Jean Mermoz

Il est décédé le 

Elle est décédée le

7 Décembre 1936

Aviateur français, né le 9 décembre 1901 à Aubenton (Aisne), décédé dans l’Atlantique sud, à l’âge de 34 ans. Pionnier de l’aviation commerciale, figure légendaire de l’Aéropostale, il réalisa en mai 1930 la première liaison aérienne entre la France, Dakar et l’Amérique du sud où il créa des lignes régulières. La chute de son avion dans l’Atlantique sud causa la mort de Mermoz et des quatre membres de l’équipage. L’appareil n’a jamais été retrouvé.

Fils d’un maitre d’hôtel et d’une mère au foyer Jean Mermoz fut élevé par ses grands-parents après le divorce de ses parents. Trop jeune pour être mobilisé pendant la Grande guerre, le jeune homme devança l’appel sous les drapeaux en 1920. Il signa un engagement de quatre ans dans l’armée de l’air. Après avoir obtenu son brevet de pilote  à l’Ecole militaire d’Istres, il fut affecté d’abord à une escadrille basée à Metz avant de rejoindre la Syrie alors sous protectorat français. Il participa à plusieurs missions contre des tribus dissidentes. Décoré de la croix de guerre au titre du théâtre des opérations extérieures, il rejoignit la métropole en 1923. Déçu par la lourdeur administrative de l’armée, rétif aux règlements souvent absurdes et tatillons, il accueillit avec satisfaction l’annonce de sa  démobilisation en juin 1924. Mais contrairement à ses ambitions, aucune compagnie aérienne ne l’embaucha malgré des états de service élogieux. Pour survivre, le pilote multiplia les petits boulots : balayeur, gardien de nuit, manœuvre. On était bien loin de l’ivresse des vols aériens. Finalement, au bout de six mois, les Lignes aériennes Latécoère répondirent favorablement à une demande d’emploi. Son directeur, le pionnier de l’aviation Didier Daurat, le reçut à Toulouse siège de la société pour un essai. Jean Mermoz s’installa aux commandes d’un avion. Daurat lui demanda de réaliser un tour de piste. Croyant impressionner son examinateur, le pilote multiplia les prouesses et les figures de voltige. Quand il atterrit, Daurat laissa tomber froidement : « Je n'ai pas besoin d'artistes de cirque mais de conducteurs d'autobus. On vous dressera ! ». Il mit sa menace à exécution. Mermoz fut chargé d’abord de l’entretien des moteurs au sol. Il passa ainsi plusieurs mois comme mécanicien. A la fin de l’année, il étrenna enfin son premier Breguet XIV, un biplan qui s’était illustré sur les champs de bataille de la Grande guerre. Après transformation, il était utilisé pour transporter du courrier. Mermoz fut chargé de la liaison postale entre Toulouse et Barcelone en Espagne. Le vol au-dessus des Pyrénées était à l’époque risqué. En 1926, Mermoz rencontra sur une terrasse de café son camarade de régiment Henri Guillaumet dont il présenta la candidature à Daurat. Son ami fut embauché chez Latécoère.

Pionnier de l’aviation postale entre la France, l’Afrique et l’Amérique du sud

En 1926, Jean Mermoz fut chargé d’assurer le transport du courrier entre Casablanca au Maroc et Dakar au Sénégal. En mai, son avion fut contraint d’atterrir en urgence dans une région insoumise et désertique. Menacé de déshydratation il but l’eau du radiateur, Capturé avec son traducteur par une tribu maure il recouvra la liberté après le paiement d’une rançon. L’année suivante, son avion tomba de nouveau en panne. Mais, il réussit à réparer et s’envola à la barbe des ravisseurs qui s’approchaient. Il retrouva au Maroc ses amis Henri Guillaumet et Antoine de Saint-Exupéry, le chef de l’escale de Cap Juby. Jean Mermoz assista en spectateur admiratif à l’exploit réalisé par l’aviateur américain Charles Lindbergh, premier pilote à avoir franchi en solitaire l’océan Atlantique les 20 et 21 mai 1927, à bord du Spirit of Saint Louis. Les 10 et 11 octobre 1927, Jean Mermoz et Elisée Négrin furent les premiers aviateurs à relier sans escale la ville de Toulouse à …Saint-Louis du Sénégal. Ils réalisèrent le trajet de 4270 kilomètres en 23 heures et 30 minutes, à bord d’un Latécoère-26, baptisé Spirit of Montaudran. L’exploit fut abondamment commenté par la presse de l’époque. Il contribua à rendre Mermoz célèbre. Trois semaines plus tard, le PDG de la compagnie générale Aérospatiale qui succéda aux Lignes Latécoère le nomma chef d’escale de la société à Rio de Janeiro. Mermoz fut chargé d’ouvrir de nouvelles lignes en Amérique du sud. Il fut le premier à établir une liaison postale régulière entre le Brésil, la Patagonie (Argentine) et le Chili. Il inaugura des vols de nuit et franchit la barrière de la Cordillère des Andes où une panne l’obligea à se poser en catastrophe. Après trois jours de réparation, il parvint à faire décoller son avion en le lançant dans un précipice faute de piste d’envol. Après une nouvelle panne il se posa en vol plané à Copiapo. Sa prouesse contribua encore à grandir sa légende. Après la pérennisation  de la ligne des Andes en 1929, il transmit le relais à Henri Guillaumet et retourna en France pour superviser les essais d’un nouvel avion.

L’année suivante, à bord d’un Latécoère 28, il établit plusieurs records de vols en circuit fermé avec le radio télégraphiste Léopold Gimié et le navigateur Jean Dabry. Il s’agissait de préparer la première liaison aérienne entre la France, le Sénégal et l’Amérique du sud. Les 12 et 13 mai 1930, un hydravion Latécoère 28-3 commandé par Mermoz décolla de Saint-Louis au Sénégal et relia d’un trait l’Etat brésilien de Natal. La traversée de l’Atlantique sud fut réalisée au terme d’un vol de 21 heures et 10 minutes. Au retour, l’hydravion s’abima en mer. L’équipage fut secouru par l’aviso français le Phocée. Trois ans plus tard, Mermoz renouvela son exploit en 1933. A bord d’un Couzinet 70, il relia l’aéroport du Bourget à Rio de Janeiro, au Brésil via Casablanca, Saint-Louis et Natal. Le 16 janvier, il relia la ville sénégalaise à Natal, soit 3 173 kilomètres en 14 heures et 32 minutes. A son retour au Bourget, le pilote fut accueilli par une foule de 15 000 personnes enthousiastes et par des journalistes élogieux. Il y gagna le surnom de « chevalier volant ». La performance avait été réalisée sous les couleurs de la société Air France qui avait été créée par l’Etat après la mise en liquidation judiciaire de la Compagnie générale aérospatiale. Mermoz désapprouva la décision mais s’inclina. Les années suivantes, le pilote multiplia les traversées (24 en six ans) à bord de tous types d’appareils : les hydravions  Latécoère 28 et 300 et 301, Blériot 5190, les avions terrestres Couzinet 70 et Farman F-220.

Disparition dans l’Atlantique sud

Lors d’un nouveau vol, le 7 décembre 1936, l’hydravion quadrimoteur Latécoère 300 baptisé Croix du sud et portant les couleurs d’Air France disparut au-dessus de l’Atlantique sud. L’avion avait décollé de l’aéroport  d’Ouakam près de Dakar. Jean Mermoz pilotait. L’équipage était composé d’Alexandre Pichodou (second pilote), de Jean Lavidalie (mécanicien navigant), Henry Ezan (navigateur), Edgar Cruveilher (radiotélégraphiste). L’avion avait rebroussé chemin en raison d’une panne du réducteur mécanique qui permettait de modifier le rapport de vitesse du moteur arrière droit. Après réparation, il décolla à 7 heures. Le début du vol se déroula sans incident. Le radio de l’hydrobase sénégalaise reçut à intervalle régulier les messages réglementaires TVB qui signifiaient « tout va bien ». A 10 h 47, en revanche, l’équipage de La Croix du sud annonça : « Coupons moteur arrière droit ». Ce fut la dernière dépêche transmise depuis l’hydravion. Malgré de nombreuses recherches sur le lieu supposé du crash, l’appareil et l’équipage ne furent jamais découverts. Selon les enquêteurs, la rupture du réducteur du moteur arrière droit aurait provoqué la sortie de l’hélice de son axe. Elle aurait touché le fuselage et détruit les commandes de vol, rendant l’avion impossible à piloter. Il se serait écrasé dans l’océan. La nouvelle de la disparition de Jean Mermoz deux jours avant son trente-cinquième anniversaire provoqua une intense émotion en France. Bien qu’il fût un militant actif de la ligue d’extrême-droite des Croix de feu du colonel François de la Roque, le gouvernement de Front populaire organisa une cérémonie officielle à l’Hôtel national des Invalides pour honorer sa mémoire et celle de son équipage.

J.-P.G.

Demain : John Glenn

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