Simone de Beauvoir

Il est décédé le 

Elle est décédée le

14 Avril 1986

Philosophe et romancière française, née le 9 janvier 1908 à Paris, décédée dans la même ville, à l’âge de 76 ans. Figure emblématique avec son compagnon Jean-Paul Sartre de la vie intellectuelle de l’après-guerre, elle est l’auteure de plusieurs essais majeurs dont Le Deuxième sexe (1949), de romans dont Les Mandarins (1954) et de récits autobiographiques comme La Force de l’âge (1960) et La Cérémonie des adieux (1981). A l’origine du féminisme mondial dans les années 1970, elle écrivit : « On ne naît pas femme : on le devient.

Née dans une famille bourgeoise appauvrie par la banqueroute du grand-père maternel, banquier dans la Meuse, Simone Lucie Ernestine Marie Bertrand de Beauvoir suivit une éducation soignée. Son père, un avocat intermittent qui aux plaidoiries dans les prétoires préférait les textes déclamés en amateur sur les scènes des théâtres, lui donna le gout de la littérature. Féministe sans le savoir, celui qui dilapida la dot de son épouse poussa Simone et sa sœur Hélène à étudier, seul moyen selon lui pour une femme de s’élever dans la société. A quinze ans, la jeune adolescente précoce et studieuse choisit de devenir un écrivain. Après l’obtention du baccalauréat en 1925, elle entama des études supérieures dans les établissements universitaires de Paris. Elle rencontra en 1927 Jean-Paul Sartre, « un génie » qui devint son « amour nécessaire » dont elle partagea la vie jusqu’à la mort, malgré des « amours contingentes », assumées par chacun. En 1929, elle passa le concours d’agrégation de philosophie. Elle se classa deuxième, derrière son compagnon Jean-Paul Sartre, qui l’avait surnommé Castor. Tous deux décidèrent de devenir enseignants

 En 1931, Jean-Paul Sartre apprit en même temps sa nomination dans un lycée du Havre et celle de Simone de Beauvoir dans un établissement marseillais. Sartre proposa le mariage à sa compagne. Simone refusa, expliquant dans La Force de l’âge que « pas un instant je ne fus tentée de donner suite à sa suggestion. Le mariage multiplie par deux les obligations familiales et toutes les corvées sociales. En modifiant nos rapports avec autrui, il eût fatalement altéré ceux qui existaient entre nous. ». Finalement, le couple fut muté à Paris en 1936. Simone enseigna au lycée Molière. Ses relations amoureuses avec ses élèves Bianca Bienenfeld, future philosophe et Olga Kosakietwicz provoquèrent son renvoi. Pendant la seconde guerre mondiale, elle s’inquiéta pour Sartre qui avait été mobilisé et fait prisonnier. Elle le retrouva en mars 1941, après sa libération pour raison de santé ou à la suite d’une intervention de l’écrivain collaborateur Drieu la Rochelle. Sartre trouva un emploi au lycée Condorcet. Simone de Beauvoir rédigea un premier roman refusé. Son second livre intitulé L’invité, librement inspiré du ménage à trois qu’elle forma avec Sartre et Olga, fut bien reçu par le public et les critiques. Elle y gagna une réputation sulfureuse qui lui valut d’être exclue en 1943 de l’Education nationale, au prétexte qu’elle aurait eu des relations intimes avec une élève, une accusation infondée.

Après la Libération Sartre et de Beauvoir fondèrent la revue de gauche Les Temps modernes, avec dans le comité éditorial Raymond Aron, Maurice Merleau-Ponty, Jean Paulhan, Albert Ollivier, Michel Leiris. Deux grandes figures de la littérature et de la résistance déclinèrent l’offre de se joindre au cénacle : Albert Camus et André Malraux. En 1944 et 1945, Simone de Beauvoir, publia coup sur coup un essai Pyrrhus et Cinéas, une réflexion sur la vanité des actions des hommes, et un roman Les Sang des autres où deux jeunes gens hésitaient à choisir entre l’engagement dans la résistance ou la participation à la collaboration. Décidée à vivre de la littérature, elle démissionna de l’enseignement. En 1946, elle publia un nouveau roman Tous les hommes son mortels.

La révolution du Deuxième sexe

En 1949, Simone de Beauvoir lança sur le monde machiste de l’époque une bombe, Le Deuxième sexe, une étude exhaustive et totalisante sur la condition des femmes. L’essai abordait la question sous l’angle de la biologie, du social, du culturel, du politique, du religieux. Il fut considéré en son temps comme un manifeste féministe. Il influença des générations de femmes mais déchaina les foudres des certains hommes révoltés à l’idée qu’une femme pût prendre la plume pour évoquer sa condition et celles des autres femmes. Dans ses Mémoires d’une fille rangée (1958), l’auteure reconnut avoir reçu des lettres d’insultes : « nymphomane », « frigide », « mal baisée », « lesbienne ». Le romancier François Mauriac qu’on avait connu plus inspiré déclara à un collaborateur des Temps Modernes : « J’ai tout appris sur le vagin de votre patronne ». Traduit dans plusieurs langues dont l’anglais, le livre devint la Bible des féministes américaines et inspira plusieurs théoriciennes du Women’s Lib. Elle affirmait notamment le droit à l’avortement, considéré alors comme un homicide, et jugeait le mariage comme une institution bourgeoise qui transformait les femmes en prostituées dès lors qu’elles ne pouvaient échapper à l’emprise de leurs maris. Un millions d’exemplaires furent vendues en quelques semaines. Aujourd’hui certains arguments difficiles à comprendre hors du contexte historique dans le lequel ils ont été formulés paraissent dépassés. Néanmoins, l’ouvrage reste d’une modernité étonnante. Il a libéré les femmes de la fatalité de leur statut soi-disant inné qui les maintenait dans un état d’infériorité. Les moins convaincu(e)s reconnaissent la justesse de ce constat : « On ne naît pas femme, on le devient ».

 En 1954, elle revint au roman avec Les Mandarins, un roman à clef autobiographique dont l’intrigue se situait au lendemain de la seconde guerre mondiale et mettait en scène des intellectuels qui tentaient d’inventer un avenir pour leur pays. A travers, les personnages fictifs, on pouvait reconnaitre Jean-Paul Sartre, Camus et d’autres protagonistes du monde littéraire de l’époque. Dédié à l’écrivain communiste américain Nelson Algren, amant de Simone de Beauvoir, le livre fut couronné du prix Goncourt. La parution des Mandarins coïncida avec la fin de sa liaison avec Algren. La romancière noua une relation amoureuse avec Claude Lanzmann – futur cinéaste auteur de Shoah - qui dura sept ans. En 1958, Simone de Beauvoir entama l’écriture de plusieurs récits autobiographiques qui déroulaient sa vie, de sa naissance au moment présent : Mémoires d’une jeune fille rangée (1958) traitait de son enfance et de son adolescence ; La Force de l’âge (1960) évoquait sa vie avec Sartre jusqu’à la Libération ; La Force des choses (1963) rappelait ses rencontres, ses lectures, ses voyages ; Une Mort très douce (1964) décrivait les derniers jours de la vie de sa mère, entre acharnement thérapeutique et question de l’euthanasie.

 Au lendemain des événements de mai et juin 1968, Simone de Beauvoir qui avait été la « mère spirituelle » des féministes devint une militante active de l’émancipation des femmes. En 1971, elle rédigea le « Manifeste des 343 » françaises qui reconnaissaient avoir recouru à l’avortement. Le texte publié le 5 avril 1971 dans Le Nouvel Observateur affirmait : « Un million de femmes se font avorter chaque année en France. Elles le font dans des conditions dangereuses en raison de la clandestinité à laquelle elles sont condamnées, alors que cette opération, pratiquée sous contrôle médical, est des plus simples. On fait le silence sur ces millions de femmes. Je déclare que je suis l'une d'elles. Je déclare avoir avorté. De même que nous réclamons le libre accès aux moyens anticonceptionnels, nous réclamons l'avortement libre. » Cette même année, elle fonda avec l’avocate Gisèle Halimi le mouvement Choisir la cause des femmes qui joua un rôle essentiel d’abord dans la lutte en faveur de la dépénalisation de l’avortement et ensuite dans le vote de la loi de 1975 sur l’Interruption volontaire de grossesse (IVG). En 1979, Simone de Beauvoir publia son dernier roman Quand prime le spirituel, un recueil de nouvelles.

La Cérémonie des adieux

Le 15 avril 1980, Jean-Paul Sartre son compagnon d’un demi-siècle s’éteignit des suites d’un œdème pulmonaire. Les observateurs évaluèrent à 100 000 le nombre de personnes qui suivirent son cortège funéraire dans les rues de Paris, le jour de son enterrement. Seul Victor Hugo, un siècle plus tôt, avait reçu un hommage comparable du peuple parisien. L’année suivante, elle publia La Cérémonie des adieux dans lequel elle décrivit les dix dernières années de la vie de Sartre. Les détails crus sur l’intimité, la maladie et l’altération des facultés intellectuelle du philosophe de l’existentialisme choquèrent ses disciples. Elle s’insurgea également sur l’influence qu’exerça son secrétaire Pierre Victor/Benny Levy « passé de Mao à Moïse ». A son contact, un Sartre diminué aurait pris ses distances avec l’athéisme. Une évolution qu’elle récusait. Elle conclut : « Sa mort nous sépare. Ma mort ne nous réunira pas. C'est ainsi ; il est déjà beau que nos vies aient pu si longtemps s'accorder. »

 Elle vécut les dernières années de sa vie dans l’appartement qu’elle occupait depuis 1955 rue Victor-Schœlcher, entouré de sa fille adoptive Sylvie le Bon et de Claude Lanzmann. Elle a été enterrée au cimetière du Montparnasse aux côtés de Jean-Paul Sartre.

J.-P.G.

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Homme politique haïtien, né le 14 avril 1907 à Port-au-Prince, décédé dans la même ville, à l’âge de 64 ans. Surnommé « Papa Doc », une référence à son métier de médecin, il fut élu président de la République le 22 octobre 1957. Soutenu par une milice paramilitaire (les tontons macoutes), il se proclama « président à vie » et régna par la terreur jusqu’à son décès des suites d’une maladie.

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Economiste britannique, né le 5 avril 1883 à Cambridge (Cambridgeshire), décédé à Firle (Sussex), à l’âge de 63 ans. Sa pensée économique influença de nombreux gouvernements notamment aux Etats-Unis où il inspira le New Deal. Il fut un des principaux artisans des accords de Bretton woods en 1944 qui créèrent la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI), deux institutions mondiales toujours en activité.

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Manfred von Richthofen

Aviateur allemand, né le 2 mai 1892 à Breslau (Empire allemand aujourd’hui situé en Pologne sous le nom de Wroclaw), blessé mortellement lors d’un combat aérien au dessus de Vaux-sur-Somme (Somme), à l’âge de 25 ans. Surnommé le « Baron rouge », cet as de l’aviation allemande est crédité de 80 victoires homologuées, obtenues au détriment des aviateurs alliés. 

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Ecrivain américain, né le 21 avril 1910 à Florida (Missouri), décédé à Redding (Connecticut), à l’âge de 74 ans. Auteurs de romans, de contes et de récits de voyage, il devint célèbre avec son ouvrage Les aventure des Tom Sawyer (1876).

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Chanteuse afro-américaine, née le 21 mars 1933 à Tryon (Caroline du Nord), décédée à Carry-le-Rouet (Bouches-du-Rhône), à l’âge de 70 ans. Chanteuse de jazz (Little girl Blue en 1958), auteur de 34 albums, elle milita en faveur des droits civiques dans son pays avant de s’installer en France où elle était populaire.

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Pierre Abélard

Philosophe et théologien français, né en 1079 près de Nantes, décédé à l’abbaye Saint-Marcel près de Châlons-sur-Saône, à l’âge de 62 ans. Auteur de nombreux ouvrages de théologie novateurs considérés comme hérétiques, enseignant célèbre au Moyen-âge, il entretint une liaison amoureuse avec Héloïse d’Argenteuil ce qui lui vaudra d’être émasculé par l’oncle de la jeune femme.

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Robert Hersant

Editeur de presse et homme politique français, né le 31 janvier 1920 à Vertou (Loire-Inférieure), décédé à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), à l’âge de 76 ans. Surnommé par ses détracteurs « le papivore » il fonda dans les années 1970 un groupe de presse qui contrôlait Le Figaro et ses suppléments hebdomadaires, une quinzaine de journaux régionaux (Le Midi Libre, Nord matin, Le Bien public, La Voix du Nord), des magazines (L’express), une chaîne de télé (La cinq).

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Officier supérieur allemand, né le 24 janvier 1891 à Genthin (Empire allemand), mort par suicide à Ratingen (troisième Reich), à l’âge de 54 ans. Farouche partisan d’Adolf Hitler qui le promu maréchal en mars 1944, il se suicida quand il apprit que les Soviétiques l’accusaient d’avoir participé à la mise à mort de 577 000 personnes dans les camps de concentrations et l’avaient inculpé pour crimes de guerre.

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