Patricia Highsmith

Il est décédé le 

Elle est décédée le

4 Février 1995

Romancière américaine, née le 19 janvier 1929 à Fort Worth (Texas), décédée à Locarno (Suisse), à l’âge de 74 ans. Sous-estimée de son vivant par la critique littéraire, elle refusait d'être étiquetée auteure de polars. Elle se considérait, non sans raison, comme une romancière à suspense.

Née Mary Patricia Plangman, la future grande écrivaine devint Patricia Highsmith après le divorce de ses parents et le remariage de sa mère avec un certain Stanley Highsmith. Elevée notamment par sa grand-mère à New York, elle y poursuivit des études classiques (grec ancien, latin) à l’université de Columbia. A l’âge de 21 ans, son diplôme en poche, elle travailla pour un éditeur de bandes dessinées, rédigeant des scénarios de comics. Dans le même temps, elle écrivait des romans. Les maisons d’édition à qui elle les proposa ne firent pas confiance à la jeune femme. Ils refusèrent de publier ses deux premiers livres. En 1950, elle revint à la charge avec un troisième ouvrage. Six éditeurs le rejetèrent. Un septième accepta finalement de le publier. Il s’agissait de L’Inconnu du Nord-Express. Le roman policier obtint un succès public et critique considérable à sa sortie. Alfred Hitchcock acheta les droits du livre. Il en donna une version cinématographique en 1951 qui dopa les ventes du polar et contribua à la notoriété de son auteur.

 Désormais, Patricia Highsmith put se consacrer exclusivement à son métier d’écrivain. Elle emménagea en Pennsylvanie, dans une maison où elle habita seule, selon un usage qu’elle s’imposa jusqu’à la fin de ses jours. Cette solitude choisie désorienta ses contemporains qui brocardaient sa supposée misanthropie. Un de ses éditeurs, Otto Penzler, porta ce jugement sévère : « Elle était méchante, dure, cruelle, détestée par tous, n’aimant personne ». Beaucoup jugeait qu’elle préférait la compagnie des chats à celle des hommes. Selon une anecdote, dans les années soixante dix, elle se serait rendue à Londres dans une soirée accompagnée d’un grand sac contenant une laitue et une centaine d’escargots, « ses compagnons du matin ». Provocation, moquerie ?

 Pendant toute sa vie, elle refusa de répondre à ses détracteurs et d’évoquer sa vie privée. Elle proclama son dégoût pour la confidence et l’autobiographie et refusait de répondre à toute question personnelle. Peut-être, se dévoila-t-elle dans Carol (Les eaux dérobés dans l’édition française), un roman à clés paru en 1952, signé sous le pseudonyme de Claire Morgan, qui narrait l’amour entre deux femmes. On lui connut des liaisons éphémères avec des hommes et aussi des femmes. Les années suivantes, elle s’installa en Europe où son œuvre y était mieux considérée que dans son propre pays. Elle vécut en Grèce, en Italie, sujet de plusieurs livres, au Royaume-Uni, en France (1970-1982), près de Fontainebleau et enfin en Suisse, dans le Tessin, où elle finit ses jours.

 Elle publia une trentaine de livres (romans et recueils de nouvelles) dont la plupart furent traduits dans une vingtaine de langues et dont les fidèles lecteurs attendaient avec impatience la livraison. Elle inventa le personnage de Tom Ripley dont elle narra les aventures dans cinq livres dont Monsieur Ripley, adapté au cinéma par René Clément sous le titre de Plein soleil (1960) et par Tony Minghella, en 1999. Il s’ensuivit un malentendu qui la poursuivit toute sa vie : beaucoup de critiques littéraires sous-estimèrent la valeur de son œuvre jugeant qu’elle écrivait des intrigues policières. Ils l’étiquetèrent auteure de polars.

 Elle refusa avec la dernière énergie cette qualification, affirmant que les histoires de détectives ne l’intéressaient pas. Elle acceptait d’être cataloguée romancière à « suspense ». Graham Greene défendit son œuvre: « Patricia Highsmith crée un univers claustrophobe et irrationnel dans lequel on entre, à chaque fois, avec un sentiment de danger personnel. »

 Elle décrivit avec la précision d’une clinicienne la société américaine, à travers des personnages abîmés, victimes ou bourreaux. Dans Le journal d’Edith (1977), Patricia Highsmith donnait vie à une américaine ordinaire qui confiait ses espoirs et tourments à un journal intime imaginaire. Pendant 20 ans, la ménagère, mariée et mère d’un fils, y racontait le naufrage de son existence, le saccage de ses rêves et la décomposition de son pays. Il s’agit sans doute de son meilleur livre. Affaiblie à la fin de sa vie par l’alcoolisme, elle mourut des suites d’une leucémie et fut incinérée à Bellinzone en Suisse italienne.

Jean-Pierre Giovenco

Illustration : Marc Daniau

Demain : Pascal Paoli

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