Paolo Borsellino

Il est décédé le 

Elle est décédée le

19 Juillet 1992

Juge antimafia italien, né le 19 janvier 1940 à Palerme (Sicile), assassiné dans la même ville, à l’âge de 52 ans. Membre du pool antimafia, il fut assassiné ainsi que ses cinq gardes du corps par l’explosion d’une voiture piégée, deux mois après son collègue Giovanni Falcone. Le chef de la mafia Salvatore Riina – condamné à la prison perpétuelle – était le commanditaire des attentats.

Ils sont tombés sous les balles de la Mafia

La mafia n’hésite pas à assassiner ceux qui la combattent : citoyens qui refusent d’être rackettés, journalistes, policiers, carabinier, magistrats et hommes politiques sont tombés sous les balles des tueurs. Voici une liste non exhastive.

MAURO DE MAURO : journaliste à L’Ora, enlevé par la mafia le 16 septembre 1970 devant son domicile. Son corps n’a jamais été retrouvé.

GIUSEPPE RUSSO : colonel des carabiniers, 49 ans, assassiné le 20 août 1977.

Giuseppe IMPASTATO : journaliste à la Radio Aut, 30 ans, assassiné le 9 mai 1978.

MARIO FRANCESE : journaliste à Il gionale du Sicilia. Assassiné à coups de revolver le 26 janvier 1979 devant son domicile.

BORIS GiULIANO : policier, chef de la brigade mobile de Palerme, 48 ans, assassiné le 21 juillet 1979 à Palerme.

CESARE TERRANOVA : député communiste, 58 ans, assassiné le 25 septembre 1979.

PIERSANTI MATTARELLA : député démocrate-chrétien, président de la région Sicile, 44 ans, assassiné le 6 janvier 1980.

EMANUELE BASILE : capitaine des carabiniers, 30 ans, assassiné le 3 mai 1980.

PIO LA TORRE : député communiste, 54 ans, assassiné le 30 avril 1982.

CARLO ALBERTO DELLA CHIESA : général et préfet de police de Palerme chargé de la lutte contre la mafia, 61 ans. Il fut assassiné dans sa voiture le 3 septembre 1982 en même temps que son épouse EMMANUEL et son garde du corps DOMENICO RUSSO.

MARIO D’ALEO : capitaine des carabiniers, 29 ans, assassiné le 13 juin 1983.

ROCCO CHINNICI : magistrat, 58 ans, assassiné devant son domicile par la mafia dans un attentat à la voiture piégée le 29 juillet 1983. Furent également tués dans l’explosion le maréchal des carabiniers MARIO TRAPASSI, le garde du corps SALVATORE BARTOLOTTA et le gardien de l’immeuble STEFANO LO SACCHI.

BEPPE MONTANA : commissaire de police à Palerme, 33 ans, assassiné le 28 juillet 1985.

ANTONINO CASSARA : commissaire de police à Trapani, 38 ans, assassiné le 28 août 1985.

ALBERTO GIACOMELLI : magistrat, 69 ans, assassiné le 14 septembre 1988, un an après son départ à la retraite.

 ANTONINO SAETTA : magistrat, 66 ans, assassiné le 25 septembre 1988 par la mafia en même temps que son fils Stefano.

ANTONINO SCOPELLITI : magistrat, 56 ans, assassiné le 9 août 1991.

GIOVANNI FALCONE : magistrat du pool antimafia, 53 ans, assassiné le 23 mai 1993 dans l’explosion de sa voiture. Il fut assassiné en même temps que son épouse FRANCA MORVILLO, également magistrat et ses trois gardes du corps : VITO SCHIFANI, ROCCO DI CILLO et ANTONIO MONTINARO.

Né en Sicile, Paolo Borsellino étudia le droit à l’université de Palerme. Diplomé en 1962, il passa et réussit le concours d’entrée à la magistrature en 1963. Il exerça dans plusieurs villes siciliennes (Enna, Mazara del Vallo, Monreale) avant d’être muté à Palerme en 1975. Il se consacra à la lutte contre la mafia qui étendait sa toile sur la vie économique, politique et sociétale de la Sicile. Très tôt, il comprit que les mesures policières et judiciaires ne suffiraient pas à éradiquer la pieuvre, rappelant que « La lutte contre la mafia doit être avant tout un mouvement culturel qui forme les citoyens à sentir la beauté du frai parfum de la liberté qui s’oppose à l’odeur nauséabonde du compromis moral, de l’indifférence, de la compromission et même de la complicité ». Il intégra le pool antimafia imaginé par le juge Rocco Chinnici et créé, après son assassinat en juillet 1983, par son successeur le magistrat Antonio Caponnetto. Au sein du pool, il travailla avec son collègue et ami Giovanni Falcone. Les juges proposèrent à des mafieux de briser la loi du silence (omerta), de collaborer avec la justice. En échange, la justice leur accordait le statut de repenti. Ainsi les magistrats portèrent des coups sévères à l’organisation criminelle. Une vague d’arrestations remplit les prisons. Ses chefs s’enfuirent et entrèrent dans la clandestinité. L’un d’eux Salvatore Riina s’imposa à ses pairs et devint le chef des chefs clandestin.En 1986, un « maxi procès » s’ouvrit à Palerme. Pour accueillir les 475 accusés, il fallut aménager une salle d’audience baptisée « une salle-bunker ». Les audiences s’étendirent sur une année. En décembre 1987, les magistrats prononcèrent 360 condamnations dont 19 à perpétuité. Le total des années de prison infligées aux mafieux atteignit le chiffre de 2665 années. Le pool antimafia élargit son enquête à l’étranger. La pieuvre étendait en effet ses ramifications partout dans le monde. Les réseaux de drogue qu’elle contrôlait et les filières de blanchiment de l’argent sale ignoraient les frontières. Une véritable guerre opposa les soldats de la mafia aux représentants de l’Etat. Plusieurs dizaines de personnes furent assassinées par la mafia (Lire notre encadré).

 Paolo Borsellino savait que sa tête avait été mise à prix par Toto Riina. Il déclara à la presse : «  C’est beau de mourir pour ce auquel on croit : qui a peur meurt chaque jour qui n’a pas peur meurt une seule fois. »  Malgré – à cause dirait les malveillants ou les défiants – les succès remportés sur la mafia, les juges du pool antimafia ne se sentaient pas soutenus par l’Etat. En 1989, dans une lettre ouverte, Giovanni Falcone, Paolo Borsellino  et sept  de leurs collègues dénoncèrent le laxisme des autorités et le manque de moyens mis à leur disposition pour lutter à armes égales contre l’organisation criminelle. Ils demandèrent à être mutés dans une autre région. On les rassura verbalement. Mais dans le même temps, des critiques et des insinuations venant de certains cercles politiques visant à les discréditer empoisonnèrent le climat. La défiance de la hiérarchie judiciaire apparut quand elle refusa de nommer Giovanni Falcone à la tête du pool antimafia après le départ à la retraite d’Antonio Caponnetto. On lui préféra un vieux juge aux méthodes anciennes, c'est-à-dire dépassées. Quelques mois plus tard, le pool fut démantelé.

Assassiné par la mafia

En mars 1991, Falcone accepta le poste de directeur des affaires pénales du ministère de la justice à Rome. S’agissait-il d’une mutation sanction ? Il ne l’entendait pas ainsi. Son départ de la Sicile ne signifiait pas qu’il renonçait à la lutte antimafia. Bien au contraire. Il ambitionnait de créer un pôle juridico-policier chargé de coordonner au niveau national toutes les enquêtes contre Cosa Nostra. Quand les parrains apprirent par des espions son projet de « super procure », ils décidèrent de l’éliminer. Le 23 mai 1992, une bombe télécommandée placée sous l’autoroute reliant l’aéroport à Palerme explosa et tua Giovanni Falcone, son épouse également magistrat et trois policiers de son escorte. Paolo Borsellino reprit le flambeau de la lutte contre Cosa nostra. Il devint le nouvel objectif de Riina. Moins de deux mois après l’attentat contre Falcone, une voiture piégée explosa rue d’Amelio à Palerme, tuant le magistrat et les cinq policiers de son escorte : Agostino Catalano, Walter Cosina, Emanuela Loi, Vincenzo Li Muli et Claudio Traina. Le magistrat pressentait sa fin proche. Quelques mois avant son assassinat, il avait déclaré : «  Je ne suis ni un héros ni un kamikaze, mais une personne ordinaire. Je crains la fin parce que je la vois comme une chose mystérieuse, je ne sais pas ce qui se passe dans l’au-delà. Mais l’important c’est d’accepter son sort. Malgré la douleur d’abandonner ma famille,  je pourrais mourir serein ».

Salvatore Riina fut arrêté le 15 janvier 1993. La justice italienne le condamna à la prison à vie pour avoir assassiné une quarantaine de personnes et commandité des centaines de meurtres. Sa fortune évaluée en 1997 à 125 millions de dollars a été confisquée et une de ses propriétés est devenue une école. Agé de 86 ans, il purge actuellement sa peine. Borsellino incarne la lutte de l’Etat contre le crime organisé. L’aéroport de Palerme porte son nom associé à celui de Falcone. Le pape Jean Paul II l’a fait martyr du XXe siècle.

J.-P.G.

Demain : Paul Valéry

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9 Avril 2017 - 6:48pm

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Joueur d’échec islandais d’origine américaine, né le 9 mars 1943 à Chicago, décédé à Reykjavik, à l’âge de 64 ans. Champion du monde d’échec en 1972 vainqueur du soviétique Boris Spassky dans le « match du siècle ». Condamné aux Etats-Unis pour fraude fiscale. Après son arrestation au japon en 2004, il obtint l’asile politique en Islande dont il adopta la nationalité.

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Charles Hernu

Homme politique français, né le 3 juillet 1923 à Quimper (Finistère), décédé à Villeurbanne (Rhône), à l’âge de 66 ans. Ministre de la Défense de mai 1981 à septembre 1985, sous la présidence de François Mitterrand. Il démissionna de son poste, à la suite des révélations de la presse mettant en cause les services secrets français dans l’attentat contre le navire de Greenpeace, le Rainbow Warrior.

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Edouard Bourdet

Auteur dramatique français, né le 26 octobre 1887 à Saint-Germain-en-Laye (Yvelines), décédé à Paris, à l’âge de 57 ans. Un des maîtres du théâtre de boulevard. Administrateur de la Comédie-Française de 1936 à 1940.

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Lola Montez

Actrice et courtisane irlandaise, née le 17 février 1821 à Grange (Irlande), décédée à New York, à l’âge de 39 ans. De son vrai nom Maria Dolorès Gilbert, elle fut la maitresse de Louis 1er de Bavière. Elle créa la danse érotique de l’araignée.

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Richard Crenna

Acteur américain, né lé 30 novembre 1926 à Los Angeles, décédé à Los Angeles, à l’âge de 76 ans. Interpréta le rôle du colonel Trautman dans  Rambo (1982), Rambo, la mission (1984), Rambo 3 (1988).

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Compositeur italien, né le 8 juin 1671 à  Venise, décédé à Venise, à l’âge de 79 ans. Il composa quatre vingt opéras baroques. L’Adagio d’Albinoni a été composé en 1945 par Remo Giazotto à partir d’un fragment d’une sonate du compositeur italien.

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Walter von Reichenau

Militaire allemand, né le 8 octobre 1884 à Karlsruhe (Bade-Wurtemberg), décédé à Poltava (Union soviétique), à l’âge de 57 ans. Il participa aux campagnes de Pologne (1939), de France (1940) et de Russie (1941). Il participa au massacre des population juives dans les territoires qu'ils contrôlaient. Elevé à la dignité de maréchal par Adolf Hitler.

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Zhao Ziyang

Homme politique chinois, né le 17 octobre 1919 à Huaxian, décédé à Pékin, à l’âge de 85 ans. Premier ministre de la République populaire de Chine de septembre 1980 à novembre 1987. Secrétaire général du parti communiste de janvier 1987 à juin 1989, il fut  limogé pour avoir refusé de réprimer les étudiants sur la place Tien’anmen en juin 1989.

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