Michel Drach

Il est décédé le 

Elle est décédée le

15 Février 1990

Cinéaste français, né le 18 octobre 1930 à Paris, décédé à Paris, à l’âge de 59 ans. Cinéaste d’auteur, il réalisa des films sociaux et politiques remarqués par la critique et appréciés du public. Il réalisa une quinzaine de longs métrages dont On n’enterre pas le dimanche (prix Louis-Delluc en 1960), Elise ou la vraie vie (1970) et Le pull-over rouge (1979).

Né au sein d’une famille française de confession juive, Michel Drach échappa à la Shoah. Après la guerre, il étudia la peinture à l’Ecole des beaux-arts de Paris. Mais, il interrompit ses études pour devenir le stagiaire puis le collaborateur de son cousin, le cinéaste Jean-Pierre Melville qu’il assista sur plusieurs films dont Le Silence de la mer (1949) et Les Enfants terribles (1950) dans lequel il interpréta également un rôle. En 1951, il décida de voler de ses propres ailes et réalisa un premier court métrage au ton très personnel Les soliloques du pauvre. Sa carrière eut du mal à décoller. Les deux autres courts métrages qu’il réalisa en 1954 (La mer sera haute à seize heures) et en 1958 (Auditorium) montrèrent l’étendue de son talent et la diversité de son univers artistique. En 1959, il dirigea enfin son premier long métrage, On n’enterre pas le dimanche, un drame sur la solitude, le mensonge et la malchance. Bien reçu par la critique qui annonça la naissance d’un nouveau grand cinéaste, le film reçut le prix Louis-Delluc.

 Dans sa narration, le film s’inscrivait dans la Nouvelle vague. Mais Michel Drach refusa de s’inféoder dans un mouvement. Il resta en marge de toutes les modes et suivit son propre chemin artistique. Pour son second long métrage en 1961, il dirigea dans Amélie ou le temps d’aimer Jean Sorel et la jeune actrice Marie-Josée Nat qui devint sa muse et son épouse. Remarqué par la télévision, il réalisa plusieurs épisodes de la série Le Train bleu s’arrête 13 fois qui racontaient un événement survenu dans chacune des gares visité par le célèbre express entre Paris et Menton. Après une brève incursion dans le cinéma commercial en 1965 (La Bonne occase avec Francis Blanche et Edwige Feuillère) et en 1966 (Safari diamants avec Marie-Josée Nat et Jean-Louis Trintignant), il revint en 1970 au cinéma d’auteur avec Elise, ou la vraie vie. Adapté du livre de Claire Etcherelli, récompensé du prix Femina en 1967, le film se déroulait pendant la guerre d’Algérie et contait les amours entre une jeune ouvrière, jouée par Marie-Josée Nat, et un employé algérien, militant indépendantiste, interprété par Mohammed Chouikh. Lors de sa sortie, cette version moderne et politique de Roméo et Juliette suscita une violente polémique qui contribua à la notoriété de film. Le réalisateur montra les ratonnades, le racisme, les rafles policières humiliantes.

Des films engagés

Malgré son succès public, Michel Drach attendit quatre ans avant de pouvoir diriger un nouveau film. Ce fut Les Violons du bal, un film autobiographique qui évoquait son enfance juive sous l’Occupation et montrait l’effondrement des valeurs d’un monde emporté par les violences de la seconde guerre mondiale. Dans Le Journal du Dimanche, le critique cinématographique Pierre Billard écrivit : « Le film est si beau, si passionnant et si bouleversant qu’il faut le voir pour ses mérites propres, qui sont exceptionnels (…) Michel Drach, entouré de sa femme Marie-Josée Nat et de son fils David Drach, nous entraine sur le sentier de sa mémoire. Tant de liens l’unissent à ses héros, tant d’amour à ses interprètes qu’une vague de tendresse submerge le film et le spectateur. Pourtant l’auteur s’est refusé tout trémolo. La première qualité de ce drôle de drame c’est le charme. Subtilement la gravité de l’évènement se dissout d’abord dans l’innocence du regard, puis en acquiert une densité décuplée. Pendant dix-huit ans, Michel Drach a voulu faire ce film. Il a eu raison, contre tous. Il manquerait quelque chose au cinéma français sans Les Violons du bal. Présenté au festival de Cannes en mai 1974, le film fut récompensé à travers Marie-Josée Nat qui reçut le prix d’interprétation féminine.

 Après deux films psychologiques (Parlez-moi d’amour en 1975 et Le Passé simple en 1977), Michel Drach frappa les esprits avec Le Pull-over rouge, adapté du livre éponyme de Gilles Perrault sur le rapt à Marseille et l’assassinat de la petite Maria Rembla et la condamnation à mort suivie de l’exécution à l’âge de 22 ans de son assassin Christian Ranucci. Convaincu de l’innocence du jeune homme, Michel Drach défendit sa thèse avec brio. L’affaire prit une tournure politique quand des maires prononcèrent des arrêts interdisant la diffusion du film. Un député demanda même le vote d’une loi pour « fixer certaines limites » à la liberté d’expression. Le film contribua à l’abolition de la peine de mort. Après trois ans d’absence des salles de cinéma, Michel Drach réalisa un très réussi Guy de Maupassant avec Claude Brasseur, Simone Signoret, Miou-Miou, Jean Carmet. En 1986, il adapta le roman d’Anias Francos Sauve-toi, Lola, un témoignage sur la lutte d’une avocate jouée par Carole Laure contre le cancer. Pour son dernier film, Michel Drach réunit en 1987 Guy Bedos et Marie Laforêt dans la comédie Il est génial papy !

 Atteint d’un cancer, Michel Drach s’éteignit à l’âge 59 ans. Epoux de Marie-Josée Nat, il était le père de trois enfants. Cinéaste injustement oublié, on peut regretter le manque de discernement des chaines de télévision qui « oublient » de rediffuser ses chefs-d’œuvre.

J.-P.G.

Demain : Boutros-Ghali

masculin
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