René Dumont

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Elle est décédée le

18 Juin 2001

Agronome français, né le 13 mars 1904 à Cambrai (Nord), décédé à Fontenay-sous-Bois (Val-de-Marne), à l’âge de 97 ans. Premier candidat écologiste à une élection présidentielle en 1974, il sensibilisa dès les années 1960 les français aux questions d’environnement et de développement durable.

Le grand public découvrit René Dumont à la télévision un soir du mois d’avril 1974. Candidat à l’élection présidentielle, l’ingénieur agronome expliqua aux téléspectateurs, à l’aide d’une pomme et d’un verre d’eau, les dangers que le pillage des ressources naturelles faisait courir à notre civilisation. Affublé de son éternel pull-over rouge, il montra comment notre mode de production nous conduisait droit dans le mur.

 René Dumont naquit dans une famille d’origine rurale et éduquée : son grand-père était un agriculteur, son père Rémy devint ingénieur agronome ; sa mère Véronique Busque était une enseignante et fut une des premières femmes agrégées de mathématiques. Ses parents défendaient des idées républicaines et laïques. Après de brillantes études au lycée, le jeune René suivit les traces de son père et réussit le concours d’entrée à l’Institut national agronomique (INA). Son diplôme en poche, il fut appelé sous les drapeaux pour effectuer son service militaire. Son tempérament rebelle et ses idées pacifistes, deux caractéristiques auxquelles la grande muette était rétive, lui valurent d’être harcelé par sa hiérarchie et de sombrer dans une profonde dépression, soignée à l’hôpital psychiatrique de Charenton. A sa sortie, il compléta sa formation d’ingénieur à l’Institut national d’agronomie coloniale.

 En 1929, il rejoignit son premier poste situé dans les rizières du Tonkin dans l’Indochine française. Une longue carrière d’ingénieur spécialisé dans l’agriculture tropicale commençait. Dans le cadre de ses recherches et expertises, il parcourut l’Asie puis l’Afrique (Congo, Cameroun, Tchad, Mali, Rwanda, Madagascar), les Amériques, l’Europe, cherchant à trouver des solutions pour éradiquer la famine. Inlassablement, il alerta les gouvernements, les décideurs politiques et économiques, et les organisations internationales sur les dangers de la Révolution verte, le remède étant plus nocif à la longue que la maladie. Il instruisit les Etats sur les périls que l’agriculture productiviste faisait courir à l’humanité.

 Il explicita ses analyses dans 70 essais et ouvrages savants publiés en cinquante ans de carrière. Quelques titres témoignent de ses préoccupations comme homme de sciences et aussi comme citoyen préoccupé par l’avenir du monde : Révolution dans les campagnes chinoises (1957), Terres vivantes, Voyages d’un agronome autour du monde (1961), Sovkhoz, Kolkhoz ou le problématique communiste (1964), Nous allons à la famine (1966), Paysannerie aux abois, Ceylan-Tunisie-Sénégal (1972), Finis les lendemains qui chantent (trois tomes, 1983). Dans L’Afrique noire est mal partie (1962) – son ouvrage le plus connu- il décrivit les handicaps qui minaient le continent. Cinquante ans après sa rédaction, son diagnostic reste encore d’actualité.

 Ces années-là, René Dumont prêcha presque toujours dans le désert. Les partis politiques traditionnels se défiaient de lui. Le modèle productiviste restait dominant dans la réalité économique mais aussi dans l’univers mental et culturel de la population et de ses représentants. Seules quelques associations (Les amis de la Terre) et des militants issus des mouvements de mai 1968, mais en rupture avec l’idéologie marxiste-léniniste (Pollution non, Journalistes-écrivains pour la nature et l’écologie), partageaient et popularisaient les idées et les analyses du vieil agronome. En 1973, dans L’utopie ou la mort, il lança un vrai cri d’alarme sur les dangers qui menaçaient notre environnement.

 Après la mort de Georges Pompidou le 2 avril 1974, plusieurs personnalités proposèrent à Charles Piaget, le leader du combat des ouvriers de Lipp, de se présenter à l’élection présidentielle convoquée pour les 5 et 19 mai. Le syndicaliste déclina la proposition. René Dumont que l’on sollicita accepta d’être le premier candidat écologiste à l’élection présidentielle. Le vote utile en faveur du candidat unique de la gauche François Mitterrand joua en sa défaveur. Malgré une campagne sérieuse et pédagogique, il obtint seulement 337 800 voix soit 1,32% des suffrages exprimés. Il se consola en constatant que ses idées progressaient et qu’il devançait des politiciens aguerris : Jean-Marie Le Pen (FN) obtint 190 921 voix (0,74% des suffrages exprimés), et Alain Krivine (LCR) à peine 93 900 (0,36%).

 Le mois suivant, les personnalités qui avaient soutenu René Dumont se réunirent en Assises à Montargis. Ils fondèrent le Mouvement d’écologique politique (MEP), scellant ainsi l’entrée de l’écologie dans la sphère politique. Les années suivantes, le Mouvement, ancêtre des Verts, participa aux élections municipales (1977), législatives (1978), européennes (1979), présidentielle (1981).

 René Dumont se retira de la vie politique active en 1974 même s’il soutint jusqu’à son dernier souffle les écologistes qui le considéraient comme leur père fondateur. Il participa à leur combat en continuant à publier ses réflexions en collaboration avec Charlottes Paquet : Les raisons de la colère (1987), Un monde intolérable, le libéralisme en question (1988), Misère ou chômage. Libéralisme ou démocratie (1994). En 1995, à l’âge de 91 ans, il lança un dernier cri : Ouvrez les yeux ! Le XXème siècle est mal parti.

Illustration : Marc Daniau

Demain : Coluche

masculin
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21 Mai 2016 - 5:08pm

Une vie, un portrait du jour

16 Juillet 2015

16 Juillet 1982

Une vie, un portrait du jour

16 Juillet 1997

Dora Maar

Photographe et artiste peintre française, née le 22 novembre 1907 à Paris, décédée dans la même ville, à l’âge de 90 ans. Auteure de nombreux portraits photographiques (Jean-Louis Barrault, Jean Cocteau, Paul Eluard, Léonor Fini), elle réalisa Portrait d’Ubu (1936) et un tableau baptisé Portrait de Pablo Picasso au miroir dont elle fut la muse et l’amante.

16 Juillet 1896

Edmond de Goncourt

Ecrivain et journaliste français, né le 26 mai 1822 à Nancy (Meurthe-et-Moselle), décédé à Champrosay (Essonne), à l’âge de 74 ans. Auteur de Renée Mauperin (1864) et du Journal des Goncourt (1854-1891), il proposa en 1892 la création de l’Académie Goncourt qui avait vocation à décerner chaque année un prix littéraire. Le cénacle littéraire vit le jour en 1900. Le premier lauréat fut en 1903 John-Antoine Nau pour Force ennemie

16 Juillet 1907

Eugène Poubelle

Préfet français, né le 15 avril 1831 à Caen (Calvados), décédé à Paris, à l’âge de 76 ans. Préfet de la Seine, il prit un arrêté qui obligeait les propriétaires d’immeubles parisiens à mettre à la disposition des locataires des récipients munis d’un couvercle ayant vocation à contenir les déchets ménagers. La population les baptisa "poubelles".

16 Juillet 1691

François Michel Le Tellier, marquis de Louvois

Homme d’Etat français, né le 18 janvier 1641 à Paris, décédé à Versailles, à l’âge de 50 ans. Secrétaire d’Etat à la guerre de 1662 à sa mort, il organisa des persécutions (les dragonnades) pour contraindre les protestants à se convertir au catholicisme.

16 Juillet 1985

Heinrich Böll

Ecrivain allemand, né le 21 décembre 1917 à Cologne (Rhénanie-Du-Nord-Westphalie), décédé à Kreuzau (Rhénanie-Du-Nord-Westphalie), à l’âge de 67 ans. Auteur de nouvelles, d’essais et de romans dont Portrait de groupe avec dames (1971) et L’honneur perdu de Katarina Blum (1974), il fut couronné du prix Nobel de littérature en 1972.

16 Juillet 1989

Herbert von Karajan

Chef d’orchestre autrichien, né le 5 avril 1908 à Salzbourg, décédé à Anif, à l’âge de 81 ans. Après avoir dirigé l’orchestre philarmonique de Berlin (1937), il fut nommé à la tête du festival de Salzbourg en 1956 et occupera cette fonction jusqu’en 1988.

16 Juillet 2014

Hervé Christiani

Auteur-compositeur et interprète français, né 8 novembre 1947 à Paris, décédé dans la même ville, à l’âge de 66 ans. Auteur en 1981 d’un tube Il est libre Max.

16 Juillet 2000

Pascale Audret

Actrice et chanteuse française, née le 12 octobre 1935 à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), décédée à Cressensac (Lot), à l’âge de 64 ans. Comédienne de théâtre (Journal d’Anne Frank, 1957), elle s’imposa également au cinéma (Le dialogue des Carmélites, 1960), la télévision (Splendeurs et misères des courtisanes, 1975) et la chanson (La môme Anita, 1969).

16 Juillet 1857

Pierre-Jean de Béranger

Chansonnier français, né le 19 août 1780 à Paris, décédé dans la même ville, à l’âge de 76 ans. Populaire à son époque, il composa plusieurs centaines de chansons dont Le vieux drapeau, Les souvenirs du peuple, Le juge de Charenton, Les ventrus.

Une vie, un portrait
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15 Juillet 1904

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