Henri Emmanuelli

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Elle est décédée le

21 Mars 2017

Homme politique français, né le 31 mai 1948 à Eaux-Bonnes (Basses-Pyrénées), décédé à Bayonne (Pyrénées-Atlantiques), à l’âge de 71 ans. Figure de la gauche socialiste, farouche opposant au social-libéralisme, député des Landes pendant plus de 30 ans, il occupa plusieurs postes ministériels sous la présidence de François Mitterrand. Président de l’Assemblée nationale en 1992 et 1993, il dirigea le parti socialiste en 1994 et 1995, date à laquelle il échoua à la primaire socialiste face à Lionel Jospin.

Né dans une famille pauvre, orphelin de son père très jeune, Henri Emmanuelli incarnait la méritocratie républicaine. Brillant étudiant à Sciences Po, il fut embauché en 1969 dans la Compagnie financière Edmond de Rothschild. Commençant au bas de l’échelle hiérarchique, il gravit les marches vers les plus hautes responsabilités : attaché de direction en 1971, fondé de pouvoir, et directeur adjoint en 1975. Mais le banquier d’affaires était également un militant socialiste convaincu depuis 1971 et un partisan résolu du programme commun de la gauche signé en 1973 par le PS, le PC et les radicaux de gauche. Après un échec aux législatives de 1973, il fit basculer à gauche la troisième circonscription des Landes en mars 1978. Il se consacra désormais entièrement à la politique et démissionna de son emploi chez Rothschild. Fidèle soutien de François Mitterrand, il participa à toutes les batailles politiques pour installer le chef du PS à l’Elysée et pour aider son parti à gagner les élections législatives. Mission accomplie en mai et juin 1981. Henri Emmanuelli entra le 22 mai 1981 dans le gouvernement formé par Pierre Mauroy au poste de secrétaire d’’Etat chargé des départements et territoires d’outre-mer. En mars 1983, il progressa dans la hiérarchie gouvernementale en devenant secrétaire d’Etat chargé du budget. Il occupa la fonction jusqu’en mars 1986, date à laquelle il fut remplacé par Alain Juppé après la victoire de la droite aux élections législatives.

 Pendant la cohabitation, il fut un des dirigeants socialistes parmi les plus pugnaces contre la politique de la nouvelle majorité. Après la réélection de François Mitterrand en 1988 et le retour de la gauche au gouvernement, Henri Emmanuelli fut nommé trésorier du parti socialiste dont il incarnait l’aile gauche. Il réussit en 1990 à faire échec à la tentative de Laurent Fabius, jugé trop à droite, de s’emparer de la direction du parti en s’alliant avec Lionel Jospin. En 1992, Lauren Fabius réussit à se faire élire premier secrétaire du PS. Il abandonna la présidence de l’Assemblée nationale à son rival…Henri Emmanuelli. Elu au perchoir au second tour contre Jacques Chaban-Delmas le candidat présenté par la droite, il présida l’Assemblée jusqu’au terme de la législature en 1993.

 L’année suivante, après le cuisant échec des socialistes aux élections européennes de juin 1994, le secrétaire du PS Michel Rocard démissionna. Avec le soutien de Laurent Fabius, Henri Emmanuelli le remplaça à titre provisoire lors d’un conseil national réuni le 19 juin 1994. Réélu premier secrétaire du parti le 20 novembre 1994 lors du congrès de Liévin, il annonça son soutien à Jacques Delors à l’occasion de l’élection présidentielle de mai 1995. Mais quand le président de la Commission européenne annonça qu’il ne se présenterait pas, Emmanuelli décida de concourir à la primaire socialiste chargé de désigner le candidat du parti pour la présidentielle. Il affronta Lionel Jospin qui recueillit 65,85% des suffrages des militants. Henri Emmanuelli s’inclina et abandonna son poste de premier secrétaire en octobre 1995.

 Mis en examen depuis le mois de septembre 1992 dans l’affaire Urba du financement occulte du PS il dut rendre des comptes à la justice. En sa qualité de trésorier du parti socialiste au moment des faits, il fut condamné pour complicité de trafic d’influence à 18 mois de prison avec sursis et à deux ans de privation de ses droits civiques. Affecté par ce jugement alors qu’il n’était pas mis en cause pour enrichissement personnel, il constata avec satisfaction que les électeurs lui maintenaient leur confiance en l’élisant de nouveau député en 2000.

 Opposé au social-libéralisme, il incarna l’opposition de gauche au sein de son parti, ralliant des personnalités comme Benoit Hamon, Arnaud Montebourg et Vincent Peillon. En 2005, il appela à voter « non » au référendum sur la Constitution de l’Europe en contradiction avec la position officielle du parti. Très présent également dans son département des Landes qu’il présidait depuis février 2000, il se manifesta pour la dernière fois au niveau national en soutenant en janvier 2017 Benoit Hamon lors de le primaire pour élire le candidat socialiste à l’élection présidentielle. 

J.-P.G.

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