Philippe Pétain

Il est décédé le 

Elle est décédée le

23 Juillet 1951

Militaire et homme politique français, né le 24 avril 1856 à Cauchy-à-la-tour (Pas-de-Calais), décédé en détention sur l’île d’Yeu (Vendée), à l’âge de 95 ans. Elevé à la dignité de maréchal en raison de son rôle pendant la première guerre mondiale, il abolit la République après la défaite de la France en juin 1940 et créa l’Etat français qui collabora avec l’occupant nazi, de juillet 1940 à août 1944.

La demande d’armistice

Voici le texte prononcé le 17 juin 1940 prononcé à la radio par le maréchal Philippe Pétain :

« Français!
A l'appel de M. le président de la République, j'assume à partir d'aujourd'hui la direction du gouvernement de la France. Sûr de l'affection de notre admirable armée, qui lutte avec un héroïsme digne de ses longues traditions militaires contre un ennemi supérieur en nombre et en armes, sûr que par sa magnifique résistance elle a rempli son devoir vis-à-vis de nos alliés, sûr de l'appui des anciens combattants que j'ai eu la fierté de commander, sûr de la confiance du peuple tout entier, je fais à la France le don de ma personne pour atténuer son malheur.

En ces heures douloureuses, je pense aux malheureux réfugiés, qui, dans un dénuement extrême, sillonnent nos routes. Je leur exprime ma compassion et ma sollicitude. C'est le cœur serré que je vous dis aujourd'hui qu'il faut cesser le combat.
Je me suis adressé cette nuit à l'adversaire pour lui demander s'il est prêt à rechercher avec nous, entre soldats, après la lutte et dans l'honneur, les moyens de mettre un terme aux hostilités.
Que tous les Français se groupent autour du gouvernement que je préside pendant ces dures épreuves et fassent taire leur angoisse pour n'écouter que leur foi dans le destin de la patrie. »

 Il est des vocations qui naissent tôt. C’est le cas pour le jeune Philippe Pétain qui voit le jour le 24 avril 1856 à Cauchy-à-la-Tour, dans une famille de cultivateurs installée dans cette commune du Pas-de-Calais depuis le XVIIème siècle. L’enfant ne souhaite pas succéder à son père sur l’exploitation familiale, non ce qu’il veut c’est devenir soldat. Les récits de son grand-oncle, l'abbé Lefèvre, qui a servi dans l’armée de Napoléon l’ont marqués, ainsi que la guerre de 1870 durant son adolescence. Pensionnaire de diverses congrégations religieuses il prépare le concours d’entrée à l’école militaire de Saint-Cyr. Cinq ans sous-lieutenant, sept ans lieutenant, dix ans capitaine, il gravit lentement les échelons. L’homme est avant tout un fantassin qui se plait au milieu de ses troupes et se tient éloigné des politiques comme des stratèges.

 Sa carrière militaire aurait pu se terminer à cinquante-huit ans lorsqu’il est nommé commandant de la 4ème brigade d’infanterie par intérim. Mais en 1914 quelques semaines suffisent pour que tout bascule et Philippe Pétain se retrouve au front.

 En un an le colonel s’affirme au feu et gagne ses galons de commandant d’une division. Il prend ensuite la tête des forces françaises en Artois durant l’hiver 1914-1915. Ses brillants résultats au front en mai 1915 poussent le Commandant en chef des armées, le Maréchal Joffre, à lui confier le commandement de la IIème armée en Champagne où il confirme ses compétences dans la préparation et la conduite de l’offensive. C’est ensuite qu’il est appelé à prendre la direction des opérations dans la région de Verdun pour s’opposer aux Allemands en février 1916. En quelques semaines il parvient à briser l’assaut des forces ennemies et peut lancer le célèbre ordre du jour : « Courage, on les aura ».

 Pour ses adversaires Pétain n’est pas le vainqueur de Verdun. Il reste néanmoins l’organisateur de la résistance à l’adversaire, l’homme qui s’efforce de parler aux soldats et de les mobiliser. Lors de la crise de 1917 au cours de laquelle nombre de conscrits mettent en doute les ordres de leurs supérieurs, il sait résister aux chefs qui veulent maintenir une autorité inhumaine. Il visite des divisions et s’efforce d’entretenir le moral des troupes, réclamant de la patience à des hommes qui se battent depuis trois ans.

 Après les offensives allemandes de 1918 le commandant en chef Philippe Pétain a reconstitué l’armée française. Il peut alors briser les ultimes attaques et enfin espérer la fin de la guerre. Le 11 novembre 1918 le principal artisan, avec Ferdinand Foch, de la victoire française est élevé à la dignité de Maréchal de France. Son prestige est tel que le gouvernement le maintient pendant plus de dix ans dans ses fonctions de commandant en chef des armées françaises. Durant cette période il dirige le système militaire français qui, dans son orientation comme dans ses structures, n’évolue pas.

 Son entrée en politique a lieu en février 1934, lorsque Gaston Doumergue, conscient de la popularité du Maréchal auprès des anciens combattants, lui confie le poste de ministre de la guerre, après les violentes manifestations parisiennes des ligues d’extrême droite de février. De nouveau ministre en 1935 il est choisi par Daladier en 1939 comme ambassadeur à Burgos, dans l’espoir que l’homme de Verdun aide à établir des relations avec le général Franco.

La révolution nationale

Mais c’est évidemment l’invasion des Panzer divisions allemandes qui sonne le grand retour de Pétain. Le 17 juin, il annonce à la radio qu’il fait « don » à la France de sa personne pour « atténuer son malheur » tout en adressant à Hitler une demande d’armistice (lire ci-dessus). Grâce aux interventions de Pierre Laval, le Maréchal de 84 ans est investi le 10 juillet 1940 des pouvoirs exécutifs et législatifs qui lui permettent de gouverner de façon autoritaire. La révolution nationale est en marche avec ce régime nouveau qui adopte la devise « travail, famille, patrie », supprime les élections et rejette les juifs hors de la communauté nationale. La promulgation d’un statut spécial pour ces citoyens est faite dès octobre 1940 alors que le Maréchal organise la « collaboration » avec Hitler qu’il rencontre à la même date.

Au lendemain de l’occupation de la zone libre par les Allemands, en novembre 1942, Philippe Pétain n’est plus qu’un pantin au service du Reich. En encourageant la milice ou l’intégration de la Légion Française dans les rangs de la Wehrmacht son étoile pâlit auprès des populations occupées. Après le débarquement en Normandie il est transféré de force par les Allemands à Sigmaringen où il demeure jusqu’en avril 1945. A son retour, volontaire, en France, il est arrêté et traduit en Haute Cour de justice pour intelligence avec l’ennemi et trahison. Condamné le 15 août 1945 à la peine de mort, la sentence est commuée en détention perpétuelle. Il meurt à Port-Joinville dans l’île d’Yeu où il est assigné à résidence en juillet 1951.

Serge Bolloch

Illustration : Marc Daniau

Demain : Sacha Guitry

masculin
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Economiste britannique, né le 5 avril 1883 à Cambridge (Cambridgeshire), décédé à Firle (Sussex), à l’âge de 63 ans. Sa pensée économique influença de nombreux gouvernements notamment aux Etats-Unis où il inspira le New Deal. Il fut un des principaux artisans des accords de Bretton woods en 1944 qui créèrent la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI), deux institutions mondiales toujours en activité.

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Aviateur allemand, né le 2 mai 1892 à Breslau (Empire allemand aujourd’hui situé en Pologne sous le nom de Wroclaw), blessé mortellement lors d’un combat aérien au dessus de Vaux-sur-Somme (Somme), à l’âge de 25 ans. Surnommé le « Baron rouge », cet as de l’aviation allemande est crédité de 80 victoires homologuées, obtenues au détriment des aviateurs alliés. 

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Chanteuse afro-américaine, née le 21 mars 1933 à Tryon (Caroline du Nord), décédée à Carry-le-Rouet (Bouches-du-Rhône), à l’âge de 70 ans. Chanteuse de jazz (Little girl Blue en 1958), auteur de 34 albums, elle milita en faveur des droits civiques dans son pays avant de s’installer en France où elle était populaire.

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Philosophe et théologien français, né en 1079 près de Nantes, décédé à l’abbaye Saint-Marcel près de Châlons-sur-Saône, à l’âge de 62 ans. Auteur de nombreux ouvrages de théologie novateurs considérés comme hérétiques, enseignant célèbre au Moyen-âge, il entretint une liaison amoureuse avec Héloïse d’Argenteuil ce qui lui vaudra d’être émasculé par l’oncle de la jeune femme.

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Editeur de presse et homme politique français, né le 31 janvier 1920 à Vertou (Loire-Inférieure), décédé à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), à l’âge de 76 ans. Surnommé par ses détracteurs « le papivore » il fonda dans les années 1970 un groupe de presse qui contrôlait Le Figaro et ses suppléments hebdomadaires, une quinzaine de journaux régionaux (Le Midi Libre, Nord matin, Le Bien public, La Voix du Nord), des magazines (L’express), une chaîne de télé (La cinq).

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Officier supérieur allemand, né le 24 janvier 1891 à Genthin (Empire allemand), mort par suicide à Ratingen (troisième Reich), à l’âge de 54 ans. Farouche partisan d’Adolf Hitler qui le promu maréchal en mars 1944, il se suicida quand il apprit que les Soviétiques l’accusaient d’avoir participé à la mise à mort de 577 000 personnes dans les camps de concentrations et l’avaient inculpé pour crimes de guerre.

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