Joachim Murat

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Elle est décédée le

13 Octobre 1815

Maréchal d’Empire, né le 25 mars 1767 à Labastide-Fortunière (Lot), fusillé à Pizzo (Royaume de Naples). Fils d’un aubergiste, il adhéra avec enthousiasme à la Révolution. Il lia son destin à celui du général Bonaparte dont il devint l’aide de camp, un des maréchaux d’Empire et son beau-frère après avoir épousé Caroline Bonaparte. Fait roi de Naples, il trahit Napoléon en 1813, le rallia pendant les des Cent-Jours. Battu par les Autrichiens en 1815, déchu de sa couronne, fait prisonnier quand il essaya de reconquérir son trône, il fut exécuté après un simulacre de procès.

Fils d’un couple d’aubergiste du Quercy, Joachim Murat n’aurait jamais connu le destin exceptionnel qui fut le sien sans la Révolution. Après des études brillantes, le jeune homme s’enrôla en 1787 dans une unité de cavalerie, pour échapper à l’état ecclésiastique auquel son père le destinait. Mais, son indiscipline lui valut d’être renvoyé de l’armée deux ans plus tard. De retour dans son pays natal, il ouvrit une épicerie fine à Saint-Céré. Il s’y trouvait quand éclata la Révolution. Il adhéra avec enthousiasme aux idées nouvelles qui soulevèrent la France en 1789. Membre actif des clubs révolutionnaires qui naquirent alors, il eut l’honneur de représenter son département à la Fête de la Fédération organisée le 14 juillet 1790 à Paris. L’année suivante, il réintégra l’armée dans la garde constitutionnelle du roi. Partisan des idées de Jean-Paul Marat, il en démissionna au bout de quelques jours, estimant non sans raison, qu’elle était un repaire de royalistes. La Garde fut dissoute par l’Assemblée nationale quelques mois plus tard. Les jours de la monarchie étaient comptés. Le 10 août 1792, la prise du château des Tuileries et la « suspension » de Louis XVI confirmèrent sa fin. Muté au 21e régiment des chasseurs, nommé chef d’escadron à l’été 1793, Murat participa aux guerres de la révolution. Sa route croisa celle d’un jeune corse ambitieux Napoléon Bonaparte. Les deux hommes appartenaient alors à l’aile gauche de la révolution. A la chute de Robespierre et des Jacobins en juillet 1794, ils furent inquiétés par les nouveaux maîtres du pays. Mais, l’année suivante la menace royaliste leur permit de sortir de l’ostracisme qui les frappait. Le 5 octobre 1795 (13 vendémiaire an IV), on demanda à Napoléon Bonaparte de réprimer l’insurrection des anciens partisans de l’Ancien régime. Joachim Murat participa à l’écrasement de la révolte.

 Nommé chef de l’armée d’Italie par le Directoire qui gouvernait alors la France, Bonaparte nomma Murat aide de camp. Fidèle à son chef, Murat participa à toutes les grandes batailles de la 1ercampagne d’Italie. Cavalier intrépide, il se distingua notamment à Bassano, à Mondovi, à Tagliamento. Nommé général de brigade en 1796, il suivit Bonaparte en Egypte où il se fit remarquer par sa bravoure lors de la prise d’Alexandrie et de la bataille des Pyramides. Sa conduite héroïque lui valut d’accrocher la barrette de général de division sur sa vareuse. De retour en France en 1799, il participa au Coup d’Etat du 18 Brumaire (9 novembre 1799) qui abolit le Directoire et donna le pouvoir exécutif à trois consuls dont Bonaparte. Ce dernier le nomma commandant de la garde consulaire. En janvier 1800, Murat épousa Caroline, l’ambitieuse sœur de Napoléon. Aux côtés de son chef et beau-frère, il participa à la plupart des grandes batailles de la campagne d’Italie. Il se distingua à Marengo en juin 1800 et chassa les Napolitains de Rome en 1801 où il sut faire preuve de diplomatie. De retour en France en 1803, Bonaparte le nomma gouverneur militaire de Paris, un poste stratégique. Il réprima le complot ourdi par Cadoudal et Pichegru mais désapprouva l’exécution du duc d’Enghien. Il soutint le sénatus-consulte du 18 mai 1804 qui confiait « le gouvernement de la république à un empereur », en l’occurrence Bonaparte, couronné le 2 décembre suivant sous le nom de Napoléon 1er.

Roi de Naples et des Deux-Siciles sous le nom de Joachim 1er

Elevé à la dignité de Grand amiral de l’Empire, Murat porta également le titre de prince français. Nommé chef de la cavalerie de la Grande Armée, Murat participa aux guerres napoléoniennes. Il se distingua contre les Autrichiens et les Russes à Austerlitz (1805) où il commandait l’aile gauche de l’armée française. Nommé en décembre 1805 grand-duc de Berge et de Clèves il s’installa à Düsseldorf pour administrer son Etat. Il abandonna bien vite la paperasse administrative pour combattre sur les champs de bataille. Vainqueur à Iéna (1806) où il captura l’armée prussienne et à Eylau (1807) où il enfonça l’infanterie russe à la tête de ses cavaliers, il fut envoyé en Espagne pour occuper le pays et mater la révolte des madrilènes à la suite de l’abdication forcée du roi Charles IV au profit de Napoléon. Murat espérait bien monter sur le trône espagnol. Napoléon 1er préféra offrir la couronne à son frère Joseph. En guise de consolation, l’empereur des français proposa à son beau-frère de devenir roi de Naples et des Deux-Siciles. Murat abandonna le grand-duché de Berg et devint roi de Naples le 1er août 1808 sous le nom de Joachim 1er. Le fils d’un aubergiste, le républicain sincère, le jacobin intransigeant, le soldat vainqueur des monarques restaurait à sa manière l’idée monarchique.

La fidélité et les liens familiaux face à la raison d’Etat

 Murat eut la tentation de s’émanciper de Napoléon. Il prêta une oreille aux avances intéressées des ennemis de la France. Dans un premier temps, il resta fidèle à Napoléon 1er. Il répondit à son appel en 1812 et participa à la tête de la cavalerie à la campagne de Russie. Il participa à la victoire de la Moskova le 7 septembre 1812. Malgré la prise de Moscou, Napoléon 1er décida la retraite de la Grande Armée, affaiblie par la politique de la « terre brûlée » des et pas préparée aux conséquences du terrible hiver. Désireux de rejoindre au plus vite Paris où des complots se tramaient, Il en confia le commandement à Murat. La retraite tourna au désastre avec la mort de 400 000 hommes. Napoléon 1er avait perdu une bataille mais pas la guerre. Les hostilités se poursuivirent en 1813. Une dernière bataille décida du vainqueur. Du 16 au 19 octobre, l’Empire français et ses alliés napolitains, italiens et polonais affrontèrent les pays de la Sixième coalition (Russie, Autriche, Prusse, Suède, Saxe) dans la région de Leipzig. Le roi de Naples commanda la cavalerie. Malgré ses prouesses, la Grande Armée fut vaincue. Jugeant que l’Empire français ne pourrait se relever de cet échec militaire, Murat rejoignit Naples avec l’intention de négocier avec les vainqueurs. Il signa un traité avec l’Autriche en janvier 1814 et sauva ainsi son trône Napoléon l’accusa d’avoir trahi. Il ne put empêcher les semaines suivantes l’invasion de la France et fut contraint d’abdiquer le 6 avril 1814. Le congrès de Vienne entérina le nouveau découpage territorial et confirma Murat roi de Naples.

 L’ancien maréchal d’empire renoua des contacts avec Napoléon, exilé sur l’île d’Elbe. Quand l’empereur déchu décida de reprendre le pouvoir en 1815 et de se lancer dans la folle équipe des Cents-Jours, Murat hésita longuement. Finalement, il accepta de soutenir son beau-frère, avec l’espoir d’unifier l’Italie et d’en devenir le roi. Il tenta de soulever les patriotes des différents états italiens. Le 2 mai 1815, l’armée qu’il avait hâtivement réunie fut battue à Tolentino par les Autrichiens. Chassé d’Italie, il se réfugia en France. Le 18 juin, Napoléon 1er fut également vaincu à Waterloo. Malgré ce double échec, Murat monta à la hâte une expédition pour reconquérir son royaume. Le 8 octobre, il débarqua dans le port de Pizzo en Calabre. Capturé, il fut fusillé cinq jours plus tard au terme d’une parodie de procès auquel il refusa de comparaitre. Il mourut courageusement et demanda aux soldats de viser au cœur.

J.-P.G.

Demain : Pierre Etaix

masculin
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