Jacqueline Auriol

Il est décédé le 

Elle est décédée le

11 Février 2000

Aviatrice française, née le 5 novembre 1917 à Challans (Vendée), décédée à Paris, à l’âge de 82 ans. Détentrice de nombreux records de vitesse internationaux, elle fut la première européenne à franchir le mur du son en 1953. Première française à devenir pilote d’essai, elle vola sur les avions de guerre (Mystère IVMirage III) et prit les commandes du Concorde.

Jacqueline Douet ne se destinait pas devenir pilote d’essai, un métier réservé aux hommes. Après des études d’art à l’Ecole du Louvres, elle épousa en 1938 Paul Auriol, le fils du parlementaire socialiste Vincent Auriol, futur président de la République en 1947. Pendant que son époux travaillait aux côtés de son père à l’Elysée – à l’époque les hommes politiques pouvaient employer leurs enfants –, Jacqueline Auriol décida d’apprendre à piloter sur un biplan Stampe. Formée par Jacques André, un ancien as de l’escadrille « Normandie-Niemen », particulièrement douée, elle réussit son premier et second brevet en 1948. Pour montrer qu’une femme pouvait rivaliser avec les hommes, elle se lança dans la voltige aérienne où elle brilla. Reconnue par ses pairs, la Société de construction aéronavale lui demande en juillet 1949 de participer à un vol d’essai en qualité de copilote. Il s’agissait de tester un hydravion bimoteur SCAN entre Meulan-en Yvelines et Les Mureaux. L’avion vola trop bas et la coque heurta violemment la Seine. Le bimoteur se retourna. Les trois passagers – le pilote, Jacqueline Auriol et le PDG de la société – échappèrent à la mort. Mais Jacqueline Auriol fut gravement blessée à la tête. Victime de plusieurs fractures de la boite crânienne et le visage défigurée par les blessures, elle subit en deux ans une vingtaine d’interventions chirurgicales aux Etats-Unis. Au lieu de l’inciter à renoncer à sa passion, l’accident décupla au contraire sa volonté de briller dans une activité peu pratiquée par les femmes.

 Elle décida de passer ses brevets militaires et apprit à piloter les hélicoptères. Sa ténacité plut dans un milieu où tout le monde se connaissait. Le 11 mai 1951, au-dessus de la base d’Istres, l’armée de l’air mit à sa disposition un Havilland Vampire, un avion à réaction britannique distribué en France sous le nom de Mistral. Aux commandes du chasseur, elle porta le record du monde féminin sur 100 km à la vitesse moyenne de 818,181 km/h, ce qui lui valut de remporter son premier Harmon Trophy qui récompense chaque année les exploits réalisés par un aviateur. Elle en gagna trois autres en 1952, 1955 et 1956. Le 6 juillet 1952, on lui annonça la mort à 54 ans de la pionnière de l’aviation française Maryse Bastié qui périt dans le crash de son Noratlas lors d’un meeting aérien à l’aéroport de Lyon-Bron. Le 21 décembre 1952, elle porta son record à 855,92 km/h. Mais, six mois plus tard, l’américaine Jacqueline Cochran battit la performance de la française en franchissant la barre symbolique des 1 000 km/h, avec 1 050 m/h sur F86 Sabre. Une rivalité de dix ans commença. Jacqueline Auriol se consola en étant le 15 août 1953 la première pilote européenne à franchir le mur du son (1 224 km/h). L’aviatrice française décida alors de devenir pilote d’essai. Elle passa le concours de l’Ecole du personnel naviguant d’essais et de réceptions (EPNER). Reçue, elle devint l’année suivante la première française brevetée pilote d’essai. Elle intégra le prestigieux Centre d’essais en vol de Brétigny-sur Orge. Elle apprit alors que Jacqueline Cochran usait de son influence au sein de la Fédération aéronautique internationale (FAI) dont elle était la vice-présidente pour abolir les courses aux recors féminins. Si sa proposition était adoptée, l’américaine resterait pour l’histoire la femme la plus rapide du monde. Pour éviter ce risque, Jacqueline Auriol battit le 31 mai 1955 le record de Cochran à 1 151 km/h à bord d’un Mystère IV. L’Américaine renonça à son projet. Six ans plus tard, elle porta le record à 1 262 Km/h en 1961 sur T-38 Talon. Installée aux commandes d’un Mirage III, la française parcourut les 100 km à la vitesse moyenne de 1 849 km/h le 22 juin 1962. Le 14 juin 1963, elle le porta à 2 038 km/h. Le mot de la fin resta à Jacqueline Cochran qui atteignit 2 097 km/h sur un F-104G.

 En 20 ans de carrière, Jacqueline Auriol a accumulé 5 000 heures de vol dont 2 000 comme pilote d’essai. Elle tint les commandes de 150 avions dont le supersonique franco-anglais le Concorde.

Demain : Al Jarreau

feminin
Google news Référence: 
586
9 Janvier 2018 - 7:58pm

Une vie, un portrait du jour

20 Février 1997

20 Février 1976

20 Février 1920

Une vie, un portrait du jour

20 Février 2010

Alexander Haig

Militaire et homme politique américain, né le 2 décembre 1924 à Philadelphie (Pennsylvanie), décédé à Baltimore (Maryland), à l’âge de 85 ans. Commandant des forces de l’Otan en Europe de 1974 à 1979 et Secrétaire d’Etat (ministre des Affaires étrangères) sous la présidence de Ronald Reagan en 1981-1982.

20 Février 1993

Ferruccio Lamborghini

Industriel italien, né le 28 avril 1916 à Renazzo de Cento (Emilie-Romagne), décédé à Pérouse (Ombrie), à l’âge de 76 ans. Fondateur de la marque de voiture de sport qui porte son nom.

20 Février 2010

Jean-Pierre Treiber

Garde-chasse français, né le 8 avril 1963 à Mulhouse (Haut-Rhin), décédé par suicide à la prison de Fleury-Mérogis (Essonne), à l’âge de 46 ans. La justice le suspectait d’avoir assassiné Katia Lherbier et Géraldine Giraud.

20 Février 2003

Maurice Blanchot

Ecrivain et philosophe français, né le 22 septembre 1907 à Devrouze (Saône-et-Loire), décédé à Mesnil-Saint-Denis (Yvelines), à l’âge de 95 ans. Auteur notamment de Thomas l’obscur (1950) et de L’attente l’oubli (1962).

20 Février 1194

Tancrède de Lecce

Prince normand, né vers 1138, décédé à Palerme (Sicile), à l’âge de 56 ans. Descendant de la dynastie des Hauteville, il fut roi de Sicile de 1189 à 1194.

Une vie, un portrait
des jours précédents

19 Février 1997

19 Février 2016

19 Février 2016

18 Février 2015

18 Février 1546