Jean Racine

Il est décédé le 

Elle est décédée le

21 Avril 1699

Dramaturge français, né le 22 décembre 1639 à la Ferté-Milon (dans l’actuelle Aisne), décédé à Paris, à l’âge de 59 ans. Auteur d’une douzaine de pièces de théâtre en vers dont Andromaque (1667), Britannicus (1669), Bérénice (1670), Phèdre (1677), il porta à son apogée la tragédie classique française. Contemporain et rival de Corneille, il fut élu à l’Académie française et devint l’historiographe officiel de Louis XIV.

Encore aujourd’hui les historiens divergent sur le rang social de la famille de Jean Racine. Beaucoup doutent d’une origine noble. Sans doute, les Racine appartenaient-ils à la bourgeoisie de province et servaient la monarchie au sein de l’administration fiscale chargée de recouvrir la gabelle. Jean se retrouva orphelin de sa mère à l’âge de deux ans et de son père à quatre ans. Elevé par son grand-père paternel, Jean Racine fut placé à l’âge de 9 ans à l’abbaye de Port Royal des champs, sous l’influence sans doute de sa grand-tante maternelle qui était intendante au monastère de Port Royal de Paris. Auprès des « Solitaires » qui ambitionnaient de réformer l’église catholique et de modérer l’absolutisme royal, le jeune élève reçut une solide éducation religieuse et littéraire. Attiré d’abord par une carrière ecclésiastique, il y renonça pour se consacrer à la littérature. Il compléta à Paris sa formation au collège d’Harcourt d’où étaient issus plusieurs professeurs de Port-Royal. A la fin de ses études en 1659, Jean Racine trouva un emploi de commis auprès du duc de Luynes. Son travail lui laissait beaucoup de temps libre. Il fréquenta les milieux littéraires de la capitale, écrivit à la manière des éloges antiques l’ode La nymphe de la Seine à la reine, entama la rédaction d’une tragédie consacrée à Ovide jamais achevée, mena une vie mondaine.

Un jeune homme ambitieux et talentueux

Sans soutien financier, sans argent, Jean Racine se couvrit de dettes. En 1661, il chercha à obtenir un bénéfice ecclésiastique avec l’aide de son oncle, le prêtre Antoine Sconin, propriétaire de deux bénéfices. Une charge dépendant de la cathédrale se libérait à Uzès. Il s’y rendit mais en échange on lui demanda de devenir prêtre. Racine reprit des études de théologie puis y renonça. Sa vocation d’écrivain primait. Au bout de deux ans d’une vie de solitude, il abandonna son projet. Plus tard, il relativisa son échec. En effet, pendant son séjour languedocien chez son oncle, il avait lutté contre l’ennui et le désœuvrement en lisant et annotant les grands classiques de la littérature gréco-latine. De retour à Paris, le jeune ambitieux chercha à obtenir une gratification royale. Quand Louis XIV contracta la rougeole en 1663, provoquant l’inquiétude de la cour et de la population, il lui dédia avec opportunisme une Ode sur la convalescence du roi. Le poème de cent vers fut remarqué par le poète et critique littéraire Jean Champelain. Jean Racine arriva à ses fins. On lui octroya une pension annuelle de 600 livres. Il remercia la générosité royale en publiant un long poème, La renommée aux Muses. L’éloge plût au duc de Saint-Aignan, un proche de Louis XIV. Il prit sous sa coupe Racine dont il devint le protecteur et l’invita même à assister en décembre 1663 au lever du roi. Racine y rencontra pour la première fois Molière.

 Désormais à l’abri du besoin, il s’attela à l’écriture de sa première tragédie. Thébaïde fut créée en juin 1664 au théâtre du Palais-Royal par la troupe de Molière. Ce dernier avait dû au dernier moment retirer de l’affiche sa pièce Tartuffe, victime de la censure royale. Il la remplaça par la tragédie de Racine. La pièce évoquait la lutte à mort d’Etéocle et de Polynice, les deux fils d’Œdipe. La violence des scènes dérouta les spectateurs. L’accueil du roi et de la cour à Fontainebleau fut poli mais réservé. Jean Racine pouvait néanmoins s’enorgueillir d’être entré par la grande porte dans la cour des auteurs reconnus.

L’un des maitres de la tragédie classique française

L’année suivante, son Alexandre le Grand joué par la troupe de Molière remporta un vif succès public. L’année suivante, le dramaturge rompit violemment avec le mouvement janséniste et ses anciens maitres de Port-Royal, accusés d’hérésie par les autorités ecclésiastiques et le pouvoir royal. Dans le combat inégal qui opposait les réformateurs et les absolutistes, il choisit les seconds. Devenu un homme de cour, il créa en 1667 Andromaque dans les appartements de la reine. Présentée ensuite au public à l’Hôtel de Bourgogne, la pièce remporta un immense succès. Lié au pouvoir monarchique, l’auteur sut préserver sa force créatrice. Il révolutionna la tragédie en montrant des personnages confrontés d’abord à eux-mêmes et non pas soumis à des forces extérieures incontrôlables. Les héros dépendaient d’abord de leurs passions contradictoires et des divisions provoquées par un conflit intérieur. Il exprima en alexandrins le tragique des situations en recourant à de longues tirades, alternant avec des phrases interrompues, des échanges brefs, des répliques cinglantes ou des aveux tristes. Ses pièces suivantes confirmèrent la place prépondérante qu’il occupait désormais dans le théâtre classique. Après une unique incursion dans la comédie en 1668 avec Les Plaideurs, il s’aventura en 1669 sur les terrains défrichés par Pierre Corneille en s’inspirant de l’histoire romaine pour écrire son Britannicus. La pièce l’éleva au rang de son illustre et respecté ainé. Corneille prit ombrage de la notoriété de son jeune confrère et rival, En 1671, les deux écrivains proposèrent au public une pièce sur le même thème : la Bérénice de Racine fut jouée le 21 novembre à l’hôtel de Bourgogne et celle de Corneille, rebaptisée ultérieurement Tite et Bérénice, une semaine plus tard au Palais Royal. Racine sortit vainqueur de la confrontation.

Au service de Louis XIV

En 1673, Racine créa Bajazet et fut élu à l’Académie française. Les années suivantes, il créa à l’Hôtel de Bourgogne Mithridate (1672), Iphigénie (1674) et son chef-d’œuvre Phèdre (1677). A l’âge de 38 ans, il interrompit sa carrière au théâtre. Il publia ses dernières pièces un quart de siècle plus tard : Esther en 1689 et Athalie en 1691. Après le succès de Phèdre, il entra au service du roi Louis XIV en qualité d’historien officiel. Pour se conformer aux règles – hypocrites – de la cour, il rompit avec sa maitresse et épousa en premières noces Catherine de Romanet qui lui donna sept enfants. Pendant quinze longues années, Jean Racine se consacra « à écrire l’histoire du roi ». Son zèle lui valut de recevoir la charge lucrative de Gentilhomme ordinaire de la Maison du roi en 1691. Dans la fin de sa vie, après une longue brouille, il se rapprocha des jansénistes de Port-Royal qui étaient encore persécutés. Il écrivit secrètement Un Abrégé de l’histoire de Port-Royal publié en 1767. En revanche, son livre Vie de Louis XIV a été perdu. Jean Racine s’éteignit à l’âge de 59 ans, des suites d’une maladie du foie sans doute. Il demanda à être inhumé à Port-Royal, aux côtés de son ancien maitre Jean Hamon. Après la destruction de l’abbaye en 1710 sur ordre de Louis XIV, ses restes furent transférés à l’Eglise Saint-Etienne-du-Mont de Paris.

J.-P.G.

Demain : Malesherbes

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