Marcel Mouloudji

Il est décédé le 

Elle est décédée le

14 Juin 1994

Auteur-compositeur-interprète français, né le 16 septembre 1922 à Paris, décédé à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), à l’âge de 71 ans. Il débuta dans de petits rôles au cinéma à l’âge de 14 ans avant de se consacrer à la chanson dont il devint une des grandes figures populaires dans les années 1950 à 1960. Devenu célèbre avec La complainte des infidèles (1951) et Comme un p’tit coquelicot (1951), il créa en 1954 Le Déserteur de Boris Vian.

Fils d’un maçon algérien et d’une femme de ménage bretonne, Marcel Mouloudji vécut dans la pauvreté. Elevé par son père analphabète après l’internement de sa mère dans un hôpital psychiatrique, il adhéra avec son frère André aux Faucons rouges, un mouvement de jeunesse animé par des militants du parti socialiste. Doté d’une jolie voix, il fut remarqué par le metteur en scène Jean-Louis Barrault qui cherchait un enfant pour un de ses spectacles. En 1936, il fit quelques apparitions dans des films influencés par l’ambiance du Front populaire : Ménilmontant de René Guissart, La Guerre des gosses de Jean Davoy, Jenny de Marcel Carné. Mais, il interpréta un rôle plus consistant dans Les Disparus de Saint-Agil de Christian-Jaque, un des grands succès de 1938. Pendant la seconde guerre mondiale, il survécut chichement grâce à quelques apparitions dans des films alimentaires.

 Après la Libération, il devint un des intimes du couple formé par Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir. Figure juvénile et fragile de la vie artistique et intellectuelle de Saint-Germain-des-Prés, il joua dans Boule de suif de Christian-Jaque en 1945, Les Jeux sont faits de Jean Delannoy en 1947, Justice est faite d’André Cayatte en 1950. Il chantait également. Il se fit connaitre d’un public plus large en interprétant en 1951 un chanteur des rues dans le film de Carlo Rim La Maison Donnadieu. La chanson La Complainte des infidèles remporta un énorme succès. Mouloudji mena de front une carrière au cinéma et dans la chanson. Il se produisit dans les nombreux cabarets de la capitale dont Les Trois baudets. En 1953, il enregistra son succès Comme un p’tit coquelicot qui obtint le prix Charles-Cros. L’année suivante, il récidiva avec Un jour tu verras dont il avait écrit les paroles pour le film Secrets d’alcôve de Ralph Habib.

Le créateur du Déserteur de Boris Vian

En mai 1954, alors que le camp retranché français de Dien Bien Phu tombait aux mains des révolutionnaires vietnamiens, Marcel Mouloudji créa Le Déserteur de Boris Vian sur la scène du cabaret La Fontaine des Quatre-Saisons. Parmi tous les chanteurs pressentis pour interpréter la chanson, seul Mouloudji prit le risque de le chanter. Il apporta quelques modifications. Il remplaça « monsieur le président » par « messieurs qu’on nomme grands ». Pour en accentuer l’aspect pacifiste, Boris Vian accepta à la demande de Mouloudji de supprimer le passage initial « si vous me poursuivez, prévenez vos gendarmes que je tiendrai une arme et que je sais tirer » par le moins violent « si vous me poursuivez, Prévenez vos gendarmes, Que je n'aurai pas d'armes, Et qu'ils pourront tirer ». Malgré ces modifications, le gouvernement réagit vivement et interdit la diffusion du Déserteur à la radio et à la télévision. Mouloudji, l’intégra dans son répertoire et la chanta sur scène.

Après une dernière apparition dans un film (Deux hommes sont arrivés) comme acteur en 1958, il se consacra essentiellement à la chanson. Les années suivantes, il multiplia les succès en rendant hommage au Paris populaire (La Complainte de la Butte) et aux mouvements révolutionnaires (La Commune en chantant, les Ballades et Complainte syndicalistes dans lequel il interprétait Frère, entends-tu ?). Mouloudji fonda sa propre maison de production en 1964. Il participa à l’éclosion de jeunes talents dont Graeme Alwright et Hélène Martin.

 Dans les années 1970, sa carrière déclina. Les nouvelles générations de spectateurs boudaient un chanteur à texte qui appartenait à un temps révolu. Moins présent à l’antenne des chaines de radio et à la télévision, il remplissait toujours les salles de spectacle d’un public fidèle. Il s’éteignit en juin 1994 alors qu’il mettait la dernière main à un livre de mémoires. Marié à Louise Fouquet pendant vingt-cinq ans, il vécut avec plusieurs compagnes.

J.-P.G.

Demain : Raymond Devos

masculin
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25 Mars 2017 - 11:52am

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