Léopold Sédar Senghor

Il est décédé le 

Elle est décédée le

20 Décembre 2001

Ecrivain et homme d’Etat sénégalais, né le 9 octobre 1907 à Joal (Sénégal), décédé à Verson (Calvados), à l’âge de 95 ans. Homme politique, Ecrivain reconnu, chantre de la « Négritude », Léopold Sédar Senghor eut plusieurs patries : le Sénégal qu’il présida pendant deux décennies, la République française dont il fut un des ministres, la langue française qu’il servit avec talent. 

 Né au sein d’une famille de commerçants aisés appartenant à l’aristocratie Sérère, le jeune Léopold étudia à Dakar dans un collège-séminaire dirigé par des prêtres. Elève doué, il réussit son baccalauréat et obtint une bourse pour aller étudier à Paris, au lycée Louis-le- Grand. Il y côtoya des condisciples qui devinrent plus tard célèbres dont Georges Pompidou. Il y obtint une licence de lettre en 1931. En 1935, après s’être naturalisé français, il put passer et réussir le concours d’agrégation de grammaire, une première pour un étudiant africain. Dans les années trente, avec son ami Aimé Césaire et d’autres intellectuels noirs francophones, il élabora le concept de Négritude qu’il définira ainsi : « la Négritude, c’est l’ensemble des valeurs culturelles du monde noir, telles qu’elles s’expriment dans la vie, les institutions et les œuvres des Noirs. Je dis que c’est là une réalité : un nœud de réalités ». Devenu enseignant, son ministère de tutelle le nomma professeur de lettres classiques au lycée Descartes à Tours puis le muta, en 1938, au lycée Marcellin-Berthelot, à Saint-Maur-des-Fossés.

 Mobilisé en 1939 comme 2ème classe dans un régiment d’infanterie coloniale, il fut fait prisonnier par les Allemands le 20 juin 1940, à La Charité-sur-Loire, et interné dans un camp réservé aux troupes coloniales. Les vainqueurs, imprégnés par l’idéologue raciste du nazisme, décidèrent de le fusiller ainsi que ses compagnons. Ils eurent la vie sauve après l’intervention d’un officier français qui fit valoir que ce massacre inutile nuirait à l’image de marque de la Wehrmacht. Après deux ans de captivité, Senghor fut libéré pour des raisons médicales. Il reprit son travail d’enseignant tout en participant à un réseau de résistance universitaire.

 A la Libération, il occupa la chaire de linguistique à l’Ecole nationale de la France d’outre-mer, un poste qu’il occupa jusqu’à l’indépendance du Sénégal. Il adhéra brièvement au parti communiste. En 1946, les colonies ayant obtenu d’être représentées à l’Assemblée nationale, il se présenta sous le sigle de la SFIO (parti socialiste) à la députation dans la circonscription de Sénégal/Maurétanie, nouvellement crée pour l’occasion. Elu député, il soutint la grève des cheminots de la ligne Dakar-Niger, s’attirant la sympathie de la population sénégalaise. Cet événement lui inspira le poème Elégie pour Aynina Fall. L’homme politique était également un poète. Cette année-là il épousa Ginette Eboué, la fille de Félix Eboué, l’ancien gouverneur de l’Afrique-Equatoriale française (AEF). Le couple eut deux enfants. Il publia au Seuil des recueils de poèmes : Chants d’ombres (1946), Hosties noires (1948) puis Ethiopiques (1956) qui eurent beaucoup de succès.

 En 1947, il quitta le parti socialiste et cofonda un nouveau parti, le Bloc démocratique sénégalais qui remporta l’élection de 1951. Réélu député, il entra dans le gouvernement présidé par Edgar Faure au poste de Secrétaire d’Etat à la présidence du Conseil (mars 1955-février 1956). Il soutint le retour au pouvoir du général Charles de Gaulle. L’homme du discours de Brazzaville qui depuis 1940 appelait à l’émancipation de l’Afrique confirma la politique de décolonisation, engagée sous la VIème République. En 1960, les anciennes colonies françaises recouvraient, pacifiquement, leur indépendance. Senghor appartint à la commission chargée de rédiger la Constitution de la Vème République, sous la direction de Michel Debré. Ce dernier le nomma ministre conseiller dans le gouvernement qu’il dirigea ensuite (juillet 1959-mai 1961).

Au carrefour de plusieurs cultures

Senghor cumula cette fonction ministérielle en France avec la présidence de la fédération du Mali (janvier-août 1960) qui regroupait le Mali, le Sénégal, le Benin et le Burkina-Faso. Après un an d’existence, la fédération était dissoute. Léopold Sédar Senghor était élu premier président de la République du Sénégal dont il composa l’hymne, Le lion rouge. Il occupa cette fonction jusqu’au 31 décembre 1980.

 Parallèlement à ses fonctions d’homme d’Etat, il continua à publier des poèmes (Elégies majeures, 1979) et des essais (Négritude et humanisme, 1964, Le dialogue des cultures, 1992). Ecrivain de langue française, qu’il définissait comme une « langue de culture », il milita activement pour la francophonie, écrivant en 1962 : « La Francophonie, c'est cet Humanisme intégral, qui se tisse autour de la terre ». Il fut élu vice-président du Haut-conseil à la francophonie. En 1978, il fut le premier africain noir à porter le titre de « Prince des poètes ». En 1983, il devint le premier africain à siéger à l’Académie française où il succéda au fauteuil du duc de Levis-Mirepoix. François Mitterrand, président de la République, assista en personne à la cérémonie d’intronisation.

 Installé en Normandie, la région dont était originaire sa seconde épouse, Colette Hubert dont il eut un fils, il reçut de nombreuses distinctions à la fin de sa vie dont le prix international du Lion d’or de Venise (1987). Ses obsèques eurent lieu à Dakar. Mais, ni le président de la République française (Jacques Chirac) ni le premier ministre (Lionel Jospin) ne jugèrent opportun d’y participer et de rendre hommage à l’homme d’Etat, au poète et au chantre de la francophonie.

Jean-Pierre Giovenco

Illustration de Marc Daniau

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