Louis Blanc

Il est décédé le 

Elle est décédée le

6 Décembre 1882

Homme politique français, né à Madrid le 29 octobre 1811, décédé à Cannes, à l’âge de 71 ans. Républicain et socialiste, Louis Blanc consacra sa vie à l’avènement en France d’une République démocratique et sociale. Membre du gouvernement provisoire qui gouverna la France en février 1848, il tenta de mettre en place des « ateliers sociaux » mais fut chassé du pouvoir en avril par les conservateurs.

Fils d’un haut fonctionnaire impérial, Jean Charles Louis Blanc, il vivait avec sa famille à Rodez (Aveyron). Après la mort de sa mère et l’internement de son père devenu fou, il devint chef de famille à l’âge de 19 ans. En 1832, grâce à des relations familiales, il trouva un emploi de précepteur dans la famille d’un industriel à Arras, au cœur d’un bassin industriel en plein essor. Favorable aux idées légitimistes, il soutenait la monarchie de juillet qui avait succédé en 1830 à la Seconde Restauration. Le sort misérable réservé aux ouvriers exploités éveilla sa conscience. Il se rapprocha des idées socialistes naissantes.

 De retour à Paris en 1834, il devint journaliste et collabora à plusieurs titres (National, Le bon sens) opposés au régime en place. Il y défendit des idées républicaines. En 1834, il soutint l’insurrection des canuts lyonnais et protesta contre la répression gouvernementale. En 1839, il publia une brochure appelé à un grand succès, l’Organisation du travail qui préconisait l’association des acteurs économiques sous le contrôle de l’Etat démocratique pour assurer une réforme sociale et le bien être commun. Il fonda la Revue du progrès, un magazine républicain. Il y proposait l’instauration d’un régime parlementaire à chambre unique dont les députés seraient élus au suffrage universel, à la proportionnelle, et renouvelés chaque année. En 1843, il intégra la direction de La Réforme aux côtés de Ledru-Rollin, Lamennais et Schœlcher.

 En 1847, des monarchistes réformateurs opposés à François Guizot, le chef du gouvernement du roi Louis-Philippe, décidèrent d’organiser des réunions publiques partout en France pour exiger l’élargissement du corps électoral alors composé de 240 000 votants. Ils demandaient l’abaissement du cens électoral (100 francs d’impôt au lieu de 200 francs) pour avoir le droit de voter et l’extension du suffrage à de nouvelles catégories sociales. François Guizot s’opposa à ces demandes et interdit les rassemblements. Les réformateurs transformèrent les réunions publiques en banquets privés. La « campagne des banquets » remporta un franc succès. On évalua à 17 000 le nombre de personnes qui y participèrent. Un peu partout, des républicains et des libéraux se mêlèrent aux invités et radicalisèrent le mouvement, demandant, comme Louis Blanc, l’instauration du suffrage universel.

Membre de l’aile gauche du gouvernement provisoire

 Le 22 février 1848, le gouvernement commit l’erreur d’interdire un banquet à Paris dans le douzième arrondissement. Les organisateurs l’annulèrent. Mais le lendemain les parisiens soulevés par des étudiants manifestèrent aux cris de « Vive la réforme ! A bas Guizot ! ». L’émeute tourna à l’insurrection dans la journée. L’après-midi, le roi congédia Guizot et le remplaça par le comte Molé. Le soir, l’armée tira sur la population boulevard des Capucines, tuant une cinquantaine de manifestants. Les corps entassés sur une charrette furent promenés dans Paris. Les insurgés s’emparèrent des armureries. Au matin, le 24, la ville était couverte par 1500 barricades. L’insurrection devenait révolution.

 Dans la foule commença à attaquer le palais, Louis-Philippe 1er, abandonné de son premier ministre, jugea plus prudent d’abdiquer en faveur de son petit-fils de 9 ans le comte de Paris. Les tentatives de la duchesse d’Orléans, régente, de faire reconnaître son fils comme nouveau roi échouèrent après que les révolutionnaires eussent envahi le parlement. La Chambre élit un gouvernement provisoire. Il avait pour mission de gouverner la France jusqu’à l’élection au suffrage universel d’une assemblée nationale nouvelle. Composé de Ledru-Rollin, Lamartine, Crémieux, Dupont de l’Eure, Flocon, Arago, de Saint-Georges, Garnier-Pagès, Marrast, Martin dit Albert et Louis Blanc, le gouvernement provisoire proclama la Deuxième République.

 Louis Blanc publia un décret qui précisait que le gouvernement provisoire « s’engage à garantir le travail à tous les citoyens ». Louis Blanc ne parvint pas à convaincre ses collègues de créer un ministère du travail. Ils consentirent à le nommer à la tête de la « Commission du Luxembourg » chargée de réfléchir à une organisation du travail permettant d’améliorer le sort des travailleurs. Au cours de la première séance, il limita la journée de travail à 10 heures à Paris et 11 heures en province et abolit le livret d’ouvrier. Sans moyens financiers, il créa les ateliers sociaux qui proposaient aux ouvriers un emploi correspondant à leurs compétences, dans une dynamique industrielle à long terme. Ce projet fut assimilé à tort aux ateliers nationaux qui donnaient provisoirement de l’ouvrage à des travailleurs au chômage.

Il ne put mettre en application ses idées. Le 23 avril 1848, les républicains modérés remportaient les élections législatives qui se déroulèrent au suffrage universel masculin. Suspecté en raison de ses positions progressistes, Louis Blanc fut écarté de la Commission exécutive qui succéda au gouvernement provisoire.

La réaction écrase la révolte populaire

La fermeture des ateliers nationaux en juin 1848 provoqua la colère du peuple de Paris. Comme en février, la capitale se couvrit de barricades. Le général Cavaignac appelé en renfort par les conservateurs réprima la révolte dans le sang. Quatre mille insurgés furent tués entre le 22 et le 26 juin. Les républicains progressistes furent mis en accusation. Le Parlement vota la levée de l’immunité parlementaire de Louis Blanc. Il préféra se réfugier en Belgique puis en Grande-Bretagne. L’année suivante, la Haute Cour de justice de Bourges le condamna à la déportation par contumace. En 1859, Napoléon III l’amnistia. Il refusa une grâce émanant d’un régime illégitime qu’il combattait. Il mit fin à son exil en 1870, à la chute de l’Empire, après la défaite de Sedan face à la Prusse, et après la proclamation de la troisième République par Léon Gambetta. Elu député en février 1871 à l’Assemblée nationale, il siégea à l’extrême-gauche aux cotés de Georges Clémenceau.

Ses collègues modérés se défiaient de lui pensant qu’il était un dangereux révolutionnaire alors que les socialistes, influencés par Marx et Proudhon, jugeaient obsolètes ses idées d’associations sous l’égide de l’Etat. L’heure était à la lutte des classes. Il se garda de soutenir la Commune de Paris, même s’il prit la défense du mouvement après sa défaite et demanda le vote d’une loi d’amnistie pour les communards. Il fut réélu aux élections de 1881. De santé fragile, il partit se soigner à Cannes où il mourut d’un refroidissement.

Jean-Pierre Giovenco

Illustration de Marc Daniau

Demain : Ferdinand de Lesseps

masculin
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