Maurice Druon

Il est décédé le 

Elle est décédée le

14 Avril 2009

Ecrivain et homme politique français, né le 23 avril 1918 à Paris, décédé dans la même ville, à l’âge de 90 ans. Ecrivain à succès, ministre de la culture pendant le septennat de Georges Pompidou, secrétaire perpétuel de l’Académie française, le coauteur du Chant des partisans vécut comme un personnage de roman.

 Tout commença de la pire façon pour le jeune Maurice. Ses grands parents, des juifs lituaniens originaires d’Orenbourg, dans l’Empire russe, émigrèrent à Nice en 1908. Son père Lazare Kessel, arrivé en France à l’âge de 9 ans progressa dans sa langue d’adoption au point de remporter le premier prix du Conservatoire. Ce succès lui ouvrit les portes de la Comédie-Française où il devint pensionnaire. Le jeune comédien rencontra à Paris une jeune fille Léonilla Samuel-Cros. Les jeunes gens s’aimèrent en dehors du mariage et un enfant naquit bientôt, prénommé Maurice. Le bonheur ne dura pas longtemps. Quelques mois après la naissance de son fils qu’il n’avait pas encore légalement reconnu Lazare se suicida en se tirant une balle de révolver dans le cœur. Il était à peine âge de 21 ans. Léonilla se retrouvait seule pour élever son fils. Quand Maurice fut en âge de comprendre, elle lui expliqua que son père était mort de la grippe espagnole. En 1926, elle épousa un notaire installé en Normandie René Druon. Ce dernier reconnut le petit Maurice qui put porter le nom de son père adoptif. Les années s’écoulèrent. Quand Maurice fêta ses 18 ans, sa mère décida de lui révéler les vrais raisons de la disparition de son père biologique. Bien des années plus tard Maurice Druon avoua dans L’aurore vient du fond du ciel (2006) que cette révélation inattendue avait provoqué une « affreuse crise d’angoisse et une hantise du suicide ».

Mais par chance, Maurice était bien entouré. D’abord, ce M. Druon lui permit de vivre une enfance paisible en Normandie. Le notaire l’éleva dans « l’amour de la France » et veilla également à son éducation et à ses études. Maurice fréquenta le lycée Michelet à Vanves. En 1936, il fut le lauréat du prix au Concours général. Le baccalauréat en poche il s’inscrivit à l’Ecole libre des sciences politiques où il suivit l’enseignement jusqu’en 1939.

Une autre personne compta beaucoup dans sa formation, le frère de son père venu des steppes russes, son oncle Joseph Kessel à qui il sera lié toute sa vie. A ses côtés, il rencontra avant guerre des artistes célèbres, des aviateurs de l’aérospatiale comme Mermoz, Saint-Exupéry, Guillaumet.

Résistances

Mais, ces deux mentors ne l’étouffèrent pas. Bien au contraire. Maurice apprit à exister par lui-même. Mobilisé en septembre 1939, il écrivit un article pour Paris-Soir titré J’ai vingt ans, et je pars. Pendant la « drôle de guerre », il poursuivit son entrainement d’officier de cavalerie à l’école de Saumur. En mai 1940, il participa à la campagne de France. Les 2500 cadets de l’école dont Maurice Druon, inexpérimentés et faiblement armés, bloquèrent pendant deux jours l’avancée de 40 000 vétérans allemands appuyés par 150 blindés, sur la Loire, entre Saumur et Gennes. Les pertes françaises s’élevèrent à 250 tués et blessés. Maurice Druon racontera en 1946 la résistance héroïque des cadets de Saumur dans son livre La dernière brigade.

 Démobilisé après la défaite, il choisit de rester en zone non occupée par les Allemands mais soumise au régime de Vichy. Il mit à profit son temps libre pour écrire une pièce en trois actes Mégarée qu’il fit représenter dans un théâtre de Monaco, devant un étrange parterre d’aristocrates en exil et de parvenus planqués. Jugea-t-il qu’il s’égarait alors que l’Europe et désormais le monde était à feu et à sang ? Il se ressaisit bien vite. Là-bas à Londres, un homme continuait la lutte et prétendait incarner la France. L’ardent patriote élevé dans le respect du drapeau, décida de rejoindre le général Charles de Gaulle et de combattre au sein de la France Libre. Accompagné de son oncle Joseph Kessel, il rejoignit clandestinement Londres, via l’Espagne et le Portugal en décembre 1942.

Dans la capitale britannique, on le nomma aide de camp du général François d’Astier de la Vigerie avant de lui demander de participer avec son oncle au programme Honneur et patrie diffusé par la BBC en direction de la France. Sur une musique d’Anna Marly, les deux hommes composèrent Le Chant des partisans, devenu l’hymne du mouvement de résistance contre le nazisme et ses complices. En 1944, Maurice Druon fut affecté au Commissariat à l’intérieur et à l’information. Le militaire se transforma en correspondant de guerre auprès des armées françaises.

A la libération, il se consacra exclusivement à l’écriture, à sa passion de toujours. Il se lança dans la rédaction d’une trilogie intitulée La fin des hommes. Le premier volume publié en 1948 titré Les grandes familles - une critique au vitriol de la grande bourgeoisie d’affaires –plut beaucoup aux jurés du Goncourt qui lui décernèrent leur prix. Les années suivantes, La Chute des corps et Rendez-vous aux enfers, complétèrent la série.

Ecrivain à succès

Plus personne ne contestait désormais la qualité d’écrivain de Maurice Druon. En 1953, il coécrivit avec son oncle Joseph Kessel une pièce de théâtre Le coup de grâce. En 1955, il publia Le roi de fer, le premier des sept volumes des Rois maudits, la saga qui assura sa renommée, tout en gonflant son compte en banque. L’action se déroulait dans les cours royales de France et d’Angleterre, avant la guerre de Cent Ans et mêlait vérités historiques et légendes romanesques. Maurice Druon reconnut s’être fait aider par une escouade de « nègres » dont Mathieu Galley, Pierre de Lacretelle et Edmonde-Charles-Roux. Le succès populaire fut au rendez-vous. La série fut adaptée pour la télévision en 1973 par Claude Barma et en 2005 par Josée Dayan. L’écrivain américain George R.R. Martin, auteur du cycle Trône de fer a déclaré avoir été influencé par Les rois maudits. L’écrivain s’essaya également au conte pour enfant avec beaucoup de réussite. Il se mit à la portée des plus petits pour leur raconter l’histoire d’Alexandre le Grand (1958) et celle de Zeus (1963). Le 8 décembre 1966, il fut élu membre de l’Académie française où il succéda à Georges Duhamel, décédé.

 Le hasard voulut que trois ans plus tard, le 5 avril 1973, il remplaça un autre Duhamel, prénommé Jacques, au poste de ministre des Affaires culturelles, dans le gouvernement de Pierre Messmer. Le président de la République Georges Pompidou avait tenu à la présence de ce gaulliste de la première heure qui contrebalançait l’influence des centristes, notamment giscardiens. Maurice Druon occupa le poste moins de un an, mais cela suffit pour assurer sa notoriété. Partisan de l’ordre, opposé aux innovations sociétales en vogue en France au lendemain de la grande secousse de mai 1968, il menaça les directeurs des théâtres subventionnés dont il n’appréciait pas la programmation de leur couper les fonds. Il déclara « Les gens qui viennent à la porte de ce ministère avec une sébile dans une main et un cocktail Molotov dans l'autre devront choisir ». Les milieux culturels l’accusèrent de vouloir établir un art officiel. Le 13 mai 1973, des metteurs en scène de théâtre organisèrent à Paris une marche silencieuse suivie par des milliers de manifestants pour enterrer la liberté d’expression.

 « Immortel »

L’année suivante, lors d’un remaniement intervenu le 1er mars, Pierre Messmer l’évinça du gouvernement. Il jugeait son ministre trop réactionnaire. Maurice Druon prit sa revanche contre ses « compagnons » en se faisait élire député RPR à Paris en mars 1978. En mai 1981, la victoire du socialiste François Mitterrand à la présidentielle et la vague rose qui suivit lors des législatives de juin emportèrent Maurice Druon. Il se réfugia sous la Coupole de l’Académie française pour poursuivre son combat contre la modernité. Il déploya son talent pour freiner toute évolution de l’institution. L’ancien cadet de Saumur qui freina l’avance allemande sur la Loire batailla avec la même énergie contre la réforme de l’orthographe, l’entrée des néologismes dans le dictionnaire, en chantier et jamais terminé. Plus grave, il s’opposa à l’élection des femmes à l’Académie française, déclarant : « d’ici peu vous aurez quarante bonnes femmes qui tricoteront pendant les séances du dictionnaire ». Les « immortels » refusèrent de le suivre dans cette voie et accueillirent Marguerite Yourcenar en 1980. Elu secrétaire perpétuel le 7 novembre 1985, il refusa les années suivantes la féminisation du nom des métiers et des fonctions. Il trouvera à cette occasion une alliée de poids en la personne d’Hélène Carrère d’Encausse, au profit de laquelle il démissionna de son poste de secrétaire perpétuel en octobre 1999. Au soir de sa vie, le vieux bougon avait changé d’avis sur les femmes. En revanche, il détesta jusqu’au bout Valéry Giscard d’Estaing. En 2003, il mena campagne, sans succès, contre l’ancien président de la République qui prétendait rejoindre sous la coupole les « Immortels ». Le vieux gaulliste qu’il demeurait, reprochait à ce « Brutus sans grandeur » d’avoir appelé à voter « non » au référendum d’avril 1969. Une « trahison » qui provoqua la défaite du général de Gaulle et sa démission. Il ajouta : « Un ancien ami de Bokassa peut-il succéder à Léopold Sédar Senghor? ».

 Maurice Druon, contribua avec ses collègues à ouvrir la vielle institution voulue par Richelieu à tous les écrivains francophones, indépendamment de leur nationalité. Déjà en 1967, lors de son discours de réception, il avait justement remarqué que « la civilisation est d’abord un langage ». Il intervint une dernière fois dans le débat public en soutenant en 2007 l’initiative de Nicolas Sarkozy de faire lire dans les écoles la dernière lettre écrite par le jeune communiste Guy Môquet avant son assassinat par les nazis. Bien que farouchement anti-communiste, l’ancien résistant très marqué à droite, était aussi un homme de fidélités.

Jean-Pierre Giovenco

Illustration : Marc Daniau

Demain : Jean-Paul Sartre

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Manfred von Richthofen

Aviateur allemand, né le 2 mai 1892 à Breslau (Empire allemand aujourd’hui situé en Pologne sous le nom de Wroclaw), blessé mortellement lors d’un combat aérien au dessus de Vaux-sur-Somme (Somme), à l’âge de 25 ans. Surnommé le « Baron rouge », cet as de l’aviation allemande est crédité de 80 victoires homologuées, obtenues au détriment des aviateurs alliés. 

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Ecrivain américain, né le 21 avril 1910 à Florida (Missouri), décédé à Redding (Connecticut), à l’âge de 74 ans. Auteurs de romans, de contes et de récits de voyage, il devint célèbre avec son ouvrage Les aventure des Tom Sawyer (1876).

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Chanteuse afro-américaine, née le 21 mars 1933 à Tryon (Caroline du Nord), décédée à Carry-le-Rouet (Bouches-du-Rhône), à l’âge de 70 ans. Chanteuse de jazz (Little girl Blue en 1958), auteur de 34 albums, elle milita en faveur des droits civiques dans son pays avant de s’installer en France où elle était populaire.

21 Avril 1142

Pierre Abélard

Philosophe et théologien français, né en 1079 près de Nantes, décédé à l’abbaye Saint-Marcel près de Châlons-sur-Saône, à l’âge de 62 ans. Auteur de nombreux ouvrages de théologie novateurs considérés comme hérétiques, enseignant célèbre au Moyen-âge, il entretint une liaison amoureuse avec Héloïse d’Argenteuil ce qui lui vaudra d’être émasculé par l’oncle de la jeune femme.

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Robert Hersant

Editeur de presse et homme politique français, né le 31 janvier 1920 à Vertou (Loire-Inférieure), décédé à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), à l’âge de 76 ans. Surnommé par ses détracteurs « le papivore » il fonda dans les années 1970 un groupe de presse qui contrôlait Le Figaro et ses suppléments hebdomadaires, une quinzaine de journaux régionaux (Le Midi Libre, Nord matin, Le Bien public, La Voix du Nord), des magazines (L’express), une chaîne de télé (La cinq).

21 Avril 1945

Walter Model

Officier supérieur allemand, né le 24 janvier 1891 à Genthin (Empire allemand), mort par suicide à Ratingen (troisième Reich), à l’âge de 54 ans. Farouche partisan d’Adolf Hitler qui le promu maréchal en mars 1944, il se suicida quand il apprit que les Soviétiques l’accusaient d’avoir participé à la mise à mort de 577 000 personnes dans les camps de concentrations et l’avaient inculpé pour crimes de guerre.

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