcide De Gasperi : « On a besoin de toi, lui dit son ami. Tu peux faire beaucoup en gagnant des étapes. » En s’octroyant aussitôt trois victoires dans les Alpes, puis en arrachant le maillot jaune, Bartali a-t-il sauvé l’unité italienne ? En tout cas, ses exploits éclipsèrent la crise politique à la Une de la presse italienne et dans les conversations de rue.

 Ensuite, le champion florentin ne monta plus sur la plus haute marche mais continuera à collectionner les place d’honneur dans le Giro et le Tour, jusqu’au 9 février 1955 où il annonça la fin de sa carrière. Il avait 41 ans. Sa longévité lui valut de troquer son surnom de « Gino le Pieux » en « Gino il Vecchio » (le Vieux). Pour les spécialistes, c’était surtout une manière de saluer, à travers lui, la passation d’une génération à une autre, son jeune compatriote, Fausto Coppi, illustrant par son style et sa personnalité, dès le Tour 1949, l’avènement du cyclisme moderne

Jean-Jacques Bozonnet

Illustration : Marc Daniau

Demain : Marlène Dietrich

masculin
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Dramaturge et romancier français, né le 25 juin 1858 à Tours (Indre-et-Loire), décédé à Paris à l’âge de 71 ans. Auteur humoristique et « courtelinesque », il écrivit notamment Les gaités de l’escadron (1886), Hortense, couche toi ! (1897), Le commissaire est bon enfant (1900), Les balances (1901).

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Auteur-compositeur-interprète algérien, né le 24 janvier 1956 à Taourirt Moussa (Kabylie), assassiné à Tana Boulane (Kabylie), à l’âge de 42 ans. Musicien et chanteur, il fut un ardent défenseur de la cause kabyle et de la démocratie dans son pays. Il fut assassiné par des inconnus qui n’ont pas été identifiés (islamistes ou représentants du pouvoir ?).

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Philosophe français, né le 15 octobre 1926 à Poitiers (Vienne), décédé à Paris, à l’âge de 57 ans. Enseignant au collège de France (Le gouvernement de soi et des autres) de 1970 à sa mort, il révolutionna les sciences humaines, écrivant notamment Les mots et les choses (1966), Histoire de la folie à l’âge classique (1972), Surveiller et punir (1975), Une histoire de la sexualité en 3 volumes (1976-1984).

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Mickael Jackson

Chanteur américain, né le 22 août 1958 à Gary (Indiana), décédé à Los Angeles (Californie), à l'âge de 50 ans. Chanteur  le plus célèbre dans le monde pendant trois décennies, figure majeure de la musique pop, il vendit plusieurs centaines de millions d'albums : Off the wall (1979), Thriller (1982), Bad (1987), Dangerous (1991), Blood of the Dance Floor (1997), Invincible (2001). Accusé à plusieurs reprises d'attouchements sur un mineur dans les années 1990 et dans les années 2000, il fut blanchi par la justice. En 2011, son médecin personnel fut jugé et condamné pour avoir administré au chanteur des somnifères qui avaient provoqué son décès.

25 Juin 2015

Patrick Macnee

Acteur britannique naturalisé américain, né le 6 février 1922 à Londres (Royaume-Uni), décédé à Rancho Mirage (Californie), à l’âge de 93 ans. Pour devenir une célébrité mondiale, il lui suffit d’interpréter un seul personnage sur le petit écran : celui de John Steed, l’imperturbable et élégant agent secret dans la série culte Chapeau Melon et bottes de cuir, connu dans les pays anglo-saxon sous le titre de The Avengers. Une notoriété qu’il partagea avec sa complice Emma Peel, jouée par Diana Rigg - remplacée par Tara King en 1969. Entre 1961 et 1969, cent soixante et un épisodes furent diffusés par les télévisions du monde entier.

 Après une interruption de plusieurs années, une nouvelle série de 26 épisodes fut tournée en 1976 avec une nouvelle partenaire féminine, Joanna Lumley et un adjoint masculin, Gareth Hunt. Mais le charme était rompu. La série déçut le public. Patrick Macnee eut du mal à rebondir. Il apparut dans de nombreux films mais dans des rôles secondaires. On le remarqua notamment dans Le commando de sa majesté (1980) d’Andrew McLaglen, et dans Dangereusement vôtre (1985), un James Bond tourné par John Glen. Mais pour ses fans, il restera pour toujours John Steed qu’ils retrouvent avec plaisir dans ses aventures que les chaînes du câble programment régulièrement, cinquante-cinq ans après la diffusion du premier épisode.

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