John Huston

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Elle est décédée le

28 Août 1987

Cinéaste américain, né le 5 août 1905 à Nevada (Missouri), décédé à Middeltown (Rhodes-Island), à l’âge de 81 ans. Auteur d’une quarantaine de films dont plusieurs sont devenus des classiques du cinéma américain (Le faucon maltais, Key Largo, L’Odyssée de l’African Queen), il vécut chacun de ses tournages comme une aventure en soi.

 Etrange destinée que celle de John Huston. Il naquit au sein d’une famille intellectuelle. Son père Walter était un acteur d’origine irlandaise ; sa mère Reha Gore écrivait des romans. Le couple divorça quand il avait sept ans. Il vécut une enfance ballotée, passant d’un parent à l’autre jusqu’à son adolescence. Il abandonna ses études à l’âge de 18 ans pour devenir boxeur professionnel. En 1926, il s’engagea dans la cavalerie mexicaine – son second pays de cœur. L’année suivante, il accompagna sa mère pour un long séjour en France. Il s’initia à la littérature française. Il décida de suivre les traces de sa mère et d’écrire des romans et des pièces de théâtre. Au début des années 1930, son père l’introduit dans le monde du cinéma à Hollywood. John Huston donna libre court à sa passion en écrivant des scénarios et des dialogues pour les grandes maisons de production comme Universal et Warner Bros.

 Au bout d’une dizaine d’années de collaborations fructueuses, il proposa à la Warner d’adapter pour le grand écran un roman de Dashiell Hammett. Son scénario enthousiasma les producteurs qui acceptèrent de financer le film. Ainsi, en 1941, à l’âge de 36 ans, John Huston réalisa Le Faucon maltais. Il attribua le rôle principal à Humphrey Bogart, un acteur connu surtout pour ses interprétations de truands dans des films de série B. Pour sa première réalisation Huston révolutionna le film noir. L’ambiance dure et crépusculaire enchanta la critique et le public qui assura le succès commercial du premier long métrage du cinéaste. Il récidiva en 1942 avec This is our life avec Bette Davis et avec Griffes jaunes un film d’espionnage pour lequel il mobilisa Bogart et les autres acteurs du Faucon maltais.

 En 1943, le metteur en scène répondit à la convocation de l’armée américaine. On ne lui demanda pas de tenir un fusil mais de combattre les pays de l’Axe à l’aide de sa caméra. Il rejoignit l’équipe de Frank Capra et participa à la série « Pourquoi nous combattons ». Il réalisa en 1942 Report from the Aleutians, un reportage sur les pilotes américains qui bombardaient le Japon à partir de bases aériennes situées dans les Aléoutiennes, et en 1943 La bataille de San Pietro, un documentaire qui narrait l’attaque par des soldats de la 5eme armée américaine de la ville italienne où s’étaient retranchés les allemands. Un troisième film documentaire intitulé Que la lumière soit, consacré au traitement psychiatrique administré aux soldats blessés, fut interdit de diffusion par les autorités en raison de son message jugé pacifiste. Le film réapparut trente cinq ans plus tard au Festival de Cannes où il fut projeté dans la section un « certain regard ».

 Après la guerre, John Huston renoua avec les films de fiction. En 1947, dans Le Trésor de la Sierra Madre, une histoire de chercheurs d’or malchanceux, il dirigea son père Walter et Humphrey Bogart. John Huston obtint deux oscars : celui de meilleur réalisateur et celui du meilleur scénario adapté. Son père fut honoré de l’oscar du meilleur acteur dans un second rôle. L’année suivante, il réunit le couple mythique – uni à la ville comme à la scène - Bogart-Bacall dans Key Largo, devenu également un classique du cinéma. En 1949, dans Les insurgés il dénonça la corruption politique qui gangrénait la société cubaine en 1933. Sans le savoir son film préfigurait avec dix ans d’avance l’épopée castriste et la chute du dictateur Batista. En 1950, il réalisa Quand la ville dort qui racontait la préparation d’un cambriolage par des minables. En 1951, il traita la question de la lâcheté dans La charge victorieuse. L’histoire se déroulait pendant la guerre de sécession. Un soldat nordiste tentait de se racheter après un comportement indigne au combat. Huston demanda à Audie Murphy, le soldat américain le plus décoré de la seconde guerre mondiale, d’interpréter le rôle. L’année suivante, The African Queen relatait l’aventure extravagante pendant la première guerre mondiale d’une vieille fille anglaise coincée, jouée par Katharine Hepburn, qui parvenait à convaincre un marin canadien alcoolique – interprété par Humphrey Bogart - de couler une canonnière allemande. Bogart fut cette année-là récompensé de l’oscar du meilleur acteur. Le comportement autoritaire de John Huston avec ses acteurs et son entourage lors du tournage poussa le coscénariste du film Peter Viertel à rédiger un roman témoignage Chasseur blanc, cœur noir. Il décrivit le grand cinéaste un verre de whisky à la main, un énorme cigare planté dans la bouche, prêt à tout – y comprit à interrompre le tournage - pour aller chasser l’éléphant, rabrouant ses collaborateurs, ses producteurs et ses acteurs qui l’empêchaient d’assouvir sa passion. En 1990, Clint Eastwood adapta le livre pour le cinéma sous le même titre et se réserva l’interprétation à l’écran du rôle de Huston.

 Considéré par les cinéphiles français, comme le meilleur metteur en scène américain, John Huston déconcerta ses admirateurs en tournant des films à grand spectacles comme Moulin rouge (1952) récompensé par deux oscars techniques ou Moby Dick (1956), réputé impossible à adapter au cinéma. Après un western Le vent de la plaine avec une Audrey Hepburn enceinte de plusieurs mois – elle fera plus tard une fausse couche -, il réunit Clark Gable, Montgomery Clift et Marilyn Monroe dans Les Désaxés (1961). Aujourd’hui considéré comme un chef-d’œuvre, le film fut mal accueilli à sa sortie. Il fut même considéré comme un film maudit : Clark Gable mourut quelques semaines après la fin du tournage, Marilyn Monroe fut découverte sans vie dans son appartement quelques mois plus tard.

 Après le relatif échec de Freud, passions secrètes (1961), et le déroutant – et drôle - Le dernier de la liste (1963), un film où les acteurs grimés tombaient le masque dans une stupéfiante dernière scène finale, il renoua avec le succès en adaptant une pièce de Tennessee Williams La nuit de l’iguane (1964) avec Ava Gardner, Richard Burton et Déborah Kerr. En 1966, sa Bible, une superproduction hollywoodienne, racontait les 22 premiers chapitres de la Genèse d’Adam et Eve à Abraham. John Huston y interpréta le rôle de Noé. Les années suivantes, il réalisa plusieurs films de genre : l’histoire et les légendes (Davey, des grands chemins, 1968, Promenade avec l’amour et la mort, 1969), l’espionnage (Le lettre du Kremlin, 1972, Le piège, 1973), le western (Juge et hors la loi, 1972), l’aventure (L’homme qui voulait être roi, 1975), la comédie musicale (Annie, 1982).

 Dans la dernière partie de sa carrière, trois films sont considérés comme des chefs-d’œuvre : Le malin (1979), une réflexion sur la folie d’un prêcheur qui fonda une église sans dieu ; L’honneur des Prizzi (1985), un film cynique sur la mafia, à la limite du pastiche qui valut à sa fille Angelica Huston de remporter un oscar de la meilleure actrice dans un second rôle ; Les gens de Dublin (1987), son dernier film adapté d’une nouvelle de James Joyce qui était un hommage au pays de ses ancêtres. Tourné alors qu’il était mourant, le film sortit de manière posthume.

Illustration : Marc Daniau

Demain : Gene Wilder

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