James Joyce

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13 Janvier 1941

Ecrivain irlandais, né le 2 février 1882 à Dublin, décédé à Zurich (Suisse), à l’âge de 58 ans. Créateur fécond et exigeant de nouvelles, de contes, de poèmes, d’essais, de pièce de théâtre, James Joyce est surtout connu du grand public pour ses romans et notamment ses chefs d’œuvre, Les gens de Dublin et Ulysse. Son langage novateur influença – souvent pour le meilleur et quelquefois pour le pire - la plupart des écrivains de la seconde moitié du XXeme siècle.

Né au sein d’une famille catholique pratiquante aisée, ainé d’une fratrie de dix enfants, James Joyce poursuivit de brillantes études chez les jésuites. Impressionnés par les talents multiples et prometteurs du jeune élève, les religieux tentèrent de l’enrôler dans leur ordre. Le jeune adolescent refusa cette proposition. Il se détourna de la foi catholique et se proclama agnostique. A seize ans, il intégra l’université de Dublin où il étudia, la littérature, la grammaire comparée, le français et l’italien. Pendant ses études, il consacra un essai à une pièce d’Henrik Ibsen. Le dramaturge norvégien le remercia en lui adressant une lettre chaleureuse. Après l’obtention de son diplôme, James Joyce annonça son départ pour Paris où il affirmait vouloir s’initier à la médecine. Doté d’un pécule réuni difficilement par sa famille, il végéta dans la capitale française. Il dépensa en beuveries et fêtes l’argent dont on l’avait pourvu. Au bout de quelques mois, les poches vides, il retourna en Irlande pour apprendre que sa mère souffrait d’un cancer. Sa mort aggrava son addiction à l’alcool, un mal dont souffrait également son père qui avait été licencié de son travail en raison de ses absences. Il gagna chichement sa vie en rédigeant des résumés de livres, en donnant des cours particuliers et en chantant dans des soirées.

 En 1904, il rencontra une femme de ménage Nora Barnacle qui devint sa compagne. Il consacrait désormais son temps à l’écriture. Il proposa à une revue littéraire un manuscrit autobiographie intitulé Portrait de l’artiste. Le journal refusa de le publier. Contrarié par ce rejet, il noya sa déconvenue dans l’alcool. Une bagarre dans un pub faillit mal tourner. Blessé, il fut recueilli par un témoin, ami de son père, qui le soigna et l’hébergea à son domicile. Il s’agissait d’Alfred H. Hunter, un juif qui avait épousé une femme infidèle. Des années plus tard son sauveur lui inspira dans Ulysse le personnage de Léopold Bloom. Le médecin venu à son chevet, un certain Oliver Gogarty avec lequel il se fâcha, devint sous sa plume Buck Mulligan. Mais, à cette époque James Joyce ne pouvait imaginer à quoi ressemblerait son avenir. Une conviction l’habitait : sa vie en Irlande prenait un tour médiocre. Il fallait partir. Un recruteur lui proposa d’aller enseigner l’Anglais à l’école Berlitz de Zurich en Suisse. Arrivé sur place avec Nora, on lui apprit qu’il n’y avait aucun poste disponible. L’agent avait été trompé. Le directeur de l’école tenta d’arranger l’affaire en l’envoyant à Trieste, alors possession de l’Autriche-Hongrie. Nouvelle déconvenue : le poste était pourvu. En revanche, une place d’enseignant était libre à Pola en Istrie. James Joyce accepta de s’y rendre. Il y travailla pendant un an, mais en mai 1905 les autorités autrichiennes expulsèrent tous les étrangers vivant dans la ville, après la découverte d’un réseau d’espionnage. Joyce retourna à Trieste où grâce à un ami Almidano Artifoni il put enseigner l’anglais. Désormais père d’un petit Giorgio puis d’une Lucia en 1907, il imposa l’usage de l’italien - appris à l’université – dans son foyer. Il fit venir de Dublin son frère Stanislaus et l’installa chez lui.

 Le professeur James Joyce noua une solide amitié avec un de ses « élèves » Ettore Schmitz, connu sous le nom de plume d’Italo Svevo, un des grands romanciers italiens, auteur de La Conscience de Zeno en 1923. Leur dialogue inspira James Joyce pour son Ulysse. L’Irlandais vécut ainsi une dizaine d’années à Trieste entre ses cours, ses discussions sur la littérature et l’écriture de son premier livre. Il se rendit plusieurs fois à Dublin pour voir sa famille et présenter sa compagne Nora et ses deux enfants. Son dernier voyage eut lieu en 1912. Plus jamais, il ne visita l’Irlande. L’exilé volontaire rendit hommage à son pays natal à sa manière en publiant en 1914 sa première grande œuvre Les Gens de Dublin, un recueil de quinze nouvelles dont la dernière La mort a été adaptée pour le cinéma en 1987 par John Huston. Quand éclata la guerre entre l’empire Autriche-Hongrie et le royaume d’Italie et bien qu’il appartint à une nation neutre dans le conflit, Joyce et sa famille se réfugièrent à Zurich pour échapper aux combats, les belligérants convoitant la possession du port de Trieste. En 1916, son premier roman Portrait de l’artiste en jeune homme parut simultanément en Irlande et aux Etats-Unis où il enchanta la critique dont de célèbres écrivains qui contribuèrent par leurs écrits à la diffusion de l’ouvrage. Désormais reconnu comme un grand écrivain, il renonça à retourner à Trieste – devenue italienne - après la Grande Guerre et s’installa à Paris.

Ulysse à Dublin

Sans le sou malgré sa célébrité, il bénéficia du soutien financier de l’écrivain américain Robert McAlmon pour terminer la rédaction du roman expérimental Ulysse auquel il travaillait depuis plusieurs années. Publié en 1922, alors qu’il venait de fêter ses quarante ans, le livre fut jugé obscène par quelques critiques en raison de ses violentes attaques contre l’Eglise catholique et les institutions de l’Etat. L’ouvrage, racontait une journée de la vie de trois dublinois. Le personnage d’Ulysse était incarné par un employé juif du nom de Leopold Bloom, celui de Pénélope par l’épouse infidèle et volage de Bloom et celui de Télémaque par un jeune poète Stephen Dedalus. L’odyssée banale des trois personnages commençait le matin du 16 juin 1904 à 8 h et se terminait dans la nuit à 3 heures. L’errance dans les rues de Dublin des deux hommes était le prétexte à une radicale remise en cause du monde moderne, de ses valeurs, de sa culture. Le roman était divisé en trois parties, chacune correspondant à un épisode de L’Odyssée d’Homère. Lors de leur pérégrination, les héros croisaient la route et le destin de dix-huit autre personnes. Joyce explora les grandes questions qui hantent l’homme : la vie, la mort, la paternité, l’amour, la religion, l’art. Le livre choqua les ligues morales aux Etats-Unis qui obtinrent l’interdiction du livre. Elle ne fut levée qu’en 1931. Grande œuvre totale, savante, parodique et révolutionnaire, Ulysse fut bientôt considéré comme un chef-d’œuvre de la littérature mondiale.

  Bien que célèbre et encensé par la critique et ses confrères, James Joyce vivait chichement. Les maigres droits d’auteur ne suffisaient pas à faire vivre sa famille. Il s’attela à la rédaction d’un nouveau livre Finnegans Wake dont la version définitive ne fut publiée qu’en 1939, après 17 ans d’un dur travail non rémunéré. Sans l’aide financière de ses amis - les américains Maria et Eugène Jolas et le financier Harriet Shaw Weaver - le livre n’aurait sans doute jamais vu le jour. Atteint d’une grave maladie des yeux difficile à soigner à l’époque, Joyce fit plusieurs séjours dans une clinique suisse. Il dépensa sans compter pour soigner sa fille Lucia atteinte de schizophrénie. Pour lui complaire, il accepta enfin d’épouser Nora Bernacle qui partageait sa vie depuis trente ans. Après l’invasion de la France par l’Allemagne nazie en 1939, Joyce s’exila à Zurich. A moitié aveugle, il fut hospitalisé en urgence à la suite de la perforation d’un ulcère le 11 janvier 1941. Il tomba bientôt dans le coma et mourut. Avec Ulysse, James Joyce a durablement influencé de grands écrivains de la littérature mondiale dont Samuel Beckett, Jorge Luis Borges, Alain Robbe-Grillet, Salman Rushdie, Raymond Queneau, Philippe Sollers, Nathalie Sarraute.

Jean-Pierre Giovenco

Demain : Daniel Balavoine

masculin
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16 Janvier 2015

Henri Beaugé-Bérubé

Résistant français, né le 6 septembre 1920 à Brest Finistère, décédé à Paris, à l'âge de 94 ans.

Né au sein d'une famille bretonne de neuf enfants, Henri Beaugé-Bérubé répondit à l'appel du général de Gaulle et le rejoignit à Londres dès le premier juillet 1940. Il s'engagea avec son frère cadet Jacques dans les Forces françaises libres. Jacques, décédé en 2006, fut gravement blessé à la bataille d'El Alamein en Libye en novembre 1942. Il perdit l'usage de ses mains et devint aveugle. Après la guerre, il devint diacre et écrivit des ouvrages sous le nom de Jacque Lebreton.

 Henri participa également aux épopées des Français libres. Sa conduite au feu lui valut d'être fait Compagnon de la Libération par le chef de la France libre. François Hollande, président de la république, a tenu à lui rendre hommage dans un communiqué publié vendredi soir : " Henri Beaugé-Bérubé était un héros de la libération de la France. Avec lui disparaît un des derniers compagnons de la libération. Cet élève des Arts et Métiers n'avait pas supporté de voir la France à terre et, à vingt ans, il fut l'un des premiers à rejoindre le Général de Gaulle dès le 1er juillet 1940. Pendant cinq années, il a combattu sur tous les fronts de la guerre pour vaincre le nazisme. Cet homme d'honneur et de devoir était aussi un homme de culture et du partage. Il a participé à la création des parcs nationaux et fut l'animateur du centre culturel de l’abbaye de Fontevraud. Je salue la mémoire de ce grand Français et je m'associe à la douleur de sa famille et de ses proches".

16 Janvier 1986

Jean Cassou

Ecrivain et résistant français, né le 9 juillet 1897 à Deusto (Espagne), décédé à Paris, à l’âge de 88 ans. Fait Compagnon de la libération par le général de Gaulle. Fondateur du Musée national d’art moderne de Paris. Grand Prix national des lettres en 1971 pour l’ensemble de son œuvre.

16 Janvier 2002

Jean Elleinstein

Historien et homme politique français, né le 6 août 1927 à Paris, décédé à Paris, à l’âge de 74 ans. Spécialiste du communisme, il publia Une histoire de l’URSS en quatre tomes (1972-1975). 

16 Janvier 2011

Joseph Poli

Journaliste français, né le 14 avril 1922 à Marseille, décédé à Noisy-le-Grand (Seine-Saint-Denis), à l’âge de 88 ans. Il présenta l’édition de la nuit du journal de TF1 de 1979 à 1988.

16 Janvier 2001

Laurent-Désiré Kabila

Homme d’Etat congolais, né le 27 novembre 1939 à Likasi (Congo-belge), mort assassiné à Kinshasa, à l’âge de 61 ans. Président de la République démocratique du Congo du 17 mai 1997 au 16 janvier 2001, date de son assassinat par un enfant-soldat membre de sa garde rapprochée.

16 Janvier 1989

Pierre Boileau

Ecrivain français, né le 28 avril 1906 à Paris, décédé à Beaulieu-sur-Mer (Alpes-Maritimes), à l’âge de 83 ans. Il écrivit en collaboration avec Thomas Narcejac une cinquantaine de romans policiers dont plusieurs furent adaptés au cinéma.

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