Richard Wagner

Il est décédé le 

Elle est décédée le

13 Février 1883

Compositeur allemand, né le 22 mai 1813 à Leipzig (Royaume de Saxe), décédé à Venise (Royaume d’Italie), à l’âge de 69 ans. Grande figure de la musique romantique allemande, il composa des drames lyriques et des opéras (Tannhäuser, Lohengrin, la Tétralogie, Tristan et Isolde) qui restent parmi les œuvres les plus jouées de nos jours. Son idéalisation des héros germaniques et scandinaves et son antisémitisme avéré conduisirent les nazis à s’approprier sa musique.

Antisémite

L’antisémitisme de Richard Wagner est attesté par de nombreux écrits. En 1850, il publia dans le magazine de musicologie allemande Neue Zeitschrift für Musik un essai intitulé Le judaïsme dans la musique dans lequel il laissait libre court à son antisémitisme, attaquant notamment les compositeurs allemands juifs comme Giacomo Meyerbeer et Felix Mendelssohn. En préambule, il nota que son essai avait pour objectif d’ « expliquer à nous-mêmes l'involontaire répugnance que nous avons à l'encontre de la nature et de la personnalité des juifs, ainsi que pour justifier ce dégoût instinctif que nous reconnaissons pleinement comme plus fort et plus irrésistible que notre zèle conscient de nous en délivrer ». Ecrivant que « les juifs sont des anomalies de la nature », leur prêtant « des voix grinçantes, couinantes et bourdonnantes », il jugeait que les artistes juifs étaient incapables de créer de la musique : « Aussi longtemps que l'art de la musique possédait en lui un véritable besoin vital organique […], on ne pouvait nulle part trouver de compositeur juif… Ce n'est que lors de la manifestation de la mort interne du corps que des éléments de l'extérieur gagnent la puissance de s'y loger, et tout simplement de le détruire. Alors, effectivement, la chair du corps se décompose en une colonie pullulante d'insectes : mais qui, en regardant ce corps, pourrait soutenir qu'il est toujours en vie ? ».

 Il poursuivit ses attaques contre les juifs en 1879 dans Qu’est ce qui est allemand ? dans lequel il affirmait que les juifs tiennent : « le travail intellectuel allemand entre leurs mains. Nous pouvons ainsi constater un odieux travestissement de l'esprit allemand, présenté aujourd'hui à ce peuple comme étant sa prétendue ressemblance. Il est à craindre qu'avant longtemps la nation prenne ce simulacre pour le reflet de son image. Alors, quelques-unes des plus belles dispositions de l'espèce humaine s'éteindraient, peut-être à tout jamais. » Ces propos enchantèrent les dirigeants nazis. Adolf Hitler fut un fervent admirateur de Richard Wagner dont il aimait écouter les œuvres au festival de Bayreuth où il se rendait chaque année comme en pèlerinage.

 A la décharge de Richard Wagner, il faut reconnaitre qu’en contradiction avec son antisémitisme affiché, il demanda au chef d’orchestre de confession juive Hermann Levi de diriger la première de Parsifal à Bayreuth en 1882.

A sa naissance, l’Europe était ravagée par les guerres napoléoniennes. Dernier-né d’une famille composée de sept enfants, il se trouva à l’âge de six mois orphelin de son père mort du typhus contracté lors de la bataille de Leipzig. Sa mère se remaria semble-t-il avec l’acteur Ludwig Geyer qui avait des ascendances juives. Richard porta le nom du compagnon de sa mère jusqu’à la mort de ce dernier en 1821. Pendant sa petite enfance il crut que Geyer était son père biologique. Plus tard, des caricaturistes se moqueront du musicien en affirmant qu’il était le fruit d’une relation adultérine de sa mère avec Geyer. Ils le surnommèrent « le grand rabbin de Bayreuth ». Le jeune Richard vécut une adolescence chaotique. La famille se déplaçait de ville en ville pour permettre à ses sœurs Rosalie et Louise d’exercer leur métier d’actrice et son frère ainé Albert de chanter sur les diverses scènes locales. De retour à Leipzig, son oncle Adolf Wagner supervisa sa formation intellectuelle. Passionné de musique, Richard prit des leçons d’’harmonie et étudia à l’université de Leipzig où il côtoya de nombreux musiciens dont Theodor Weinling qui devint son mentor.

 En 1833, il composa son premier opéra Les fées qui fut joué 50 ans plus tard. Sa nomination en 1834 au poste de directeur musical à l’opéra de Magdebourg lui permit d’épouser Minna Planner, une jeune cantatrice. Le couple rêvait de célébrité. Les débuts furent difficiles. L’échec en 1836 de son second opéra La Défense d’aimer poussa Richard Wagner à tenter sa chance à Königsberg puis à Riga. Criblé de dettes, poursuivi par des créanciers irascibles, il s’embarqua en 1838 à bord d’un navire de commerce avec l’intention de rejoindre Paris. Au large de la Norvège, une violente tempête faillit provoquer le naufrage de l’embarcation. L’événement inspira plus tard au compositeur l’écriture de l’opéra Le Vaisseau fantôme à Paris. Installé avec son épouse dans la capitale française, il y vécut pendant plusieurs années en réorchestrant les opéras créés par ses homologues et concurrents. Il y termina également la composition de Rienzi, le dernier des tribuns qui se déroulait dans la Rome médiévale, une ville alors déchirée par des rivalités entre deux familles de la noblesse. Présentée à Dresde en 1842, l’opéra remporta un grand succès public qui valut à Wagner d’occuper le poste de maître de chapelle de la cour royale de Saxe. En revanche, son Vaisseau fantôme en 1843 et Tannhäuser en 1845 furent ignorés. Le public lui préférait les symphonies de Ludwig van Beethoven. Cruauté supplémentaire, il fut chargé de diriger l’orchestre qui interprétait les œuvres de son défunt ainé. A la fin de chaque représentation, les spectateurs exprimaient leur enthousiasme à grands cris. Mais les applaudissements du public s’adressaient à son rival posthume.

Proscrit et contraint à l’exil en 1849

Le royaume de Saxe n’échappa pas à la vague révolutionnaire qui embrasa l’Europe en 1848. Proche des milieux libertaires, Richard Wagner participa en 1849 à l’insurrection provoquée par le refus du roi Frédéric-Auguste II d’adopter la nouvelle Constitution que le peuple lui avait présenté. Sa décision de dissoudre le parlement et de suspendre les libertés publiques mit le feu aux poudres. La ville se couvrit de barricades. L’armée saxonne aidée par des troupes venues de Prusse réprima dans le sang la révolte populaire. Des milliers de partisans du changement furent arrêtés. Un mandat d’arrêt fut émis contre Richard Wagner. Muni d’un faux passeport, le compositeur réussit à fuir à Paris avant de s’installer à Zurich en Suisse. Il y vécut pendant douze ans, vivant chichement de la publication d’ouvrages théoriques sur la musique dont : L’Art et la révolution, L’œuvre d’art de l’avenir dans lequel il défendait l’idée d’une « œuvre d’art totale », mêlant musique, chant, danse, poésie, théâtre, arts plastiques, Opéra et drame. Il publia également en 1850 dans une revue allemande un essai ouvertement antisémite (Lire ci-contre).

Un riche commerçant Otto von Wesendonck mit une petite maison à la disposition du couple. Richard Wagner tomba amoureux de l’épouse de son bienfaiteur, l’écrivaine Mathilde. La relation resta platonique. Elle stimula l’imagination du compositeur qui composa Tristan et Isolde et conduisit au départ de son épouse Minna qui avait intercepté une lettre enflammée. En 1859, Wagner retourna à Paris où il comptait faire reconnaitre son œuvre. Il fit jouer Tannhäuser. Dans la France du Second Empire, l’œuvre provoqua un scandale. Au bout de trois jours, elle fut retirée de l’affiche. Sans le sou, Richard Wagner parcourut l’Europe avec l’espoir de faire connaître son répertoire. Ses pérégrinations l’amenèrent jusqu’à Moscou.

De retour en Allemagne en 1861, il commença la composition des Maîtres chanteurs de Nuremberg. En 1864, l’accession au trône du royaume de Bavière du roi Louis II changea la vie de Wagner. Le jeune monarque connaissait et admirait l’œuvre du compositeur. Il l’invita à Munich, régla ses dettes et le finança. Sans doute était-il amoureux secrètement de l’artiste. La présentation de Tristan et Isolde en 1865 remporta un vif succès populaire et critique. Mais bientôt la cour se déchaina contre le compositeur quand il s’afficha aux côtés de sa maitresse Cosima von Bülow, l’épouse du chef d’orchestre Hans von Bülow et la fille de Franz Liszt, de vingt-quatre ans sa cadette. Une fille naquit de leurs amours en 1865. Louis II céda à contrecœur aux pressions de son entourage et demanda à Richard Wagner de quitter la Bavière.

La Tétralogie à Bayreuth

Le compositeur s’installa à Tribschen en Suisse tout en gardant des contacts avec le roi de Bavière. Après la mort de Minna en 1866, Il épousa en 1870 Cosima qui venait d’obtenir le divorce. Elle enfanta encore deux enfants, Eva et Siegfried, du nom de l’opéra qu’il composait. Il mit la dernière main à la Tétralogie ou Anneau de Nibelung, commencée en 1849 et terminée en 1876. Composée de quatre opéras (L’or du Rhin, La Walkyrie, Siegfried, Le Crépuscule des Dieux), joué par 134 musiciens, l’œuvre romantique par excellence, inspirée de la mythologie germanique et nordique durait 15 heures. A la demande de Louis II et contre la volonté de Richard Wagner, L’or du Rhin et La Walkyrie furent créées séparément en 1869 et en 1870. La première présentation complète dans le palais des festivals de Bayreuth (Bavière) que Richard Wagner avait fait bâtir eut lieu enfin du 13 au 17 août 1876, en présence de l’empereur d’Allemagne Guillaume 1er, de l’empereur du Brésil Pierre II, du roi Louis II de Bavière venu incognito et d’une foule de compositeur et de personnalités de la politique, de la finance et de la culture. L’œuvre en elle-même autant que le premier festival de Bayreuth marqua les esprits de l’époque mais se termina par un fiasco financier. Il fallut attendre 1882 pour assister à une seconde édition, à l’occasion de la création de Parsifal. Après la dernière représentation, Richard Wagner malade du cœur décida de passer l’hiver en famille à Venise. Il s’éteignit dans le cadre majestueux de la Cité des doges. Après son décès, l’Opéra de Bayreuth devint le haut-lieu du wagnérisme à l’initiative de son épouse Cosima. Dix des quatorze opéras créés par Wagner y sont encore joués chaque année.

J.-P.G.

Demain : Geneviève de Gaulle-Anthonioz

masculin
Google news Référence: 
691
21 Novembre 2017 - 1:40pm

Une vie, un portrait du jour

19 Juillet 2005

19 Juillet 1992

Une vie, un portrait du jour

19 Juillet 2010

Cécile Aubry

Romancière et réalisatrice de télévision, née le 3 août 1928 à Paris, décédée à Dourdan (Essonne), à l’âge de 81 ans. Actrice (Manon, 1949 d’Henri-Georges Clouzot), romancière (la série Poly, 1964-1982, Belle et Sébastien, 1966), réalisatrice à la télévision (Belle et Sébastien, 30 épisodes de 1965 à 1970).

19 Juillet 1374

Pétrarque (Francesco Petrarca)

Poète italien, né le 20 juillet 1304 à Arezzo (Toscane), décédé à Arquà Petrarca (Vénétie), à l’âge de 70 ans. Un des pères de la langue italienne sous la Renaissance, il composa Le Canzoniere, un recueil de 366 poèmes dédiés à Laure, une jeune fille aperçue dans une église en Avignon. Auteur également des Triomphes.

19 Juillet 1965

Syngman Rhee

Homme politique coréen, né le 26 mars 1875 à Haeju (Royaume de Corée), décédé à Honolulu (Etats-Unis), à l’âge de 90 ans. Il fut le premier président de la République de Corée (Corée du sud) de juillet 1948 à avril 1960, date à laquelle il démissionna et partit en exil à Hawaï à la suite de manifestations populaires.