Ravachol

Il est décédé le 

Elle est décédée le

11 Juillet 1892

Militant anarchiste français, né le 14 octobre 1859 à Saint-Chamond (Loire), guillotiné à Montbrison (Loire), à l’âge de 32 ans. Auteur de plusieurs attentats à la bombe contre des magistrats notamment, il fut condamné à mort et guillotiné pour des crimes de droit commun. Après son exécution, il devint un mythe de la cause anarchiste.

François Claudius Koënigstein était le fils d’un ouvrier des forges d’Izieux d’origine hollandaise et d’une moulinière en soie. Homme violent, son père abandonna le domicile conjugal et retourna vivre dans son pays où il mourut quand le jeune garçon était âgé de 8 ans. Contraint d’effectuer de petits métiers (berger, mineur, cordier) pour faire vivre sa mère et ses trois frères et sœurs, François trouva un emploi dans une teinturerie industrielle à l’âge de 16 ans. Par haine de son père dont il ne voulait pas porter le nom, le jeune homme choisit de se faire appeler par le patronyme de sa mère Ravachol. Lecteur de plusieurs revues socialistes, il fréquenta un cercle d’étude sociale à Saint-Chamond où il se lia avec des anarchistes. Licencié de son entreprise en raison de ses activités syndicales, il ne réussit pas à retrouver du travail. Il survécut en jouant de l’accordéon dans des bals ou fêtes foraines. A l’occasion, il volait ou s’adonnait à de la contrebande d’alcool. Le 18 juin 1891, il dévalisa et assassina un vieil ermite de 93 ans à Chambles. Identifié, il tomba dans un piège tendu par la police le 27 juin mais réussit à s’enfuir. Il se réfugia à Barcelone où un ami anarchiste condamné par contumace l’hébergea. Il y apprit la fabrication des explosifs et rejoignit Paris sous une fausse identité.

 Dans la capitale, il sembla vouloir commencer une nouvelle vie. Mais bientôt le procès de trois anarchistes arrêtés le 1er mai 1891 lors d’une manifestation à Clichy mit en ébullition les milieux anarchistes. Ce jour-là, au terme du défilé pacifique, les policiers avaient tenté de s’emparer du drapeau rouge arboré par les protestataires. Une fusillade avait blessé légèrement des gardiens de la paix. Trois manifestants avaient été arrêtés et sévèrement passés à tabac. En août, les détenus se retrouvèrent aux assises. La presse donna un grand écho à l’affaire. La justice était décidée à faire un exemple. L’avocat général requit la peine de mort pour l’un des prévenus. Finalement, un des inculpés écopa de cinq ans de réclusion, un second fut condamné à trois ans et le dernier acquitté. Ravachol décida de venger les anarchistes en s’attaquant aux magistrats qui les avaient condamnés. Avec cinq complices, il déposa le 11 mars 1892 une bombe artisanale sur le palier de l’appartement du conseiller Benoît, président des assises lors de l’affaire de Clichy. L’explosion épargna le conseiller mais blessa une personne. Le 27 mars, Ravachol tenta de tuer un autre magistrat, le substitut Bulot. La bombe détruisit en partie l’immeuble. Les secours relevèrent sept blessés.

 Pour échapper à la police qui quadrillait la capitale, Ravachol se réfugia dans le restaurant Véry. Il noua une conversation avec un des serveurs Jules Lhérot. Croyant avoir affaire à un militant anarchiste, le poseur de bombes lui laissa entendre qu’il était l’auteur des attentats à la bombe dont la presse faisait ses gros titres. Trois jours plus tard, Ravachol revint dans l’établissement. Le serveur alerta la police qui arrêta le militant anarchiste.

Condamné pour des crimes de droit commun

 La justice agit promptement. Le 26 avril Ravachol et ses complices comparurent devant la cour d’Assises de la Seine. Le procès se déroula dans une ambiance d’hystérie. La veille, un complice de Ravachol toujours en fuite avait fait exploser une bombe dans le restaurant Véry avec l’objectif de tuer le serveur bavard. La bombe rata sa cible mais tua le patron de l’établissement et un client. Ravachol se comporta avec dignité. Il tenta de disculper ses complices, affirmant qu’il était le seul cerveau des attentats. Le tribunal le condamna à la réclusion à perpétuité. Un complice subit la même peine, les autres furent acquittés.

 Mais, la véritable identité de Ravachol était désormais connue. Il eut à répondre des crimes commis dans le département de la Loire avant son séjour parisien. Il comparut le 21 juin devant la Cour d’assises de Montbrison. On l’accusa de plusieurs crimes et délits dont la violation de la sépulture d’une baronne pour lui dérober ses bijoux, le meurtre de l’ermite de Chambles, celui d’un rentier à La Varizelle, l’assassinat de deux vieilles filles qui tenaient une quincaillerie à Saint-Etienne. Ravachol reconnut avoir tué l’ermite mais nia être l’auteur des autres crimes. Le tribunal le condamna à la peine de mort. A l’énoncé du verdict, Il cria « vive l’anarchie !». Il ajouta à l’adresse de ceux qui l’envoyaient à la mort : « Je souhaite que les jurés qui, en me condamnant à mort, viennent de jeter dans le désespoir ceux qui m'ont conservé leur affection, portent sur leur conscience le souvenir de leur sentence avec autant de légèreté et de courage que moi j'apporterai ma tête sous le couteau de la guillotine. »

 Il tint parole. Après le refus de la grâce présidentielle, l’échafaud fut dressé dans la cour de la prison de Montbrison. Ravachol y alla le 11 juin en chantant La Chanson du Père Duschene. Le bourreau Louis Deibler qui opérait avec une extrême lenteur contrairement à ses prédécesseurs, fit tomber le couperet. Les dernières paroles de Ravachol furent : « Vive la ré… ». La presse compléta la phrase en « Vive la république ! ». Probablement, la mort avait saisi Ravachol alors qu’il s’appétait à crier : « Vive la révolution sociale ! ».

 Ravachol devint le symbole de la révolte des prolétaires assassiné par l’Etat bourgeois. Il devint un mythe. Beaucoup de jeunes exaltés, scandalisés par la corruption de la Troisième République, devinrent des anarchistes, partisans de l’action directe. De nouveaux militants se levèrent et commirent des attentats contre les institutions et les symboles du gouvernement. La crise anarchiste atteignit son paroxysme avec l’attentat à la bombe contre la Chambre des députés perpétré par Auguste Vaillant le 9 décembre 1893 et avec l’assassinat du président de la République Sadi Carnot par Santo Caserio le 24 juin 1894. Les deux anarchistes furent également guillotinés.

J.-P.G.

Demain : Erasme

masculin
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