Jean Vilar

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Elle est décédée le

28 Mai 1971

Metteur en scène de théâtre et comédien français, né le 25 mai 1912 à Sète (Hérault), décédé dans la même ville, à l’âge de 59 ans. Figure dominante du théâtre français après la seconde guerre mondiale, il revisita les grands auteurs classiques et créa de nombreuses pièces contemporaines. Il fonda en 1947 le Festival d’Avignon qu’il dirigea jusqu’à sa mort. Il fut également le directeur du Théâtre National Populaire de 1951 à 1963.

Fils d’un couple qui tenait une boutique de mercerie-bonnèterie à Sète, Jean- Louis-Côme Vilar reçut une éducation soignée. Son père lui demanda de suivre des cours de violon et lui fit découvrir les grands classiques de la littérature et du théâtre français et européen. A l’âge de 20 ans, il « monta » à Paris où il suivit des cours de lettres à la Sorbonne. La petite graine que son père avait plantée dans son esprit germa. Jean Vilar décida de se consacrer au théâtre après avoir assisté à une représentation de Richard III de Shakespeare sur une mise en scène de Charles Dullin dont il devint l’élève. Après de petits rôles, il figura à l’affiche de Jules César de Shakespeare monté par son maitre.

 Pendant la seconde guerre mondiale, il intégra une troupe de comédiens itinérants et se produisit dans de nombreuses villes français devant un public populaire peu habitué à assister à des représentations de pièces de théâtre du répertoire classique. Jean Vilar fonda sa propre compagnie baptisée Les Sept en 1943. Non seulement il interpréta les rôles mais il s’essaya avec succès à la mise en scène. Toute sa vie, il alterna son métier de comédien au théâtre et au cinéma et celui de directeur d’acteurs. En 1946, il se fit connaitre de la critique et du public en mettant en scène et en jouant dans Meurtre dans la cathédrale du dramaturge contemporain T.S.Eliot. Représentée à 150 reprises, la pièce fut un des succès de l’année.

Le père fondateur du Festival d’Avignon

En 1947, à la demande du poète René Char et du critique d’art Christian Zervos qui organisaient en Avignon une « semaine d’art moderne », Jean Vilar créa parallèlement une « semaine d’art dramatique ». Trois sites furent réquisitionnés : la Cour d’Honneur du palais des papes, le théâtre municipal, le verger Urbain V. Sept pièces y furent présentées dont trois créations dont La Tragédie du roi Richard III de Shakespeare et La Terrasse de Midi de Maurice Clavel, deux pièces qu’il mit en scène. Quatre mille spectateurs se pressèrent sur les gradins. Réconforté par ce succès et avec l’aide de la municipalité, Jean Vilar revint en 1948 puis les années suivantes, jusqu’à sa mort. Le Festival d’Avignon – c’est le nom qu’on lui donna dès sa seconde édition – s’étoffa au fil des ans et devint le grand rendez-vous mondial du théâtre, comme le Festival de Cannes était celui du cinéma. En 1964, il invita les artistes, les écrivains les hommes politiques à participer aux Rencontres d’Avignon avec l’objectif de transformer le Festival d’Avignon en laboratoire des politiques culturelles publiques. Homme de gauche qui ne cachait pas ses idées, Jean Vilar croyait à la fonction éducative de la culturel. Il agissait pour faire sortir le théâtre classique ou contemporain des beaux quartiers pour conquérir un public nouveau dans les banlieux. Chaque année et jusqu’en 1971, Jean Vilar présenta une ou plusieurs pièces. Il mit en scène les plus grands auteurs : Shakespeare, Georg Büchner, Pierre Corneille, Henri de Montherlant, André Gide, Bertolt Brecht, Molière, Carlo Goldoni, Heinrich von Kleist, Victor Hugo, Luigi Pirandello, Beaumarchais, Paul Claudel, Sophocle, Aristophane, Jean Giraudoux.

La révolution du Théâtre national populaire

En 1951, Jean Vilar fut nommé directeur du Théâtre national populaire (TNP) installé à partir de 1952 dans le palais de Chaillot. Sous sa direction, Chaillot devint un des haut-lieux de la création théâtrale en France et en Europe. En douze ans, près de 5,2 millions de spectateurs assistèrent aux représentations, soit une moyenne inégalée de 2340 spectateurs par représentation. Il remplit parfaitement la mission qu’il s’était assignée : développer une politique artistique de qualité accessible au plus grand public, « élitaire pour tous », selon sa formule. Directeur novateur, il demanda au jeune compositeur Maurice Jarre d’écrire la partition de 36 pièces dont la célèbre fanfare de Lorenzaccio. Le modèle inventé par le TNP fut copié par de nombreux théâtres en province. En 1963, il ne demanda pas le renouvellement de son mandat à Chaillot et se consacra au Festival d’Avignon qui trouva son allure de croisière. Il s’ouvrit à d’autres disciplines dont la danse avec Maurice Béjart et le cinéma avec Jean-Luc Godard qui présenta en 1967 en avant-première La Chinoise.

 En mai et juin 1968, Jean Vilar soutint la révolte des étudiants et des ouvriers. Il ne comprit pas les agressions verbales dont il fut l’objet à Avignon en juillet. Des « enragés de l’Odéon » et les comédiens du Living Theatre de Julian Beck « descendus » en Avignon tentèrent d’interrompre le Festival et insultèrent son directeur en vociférant « Vilar, Béjart, Salazar ! ». Jean Vilar ne céda pas. Profondément affecté par ces attaques qu’il jugeait injustifiées, il s’effondra le mois suivant victime d’un infarctus. Les deux années suivantes, il fut fidèle à son poste dans la cité des papes. Mais, pas lors de l’édition de 1971. Sa mort prématurée à 59 ans, survenu cinq semaines avant le début du Festival, laissa un grand vide dans le monde du théâtre.

Demain : Denis Hopper

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