Salvador Allende

Il est décédé le 

Elle est décédée le

11 Septembre 1973

Homme d’Etat chilien, né le 26 juin 1908 à Tacna (Pérou), mort par suicide à Santiago du Chili, à l’âge de 65 ans. Membre du parti socialiste, il fut élu président de la République et forma un gouvernement de gauche violemment contesté par les partis de droite. Il fut renversé par un coup d’Etat militaire. Assiégé dans le palais présidentiel, il préféra mettre fin à ses jours plutôt que de tomber entre les mains des soldats de Pinochet.

Le 12 septembre 1973 un seul titre s’affiche à la « Une » du journal Le Monde : « Le putsch militaire au Chili ». Un seul titre accompagné d’un éditorial du directeur Jacques Fauvet intitulé : Drames et d’une annonce « La mort du président Salvador Allende se confirme ». Un président, élu au suffrage universel, est attaqué dans son palais par des militaires rebelles et il choisit de se battre. Mais, face à la mitraille des chasseurs bombardiers et aux tirs des tanks, il ne peut résister et choisit de se suicider en se tirant une balle dans la bouche.

 Issue d’une famille de libres penseurs, dont les ancêtres basques sont arrivés au Chili au XVIIème siècle, le petit Salvador Allende Gossens nait le 26 juillet 1908 à Tacna, aujourd’hui ville Péruvienne, où son père exerce la fonction d’avocat. Suivant les différentes promotions du chef de famille, Salvador étudie à Tacna, Valdivia et Valparaiso avant d’intégrer l'université du Chili où il choisit de faire médecine, après avoir longtemps hésité à s'orienter vers le droit. Un temps sensible à l’idée de s’établir comme médecin de campagne il abandonne le projet lorsqu’il devient vice-président des étudiants de Santiago et découvre, lors de ses premières expériences d’élève praticien, la misère des habitants des bidonvilles de la capitale. Il fait connaissance avec la réalité sociale de son pays, ce qui renforce chez ce lecteur de Marx et de Lénine la volonté d’agir politiquement.

 En 1933, il participe à la fondation du Parti socialiste du Chili dont il organise la section de sa ville natale. Il restera durant toute sa vie membre de ce parti. Deux ans plus tard, il adhère à la franc-maçonnerie. Son activité militante le fait repérer par les autorités. Arrêté et emprisonné à deux reprises, chassé de l’université, contraint de travailler comme assistant d’un dentiste puis comme médecin dans un asile d’aliénés, il garde de ces épreuves une conviction profonde qu’il va tenter de mettre en pratique toute sa vie : la nécessité de venir en aide aux plus démunis.

 Responsable socialiste à Valparaiso, il termine ses études et devient membre du directoire national de l’organisation médicale du Chili. Elu député, il devient en 1938 le directeur de la campagne présidentielle de Pedro Aguirre Cerda, le premier président de Front populaire au Chili. Il abandonne alors ses fonctions de parlementaire pour rejoindre, à trente et un ans, le gouvernement de ce nouveau président en tant que ministre de la Santé. Sénateur depuis 1945, vice-président de l’assemblée, il est désigné comme candidat du Front populaire à l’élection présidentielle en 1952. Il obtient seulement 5,45 % des suffrages. Il va être de nouveau candidat en 1958 et 1964 contre le démocrate-chrétien Eduardo Frei Montalva qui est élu.

 Mais en 1970, changement de majorité. Cette fois, à la surprise des observateurs, le 4 septembre, le socialiste Allende devance (seulement de quarante mille voix sur quelques trois millions) une droite divisée entre démocrates-chrétiens et conservateurs du Parti national. Pour tenter d’éviter qu’un socialiste n’obtienne l’investiture indispensable des deux Chambres, un premier putsch a lieu le 22 octobre. Mais c’est un échec et Allende peut s’installer à la présidence le 4 novembre, déjouant ainsi les plans de la CIA. Au cours des trois années agitées du gouvernement d’Unité populaire, les Etats Unis du président Richard Nixon vont multiplier les incidents pour chasser les « marxistes » : sabotage économique, refus de tout crédit de financement, manipulation des cours du cuivre, refus de vente de pièces détachées…

 À la tête d'une coalition hétéroclite qui va des radicaux centristes à l'extrême-gauche révolutionnaire, Salvador Allende voit se dresser en face de lui une droite qui réunit la bourgeoisie, appuyée par une presse efficace, mais aussi une fraction des classes populaires victimes des désordres économiques. A la Moneda, le palais présidentiel, le chef de l’Etat a conservé son sang-froid à travers la succession de crises chaque fois plus graves les unes que les autres. « Je crois au vote, et non au fusil » répète sans cesse l’homme qui doit affronter à la fois les défis armés des extrémistes de droite et les mises en demeure catégoriques d’extrémistes de gauche responsables d’occupations illégales d’usines ou de propriétés agricoles.

 Le 23 août 1973, découragé, le général Carlos Prats, fidèle soutien du gouvernement, remet sa démission et le président appelle Augusto Pinochet (58 ans) à le remplacer à la tête de l'armée de terre. Il ne voit plus d'autre issue que celle d’un référendum mais on ne lui laisse pas le temps de l'organiser. Deux semaines plus tard, les commandants de l'armée de l'air et de la marine décident de mettre un terme à l'expérience socialiste et persuadent le général Pinochet de se joindre à la junte.

 Le matin du 11 septembre 1973, des unités de la marine neutralisent le port de Valparaiso. Peu après, à Santiago du Chili, des soldats attaquent le palais présidentiel, construit en 1806. Réfugié à l’intérieur avec quelques fidèles, Salvador Allende prend congé dans un dernier message : « Compatriotes, je vous dis au revoir… Que l’on sache qu’il y a des hommes qui savent remplir les charges qu’ils ont reçues… je ne renoncerai pas… je paierai de ma vie la loyauté envers le peuple… ».

Serge Bolloch

Illustration : Marc Daniau

Demain : Claude Chabrol

masculin
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Ecrivain français, né le 10 août 1900 à Paris, décédé par suicide dans la même ville à l’âge de 34 ans. Ecrivain surréaliste (Etes-vous fou ? 1929, Les pieds dans le plat, 1933), il mit fin à ses jours quand il apprit qu’il souffrait d’une tuberculose.

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