John F. Kennedy

Il est décédé le 

Elle est décédée le

22 Novembre 1963

Homme d’Etat américain, né le 29 mai 1917 à Brookline (Massachusetts), mort assassiné à Dallas (Texas), à l’âge de 46 ans. Elu avec une faible avance, le nouveau président des Etats-Unis incarna le changement. Il se heurta néanmoins aux conservatismes dans son pays et aux réalités de la guerre froide avec l’URSS. Il mourut assassiné par un tueur aux motivations troubles.

 La popularité de John Fitzgerald Kennedy, surnommé JFK, président (démocrate) des Etats-Unis, du 20 janvier 1961 au 22 novembre 1963, a transcendé les générations. Les jeunes d’aujourd’hui peinent à mettre un visage sur le nom du président Henry S. Truman (avril 1945- janvier 1953), l’homme des bombes atomiques sur Hiroshima et Nagasaki ou sur celui de Dwight Eisenhower (janvier 1953-Janvier 1961), le général du débarquement en Normandie. Tout le monde connaît en revanche celui de Kennedy, le contemporain de ses deux prédécesseurs. Pourtant, à y regarder de plus près, son bilan politique au regard de l’histoire est nettement en dessous des deux présidents de l’immédiat après guerre.

 Quelques succès ne parviennent pas à cacher de graves échecs. Serait-il aussi célèbre, si sa vie n’avait pas été brisée de manière brutale par un tueur nommé Lee Harvey Oswald, un jour de novembre 1963, à Dallas. Un destin à la Abraham Lincoln. Mais à la différence de son illustre aîné qui avait gagné une guerre et aboli l’esclavage, Kennedy ne parvint pas à mettre fin à la ségrégation raciale en vigueur dans de nombreux Etats du sud. Plus jeune président des Etats-Unis à mourir assassiné, il avait été aussi le plus jeune président élu, à l’âge de 43 ans. A ce jour, il reste le seul président de confession catholique dans un pays majoritairement peuplé de protestants.

Une étrange famille

JFK naquit dans une famille d’origine irlandaise dont le père avait fait fortune dans les années trente dans la banque, la construction de bateaux, le cinéma et en spéculant à la bourse. Sa mère, Rose née Fitzgerald, était la fille d’un maire de Boston. Second d’une famille qui comptait neuf enfants, il vécut dans une banlieue huppée de Boston, fréquenta les meilleurs écoles privées de la région et étudia l’économie, la politique et l’histoire à Harvard en 1936. En 1938, il rejoignit son père Joseph à Londres où il avait été nommé ambassadeur par Franklin D. Roosevelt. Le président américain le remerciait pour l’avoir soutenu à mettre en œuvre sa politique du « new deal ». Dans la capitale britannique, Kennedy père soutint la politique d’apaisement à l’égard d’Hitler défendue par le premier ministre britannique Neville Chamberlain. Son action consista à éviter un conflit entre les Etats-Unis et l’Allemagne nazie. En 1940, discrédité, suspecté de connivence avec des groupes de pression pronazis, il démissionna quand le président américain décida de soutenir le Royaume-Uni, après la bataille de France. Il renonça à ses ambitions politiques et décida de promouvoir son fils aîné, Joseph Patrick junior.

 Après sa mort en août 1944, au cours d’une mission aérienne en Europe, il reporta ses espoirs sur son fils cadet. John, commandant une vedette lance-torpilles avec le titre de lieutenant, combattait les japonais dans le Pacifique. Le 2 août 1943, son navire fut éperonné de nuit et coulé par un destroyer japonais au large des îles Salomon. Tombé dans l’océan, nageant pendant plusieurs miles, il parvint à réunir son équipage dispersé et à le ramener sain et sauf sur un îlot, où les sauveteurs les récupérèrent. Cette action lui valut de recevoir la médaille de la marine avec citation. Quelques mois plus tard, il reçut la Purple Heart, une décoration attribuée aux soldats morts ou blessés au combat. Le héros fut démobilisé au début de l’année 1945, en raison notamment de terribles douleurs dorsales provoquées par une malformation congénitale de la colonne vertébrale, aggravée par la guerre. Son handicap peu connu du grand public l’obligea toute sa vie à porter un corset et à avaler quotidiennement des antalgiques, de la cortisone et des amphétamines.

 De retour au pays, un documentaire de propagande, diffusé dans les cinémas pour soutenir l’effort de guerre, le rendit célèbre. Il profita de cette notoriété pour se faire élire député à la Chambre des représentants, sous la bannière du parti démocrate alors au pouvoir. En 1952, il battit son concurrent républicain au siège de sénateur du Massachusetts. En septembre 1953, il épousa Jacqueline Bouvier. Quatre enfants naquirent de cette union. Seuls deux d’entre eux survécurent. Le futur président était connu pour ses conquêtes féminines. Il multiplia sa vie durant les liaisons extraconjugales. Président, il noua une relation intime avec Marilyn Monroe jusqu’à la mort tragique de l’actrice en août 1962.

A la gauche du parti démocrate

En 1954, proche de la gauche du parti, il se fit porter pâle le jour du vote d’une motion de censure contre le sénateur Joseph McCarthy, accusé d’avoir violé la Constitution dans sa « chasse aux sorcières » communistes. L’homme était un ami de la famille. La veuve de Roosevelt lui reprochera longtemps sa conduite peu courageuse. La carrière politique de Kennedy ne fut pas ralentie par ce faux-pas. En 1959, il brigua l’investiture démocrate pour représenter le parti démocrate à l’élection présidentielle prévue pour le mois de novembre 1960. Il battit les sénateur Hubert Humphrey, Lyndon B. Johnson et Adlai Stevenson. Rares étaient les observateurs qui auraient misé un dollar sur les chances de ce jeune politicien, âgé à peine de 43 ans. Son adversaire n’était autre que le républicain Richard Nixon, un politicien chevronné et retors qui avait occupé le poste de vice-président des Etats-Unis, sous les deux mandatures d’Eisenhower.

 Donné favori, Nixon accepta de débattre face à Kennedy sous les caméras de télévision, une première dans l’histoire des Etats-Unis et du monde. De l’avis général, le jeune Kennedy, mieux préparé, maîtrisant parfaitement le nouveau média, remporta la confrontation télévisuelle. Nixon, mal rasé, gauche et suant à grosses gouttes sembla décontenancé par la décontraction de son challenger. Un mois plus tard, à la surprise générale, Kennedy remporta, l’élection présidentielle avec une avance de 120 000 voix. Les électeurs, avides de « nouvelles frontières », favorable à la détente avec l’URSS, au désarmement nucléaire, choisirent la jeunesse et terrassèrent l’homme qui incarnait les valeurs traditionnelles de l’Amérique, la loi, l’ordre et la force.

Un souffle nouveau sur le pays

Le discours d’investiture de Kennedy, prononcé le 20 janvier 1961 resta dans les mémoires. Il déclara : « Ne vous demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous, mais demandez-vous ce que vous pouvez faire pour votre pays. » Les semaines suivantes, trahison de ses idéaux pacifiques ou retour au réel, Kennedy infléchit sa politique étrangère. En mars, il lança le plus ambitieux programme d’armement conçu en temps de paix, doublant le nombre de missiles balistiques intercontinentaux et augmentant le nombre de bombardiers stratégiques B-52. En avril, il donna son feu vert à un plan d’invasion de Cuba, imaginé par son prédécesseur. Une force armée composée de 1 500 cubains exilés devait débarquer dans l’île et soulever la population contre le régime pro communiste de Fidel Castro. Soutenus par la CIA, les anticastristes débarquèrent dans la « baie des cochons » où ils furent taillés en pièce par les soldats et miliciens du régime qui les attendaient. En mai, pour contrer l’avance des soviétiques dans la conquête spatiale, il promit que les Etats-Unis enverraient un homme sur la Lune et le ramènerait sain et sauf sur terre avant la fin de la décennie. Promesse tenue en 1969 sous la présidence de… Richard Nixon, son ancien concurrent de 1960..

Retour aux réalités internationales

Si la lutte sous toutes ses formes contre le communisme marqua sa présidence, il réagit aux initiatives soviétiques de manière désordonnée. En août 1961, il n’empêcha pas l’érection du mur de Berlin par les autorités communistes est-allemandes. La construction entre le secteur Ouest occidental et la zone Est sous contrôle soviétique était pourtant contraire aux accords internationaux. En mai 1963, en visite dans l’ancienne capitale allemande, il se tailla un franc succès populaire en déclarant, face au mur : « Je suis un berlinois ». Paroles, paroles. Une déclaration qui faisait ressortir son inaction des années précédentes.

 En revanche, il impliqua directement les Etats-Unis dans le conflit qui opposait le Sud-Vietnam, allié des occidentaux au Nord-Vietnam communiste, soutenu par la Chine et l’URSS. Il renforça le nombre de « conseillers militaires » qui encadraient l’armée sud-vietnamienne. Leur nombre passa de 1000 en 1961 à 15 000 en 1963. Il envoya deux escadrilles de B-26 et deux compagnies d’hélicoptères de combat. Les soldats américains participèrent directement aux affrontements et devinrent, de facto, des belligérants. La guerre s’amplifia les années suivantes jusqu’en 1974, date du retrait américain après la signature des « accords de Paris » par… Richard Nixon.

 En octobre 1962, la « crise des missiles » qu’il résolut avec intelligence le rendit célèbre dans le monde entier. Le 14 octobre, un avion-espion U2, photographiait des sites de missiles soviétiques en construction à Cuba, à deux cents kilomètres de la Floride. La plupart des grandes villes américaines étaient sous la menace des fusées nucléaires russes. Kennedy choisit de ne pas détruire les installations pour ne pas provoquer un conflit mondial. Il décida un blocus de l’île et ouvrit dans le même temps des négociations avec Nikita Khrouchtchev, le maître de l’URSS. Intimidé par la détermination du président américain, les Soviétiques renoncèrent à forcer le blocus. Après plusieurs semaines de discussions, ils démantelèrent leurs installations. En contrepartie, Kennedy retira les missiles américains basés en Turquie. Il se garda bien de révéler à son opinion publique cette concession restée secrète. La guerre nucléaire avait été évitée de justesse. Soviétiques et américains s’accordèrent pour interdire les essais nucléaires dans l’atmosphère et mirent en place un « téléphone rouge », en réalité un télescripteur, entre le Kremlin et la Maison blanche.

JFK annonça qu’il briguerait un second mandat en 1964. En novembre 1963, il entama une visite électorale à Dallas. Sa limousine décapotable traversait la ville à faible vitesse. A 12 h 30, un tireur embusqué dans un immeuble tira à plusieurs reprises sur le président. Atteint au cou et à la tête, le président fut transporté à l’hôpital où les médecins constatèrent son décès à 13 heures.

Jean-Pierre Giovenco

Illustration : Marc Daniau

Demain : André Malraux

masculin
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15 Octobre 2016 - 3:38pm

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Ecrivain et journaliste français, né le 26 mai 1822 à Nancy (Meurthe-et-Moselle), décédé à Champrosay (Essonne), à l’âge de 74 ans. Auteur de Renée Mauperin (1864) et du Journal des Goncourt (1854-1891), il proposa en 1892 la création de l’Académie Goncourt qui avait vocation à décerner chaque année un prix littéraire. Le cénacle littéraire vit le jour en 1900. Le premier lauréat fut en 1903 John-Antoine Nau pour Force ennemie

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Chansonnier français, né le 19 août 1780 à Paris, décédé dans la même ville, à l’âge de 76 ans. Populaire à son époque, il composa plusieurs centaines de chansons dont Le vieux drapeau, Les souvenirs du peuple, Le juge de Charenton, Les ventrus.

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