Hadrien

Il est décédé le 

Elle est décédée le

10 Juillet 1001
138

Empereur romain, né le 24 janvier 76 à Italica (actuelle Andalousie), décédé à Baïes (actuelle Campanie), à l’âge de 62 ans. Il régna sur l’Empire romain pendant plus de vingt ans. Plus poète et philosophe que conquérant, il affermit l’Empire, réforma son administration et couvrit ses cités de monuments somptueux.

Des doutes subsistent sur le nom de la ville de naissance d'Hadrien. Des historiens affirment qu’il vit le jour à Rome mais que sa famille était originaire d’Italica, une cité espagnole fondée par ses ancêtres deux siècles auparavant. D’autres, supputent qu’il naquit dans cette dernière ville. On sait que sa mère Domitia Paulina, née à Gadès (actuelle Cadix), appartenait à une lignée d’origine punique qui fut élevée à la citoyenneté romaine par le clan des Domitia, sous la République. Son père Publius Afer descendait d’une vieille famille établie dans le Picenum, une région située sur les bords de la mer Adriatique (actuelles Marches) dans la péninsule italienne. Publius Aelius Hadrianus Afer occupait la fonction de sénateur à Rome et était le cousin germain du futur empereur Trajan. Il mourut à 40 ans, laissant son fils Hadrien orphelin à l’âge de 10 ans. Trajan devint le tuteur du jeune garçon. L’adolescent suivit une solide formation littéraire et scientifique, apprenant la grammaire, la rhétorique, la philosophie, la poésie. Sa connaissance des lettres grecques lui valut le surnom de « petit grec ».

Adopté par Trajan

A l’âge de 14 ans – l’âge de la majorité – il effectua son service militaire dans un régiment composé de jeunes gens appartenant à l’élite romaine. Plus sérieusement, six ans plus tard on l’envoya en Mésie (actuelle Serbie) avec le titre de tribun militaire (officier supérieur) pour empêcher l’incursion de tribus Sarmates dans l’Empire. Il était cantonné à Aquincus (Budapest) quand il apprit l’assassinat de l’empereur Domitien par ses gardes et l’élection de Nerva, un ancien consul, par le Sénat. L’année suivante, sous la pression de l’armée, l’empereur âgé de 66 ans désigna le général Trajan comme successeur. Nerva mourut l’année suivante de maladie. Trajan lui succéda. La carrière d’Hadrien s’accéléra. Le jeune homme de 24 ans renforça ses liens familiaux avec l’empereur en épousant sa petite-nièce Vibia Sabina.

 Nommé par Trajan questeur (magistrat en charge du trésor public), il était chargé de lire devant le Sénat les discours écrits par l’empereur pendant son absence. En 101, il accompagna Trajan, parti en campagne contre les Daces (actuelle Roumanie). Le conflit entrecoupé de périodes de paix dura plusieurs années et se termina par la victoire de Trajan et la création d’une nouvelle province romaine la Dacie, en 106. Hadrien s’illustra pendant les batailles. Décoré par l’empereur, il devint gouverneur de la Pannonie inférieure (actuelle Bosnie). En 108, à l’âge de 32 ans, Hadrien fut élu consul. Trajan le chargea de rédiger ses discours. Nommé légat (envoyé en mission) pendant la guerre contre les Parthes, Hadrien contribua à la victoire romaine et à l’expansion de l’Empire au-delà de l’Euphrate, avec à la clé l’annexion de l’Arménie et de la Mésopotamie.

 Ces conquêtes et la création de la province d’Arabie Pétrée, permirent à l’empire romain d’atteindre son apogée territorial. Proche collaborateur de Trajan, Hadrien fut considéré par ses contemporains comme un des instigateurs de cette politique impérialiste. Quand Trajan affaibli par sa dernière campagne mourut de maladie sur le chemin du retour vers Rome le 9 août 117, Hadrien apparut comme son successeur naturel, même si l’empereur défunt avait omis de le désigner officiellement. Quelques anciens consuls contestèrent néanmoins sa nomination. Ils furent exécutés sur ordre du Sénat. Hadrien alors à la tête de ses troupes en Syrie nia plus tard avoir ordonné leur mise en mort.

Un empereur pacifique

Quand il monta sur le trône le 10 août 117, Rome dominait le monde. Sous la férule de ses prédécesseurs - d’ Auguste à Trajan - L’Empire, tel un colosse belliqueux, s’était étendu grâce à ses légions autour de la Méditerranée et, au-delà, au nord du continent européen. Des rivages du grand océan Atlantique ou la pluie verdissait les prés toute l’année aux oasis sahariennes de la Maurétanie, des colonnes d’Hercule aux frontières du désert arabique, la République latine avait vaincu des armées puissantes, soumis des peuples fiers, abattu des idoles millénaires, exterminé sans pitié ceux qui résistaient. L’Italie, Carthage, l’Espagne, la Grèce, l’Egypte, la Gaule, la Palestine, l’Afrique du nord, l’Anatolie, la Grande-Bretagne, la Dacie et tant d’autres pays qui bordaient la grande mer intérieure avaient été engloutis par ce goinfre insatiable. 60 millions d’hommes vivaient sous son empire. On y parlait des centaines de langues différentes, on y priait une multitude de Dieux, on y respectait des coutumes étranges. Selon le sens commun, un tel ensemble disparate devrait rapidement s’écrouler sous l’effet des révoltes nationales, religieuses ou identitaires. Quand un soulèvement éclatait dans un territoire, Rome répondait par l’envoi de ses légions. La révolte écrasée, les villes ravagées, l’Empire punissait la population en la réduisant en esclavage ou en lui imposant le paiement de lourds tributs. Quelques décennies plus tard, les peuples vaincus se soulevaient de nouveaux.

 Hadrien jugea inefficace cette politique de force. Il décida de rompre avec les méthodes coercitives de ses précurseurs. Il abandonna la politique guerrière de Trajan et mit fin à la politique impérialiste d’agrandissement territorial. Difficiles à défendre, il renonça à l’Arménie et à la Mésopotamie, installant la frontière de l’Empire sur la rive droite de l’Euphrate. Il donna la priorité à l’assimilation des nombreuses conquêtes réalisées les décennies précédentes. Sous son influence, le colosse cruel se transforma en géant débonnaire. A sa demande, les gouverneurs romains devaient respecter les traditions des peuples soumis et les Dieux qu’ils vénéraient. Favorable à la liberté religieuse, il leur interdit d’imposer leurs croyances et souvent même les Romains adoptèrent celles de leurs anciens ennemis.

 Hadrien favorisa les élites politiques locales qu’il mit à la tête des administrations des provinces. Souvent, il ressuscita les institutions politiques préexistantes à l’arrivée des Romains. En contrepartie, les nouvelles autorités admettaient de se plier à l’autorité de Rome, maintenaient l’ordre et payaient les impôts. Un gouverneur romain assurait l’application de ces mesures. Sous son règne, les légionnaires laissèrent la place aux bâtisseurs. Les cités conquises se couvrirent de bâtiments publics, d’amphithéâtres, d’odéons, de forums, de thermes, d’aqueducs. Le latin, se répandit dans la population lettrée, et avec elle la culture, le mode vie, de penser des Romains.

 Hadrien n’ignorait pas que Rome était environnée d’ennemis implacables, prêts à fondre sur l’Empire pour le piller. Plutôt que d’envoyer guerroyer ses légions dans les territoires de ces ennemis insaisissables, il abrita la civilisation romaine derrière une ligne de fortifications, longue de plusieurs milliers de kilomètre, le Limes. De la Germanie à la mer Noire, bordant les rives du Rhin et du Danube, en Ecosse, la muraille suivait les frontières de l’Empire. Une armée nombreuse et couteuse en assurait la garde et empêchait l’infiltration des Barbares. Les populations locales, premières victimes d’une invasion, furent mises à contribution en fournissant des recrues pour les légions.

 En 132, sa politique pacifique subit un grave revers en Palestine où son projet - contraire à sa doctrine - d’édifier un édifice dédié à Jupiter sur l’emplacement du Temple provoqua la révolte du peuple juif commandé par Shimon bar Kokhba. Il fallut engager 12 légions pour venir à bout de l’insurrection. Jérusalem fut rasée, la Judée dévastée. Ce fut la seule expédition militaire d’envergure qu’il mena durant son règne.

Un intellectuel

 Hadrien réforma également le droit romain qu’il codifia dans un Edit perpétuel. Pour favoriser la production agricole et prévenir ainsi les disettes voire famines, il lutta contre l’abandon des terres en instituant des baux de longue durée et en permettant à des associations d’agriculteurs d’exploiter les terrains en friche.

 Intellectuel brillant formé à la culture latine et grecque, philosophe et poète, il aurait rédigé une autobiographie qui n’est pas parvenue jusqu’à nous, sauf quelques vers en latin publiés dans Histoire d’Auguste un ouvrage paru au IVeme siècle et traduit par André Chastagnol : « Âmelette vaguelette, calinette,

Hôtesse et compagne de mon corps,

Qui maintenant t'en vas vers des lieux

Livides, glacés et dénudés,

Tu ne lanceras plus tes habituelles plaisanteries ». 

 Marguerite Yourcenar dans son ouvrage Mémoires d’Hadrien (1951) rédigea une autobiographie fictive de l’empereur. Hadrien sillonna l’Empire en tous sens, visitant, l’Egypte et ses ruines, la Grèce et sa civilisation qu’il sortit de la léthargie où elle était tombée en bâtissant un temple dédié à Zeus, à Athènes. A Rome, il réaménagea l’admirable Panthéon, fit construire un imposant mausolée devenu le Château Saint-Ange. Dans les environs de la ville éternelle, il créa la villa Adriana, le Versailles du monde antique, où il séjourna à la fin de sa vie, dont on peut encore aujourd’hui admirer les ruines bien conservées.

 Les dernières années de la vie de l’empereur furent troublées par la maladie et les questions liées à sa succession. Souffrant depuis l’an 134 d’une insuffisance cardiaque qui provoquait des œdèmes, Hadrien sentit sa fin proche. En l’absence d’héritier, il adopta avec le titre de César Lucius Commodus, un sénateur romain âgé de 35 ans. Personne ne comprit son choix. L’empereur dépensa plusieurs dizaines de millions de sesterces pour convaincre ses généraux et le peuple de soutenir cette candidature. L’élu était peut-être son fils naturel. Il ne monta jamais sur le trône. En 137, l’héritier mourut de maladie. Hadrien adopta alors Antoninus – le futur Antonin le Pieux -, 51 ans et Lucius Verus, 7 ans, le fils de Lucius Commodus. Profitant de l’affaiblissement physique et politique d’Hadrien, des sénateurs contestèrent ces choix. L’empereur-philosophe était aussi un tueur. Il fit exécuter les récalcitrants. Ce fut une de ses dernières décisions. Il mourut le 10 juillet 138 dans la station thermale de Baïes où il se reposait. Antonin le Pieux lui succéda. L’histoire prouva que ce fut un bon choix.

Illustration : Marc Daniau

Demain : Maurice Thorez

masculin
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