Maurice Ronet

Il est décédé le 

Elle est décédée le

14 Mars 1983

Acteur français, né le 13 avril 1927 à Nice (Alpes-Maritimes), décédé à Paris, à l’âge de 55 ans. Grande figure du cinéma français dans les années 1960 et 1970, il apparut à l’affiche d’une centaine de films dont les chefs-d’œuvre Ascenseur pour l’échafaud (1958) de Louis Malle, Plein soleil (1960) de René Clément et La femme infidèle(1969) de Claude Chabrol.

Fils unique d’Emile Ronet et de Paule de Breuil, Maurice Ronet naquit à Nice au sein d’une famille de comédiens. Il suivit naturellement la trace de ses parents. Formé à l’art dramatique à Paris par des professeurs talentueux comme Jean-Louis Barrault et René Simon, il débuta sur les planches à l’âge de 18 ans pour jouer dans Les Enfants terribles de Jean Cocteau et Roméo et Juliette de Shakespeare. Remarqué pour sa belle gueule de jeune premier et sa diction parfaite et immédiatement identifiable, le jeune comédien de théâtre fut engagé en 1949 par le cinéaste Jean Becker pour interpréter au cinéma un trompettiste de jazz dans Rendez-vous de juillet. Etrangement, celui qui avait quitté le domicile familial à 16 ans pour voler de ses propres ailes y donna la réplique à ses propres parents. Les années suivantes sa carrière peine à démarrer vraiment, même s’il figura à l’affiche d’une quinzaine de films en sept ans. Cantonné par les cinéastes Yves Allégret, Jean Dréville, Christian-Jaque ou Denys de la Patellière à des rôles secondaires, il fut reconnu à sa juste valeur par Louis Malle en 1958 qui lui confia le rôle masculin principal pour le chef-d’œuvre Ascenseur pour l’échafaud. Maurice Ronet y donna la réplique à une autre star montante du cinéma français Jeanne Moreau. Considéré par beaucoup d’historiens comme le premier long-métrage de la Nouvelle vague, le film reçut un excellent accueil public et critique. Ascenseur pour l’échafaud cumula les récompenses : couronné justement du prix Louis-Delluc, la bande-son réalisée par le compositeur de jazz américain Miles Davis reçut dans sa catégorie le Grand prix du disque de l’Académie Charles-Cros. Homme classé à droite, Maurice Ronet était un ardent soutien des partisans de l’Algérie française pendant la guerre d’indépendance algérienne. Amoureux des livres et passionné par la littérature, il appartenait à l’Association des amis de Robert Brasillach, fusillé à la Libération pour des faits de collaboration avec l’ennemi.

Entre cinéma d’auteur et films commerciaux

Maurice Ronet incarna dès lors des personnages tragiques, désespérés, suicidaires, des meurtriers, des victimes ou des hommes broyés par des événements absurdes ou incontrôlables. En 1960, il partagea avec Alain Delon l’affiche de Plein Soleil, le chef-d’œuvre réalisé par René Clément adapté du roman Monsieur Ripley de Patricia Highsmith. Tourné dans la région de Naples en décors naturels, le film fut un des grands succès de l’année malgré les tensions qui régnèrent sur le plateau. Principal personnage féminin, Marie Laforêt imputa la mauvaise ambiance à Maurice Ronet et Alain Delon dont elle dit qu’ils « étaient si prétentieux, si méprisants : deux trous du cul ! » Valeur sûre du cinéma français, Maurice Ronet apparut dans des films aujourd’hui oubliés. Il renoua avec le succès en 1963 quand Louis Malle eut la bonne idée de lui confier le rôle principal dans Le Feu follet, adapté du livre de Pierre Drieu la Rochelle. Il y retrouva notamment Jeanne Moreau. Le film remporta le prix du jury à la Mostra de Venise en 1963. Maurice Ronet devint les années suivantes un des acteurs fétiches de Claude Chabrol qui le dirigea dans quatre films dont La ligne de démarcation ‘(1966), Le Scandale (1967) et La Femme infidèle (1969) dans lequel il incarnait un écrivain assassiné par l’époux (Michel Bouquet) de sa maitresse (Stéphane Audran). Cette même année, il joua également un personnage qui mourut de mort violente dans La Piscine, assassiné par le personnage incarné par Alain Delon. Interprété également par Romy Schneider et la jeune Jane Birkin, le film de Jacques Deray remporta un grand succès public.

 La carrière de Maurice Ronet ne connut aucun temps mort. Alternant films commerciaux (Mort d’un pourri de Georges Lautner en 1971, La Balance de Bod Swain en 1982), et films d’auteur Il tourna avec les plus grands cinéastes de l’époque dont Jean Aurel (Les Femmes en 1969), Michel Deville (Raphaël ou le débauché en 1971), Roger Vadim (Don Juan 73 en 1973), Bertrand Blier (Beau-père en 1981). Maurice Ronet apparut également au générique d’une quinzaine de téléfilms. Il décida également de passer derrière la caméra. En 1964, il tourna son premier long-métrage Le Voleur de Tibidabo. Six autres films suivirent dont la plupart furent réalisés et diffusés pour le petit écran (Bartleby, adapté du livre de Herman Melville). Celui qui rêvait d’être un grand écrivain, publia plusieurs livres dont un essai sur Le Métier de comédien. Atteint d’un cancer, il vécut les derniers mois de sa vie dans sa maison du Lubéron. Certains affirment sans preuves qu’il mit fin à ses jours. Maurice Ronet avait été marié pendant six ans à la comédienne Maria Pacôme. Il avait épousé en 1980 l’actrice américaine Joséphine Chaplin qui lui avait donné un fils.

J.-P.G.

Demain : Victor Vasarely

masculin
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