Sun Yat-sen

Il est décédé le 

Elle est décédée le

12 Mars 1925

Révolutionnaire et homme politique chinois, né le 12 novembre 1866 à Zhongshan (Empire de Chine), décédé à Pékin (République de Chine), à l’âge de 58 ans. Ephémère premier président de la République en 1912, il lutta dans les années 1920 contre les seigneurs de la guerre qui se partageaient le pays. Considéré comme le père de la Chine moderne, il fonda le Kuomintang qui collabora des communistes avant de les combattre dans les années 1930.

Né au sein d’une famille de paysans aisés, il vécut son enfance avec un de ses frères, un commerçant prospère qui avait fait fortune à Honolulu (Hawaï) où il avait émigré. Après de brillantes études, Sun Yat-sen obtint un diplôme de médecine à Hong-Kong. Séduit par la culture occidentale et converti au christianisme, le jeune homme souffrait de voir son pays soumis à la domination étrangère et d’être gouverné par la dynastie impériale des Qing, notoirement incompétente et corrompue. Il jugeait que le régime hérité du passé ne parviendrait jamais à faire entrer la Chine dans la modernité. Rallié aux idées républicaines, il élabora une doctrine politique adaptée à son pays qu’il baptisa plus tard « les trois principes du peuple » : la démocratie libérale, le nationalisme et la justice sociale. En 1895, il fomenta un coup d’Etat qui échoua faute de préparation. Pour échapper à la prison et sans doute à la mort, il s’exila en Europe, aux Etats-Unis et au Japon où il vécut grâce à l’aide de la diaspora chinoise. Sa popularité grandit dans les milieux révolutionnaires qui se rassemblèrent autour de son programme : « chasser les étrangers qui occupaient le pays ou le dominaient économiquement, restaurer l’unité de la Chine, distribuer les terres aux paysans pauvres ».

Une Chine soumise aux puissances étrangères

La Chine était alors « l’homme malade » de l’Asie. Vaincu par le Japon lors de la guerre de 1894-1895, le pays avait cédé à son puissant voisin insulaire la Corée, Formose, les iles Pescadores et la péninsule le Liandong. Les puissances européennes crurent venu le temps du dépeçage de la Chine à leur profit. La Russie s’empara de Port-Arthur, la France planta son drapeau à Guang-zhou, l’Allemagne s’empara de deux comptoirs et l’Angleterre s’installa à Weihaiwei. L’impératrice Cixi finança des mouvements clandestins pour chasser les étrangers de son pays. En 1900, la secte des Boxers assassina l’ambassadeur d’Allemagne et ses militants assiégèrent les enclaves occidentales dans le pays. Pour dégager les légations, les européens organisèrent une expédition militaire internationale. Elle vint facilement à bout des insurgés chinois. L’impératrice signa sous la contrainte un humiliant traité. Elle s’engageait à verser à ses occupants une indemnité de 1,7 milliard de franc, une somme énorme à l’époque.

 En 1908, la mort de l’impératrice porta au trône un enfant de trois ans Pu Yi. Son père assura la régence. Il renvoya les ministres réformateurs qui avaient entrepris de moderniser le pays et rappela la vieille garde incompétente. A Wuchang, dans le sud du pays, de jeunes révolutionnaires influencés par les idées de Sun Yat-sen se révoltèrent et s’emparèrent du pouvoir. Le mouvement s’étendit bientôt à quatorze des dix-huit provinces chinoises. Le 14 décembre 1911, les révolutionnaires proclamèrent l’instauration d’un gouvernement républicain provisoire. Ils demandèrent à Sun Yat-sen de rentrer au pays au plus vite pour occuper la fonction de président de la République. Sun débarqua à Shanghai le 25 décembre. Le 30 décembre, une Assemblée nationale réunie à Nankin le nomma président de la République. La dynastie Qing des Mandchous s’écroula. Le jeune empereur abdiqua le 12 février 1912 sous la pression de Yuan Shikai, un des chefs de l’armée. Fondée deux mille ans plus tôt, le régime impérial disparut. Yuan Shikai contesta à Sun Yat-sen le titre de président. Il se fit également élire président à Pékin par une assemblée à sa botte. Pour ne pas compromettre l’union nationale, Sun accepta de s’effacer devant son rival pékinois en échange de la désignation de Nankin comme capitale du pays. L’année suivante, le Kuomintang, un parti nationaliste, démocrate et socialiste modéré fondé par Sun Yat-sen remporta les élections législatives. Le président Yuan refusa de reconnaitre les résultats. Il fit assassiner le chef du parti à Pékin et renvoya le Parlement qu’il remplaça par une commission composée de membres désignés par lui-même. Pour échapper à la mort Sun s’enfuit au Japon.

La lutte pour l’unité du pays

De retour en Chine en 1917 à la mort de Yuan Shikai, il mena la lutte contre les seigneurs de la guerre qui se partageaient le pouvoir à Pékin. Le pays était divisé en deux. Au nord, les chefs militaires se combattaient pour la conquête du pouvoir tout en préparant l’invasion du sud du pays tombé aux mains des révolutionnaires du Kuomintang. Depuis canton où il gouvernait avec le tire de président, Sun Yat-sen exerçait en effet son autorité sur les provinces méridionales. Avec l’aide militaire des Soviétiques, Sun fonda une armée qui devait reconquérir le nord dominé par les seigneurs de la guerre. Débarrassé de leur tutelle sanglante, le pays serait réunifié. Il nomma un jeune homme brillant au poste de chef de l’armée Tchang Kaï-chek. Le Kuomintang prit également une orientation anti-impérialiste. Il réclamait l’abolition des « traités inégaux » territoriaux et économiques, signés par les empereurs avec les Occidentaux les décennies précédentes. Pour atteindre ces objectifs ambitieux, Sun s’allia avec le jeune parti communiste chinois en pleine croissance qui attirait la jeunesse intellectuelle et le peuple des campagnes, séduit par les promesses de réforme agraire et de partage des terres. La maladie l’empêcha de réaliser son plan.

 Atteint d’un cancer, Sun savait sa fin prochaine. La veille de sa mort, il rendit public un message dans lequel il appelait les nationalistes du Kuomintang et les communistes à poursuivre leur collaboration pour le bien de la Chine et de son peuple. La coopération économique et militaire entre les deux partis révolutionnaires dura encore deux ans. En 1927, les ambitions personnelles des nouveaux dirigeants et les contradictions programmatiques provoquèrent un conflit entre les deux mouvements. Une guerre de vingt-deux ans opposa alors le Kuomintang de Tchang Kaï-chek au parti communiste de Mao Zedong.

J.-P.G.

Demain : Louison Bobet

masculin
Google news Référence: 
506
28 Décembre 2017 - 11:11am

Une vie, un portrait du jour

24 Mai 1941

24 Mai 1974

24 Mai 1543

Une vie, un portrait du jour

24 Mai 2006

Claude Piéplu

Acteur et comédien français, né le 9 mai 1923 à Paris, décédé dans la même ville, à l’âge de 83 ans. Talentueux et pleins d’humour, abonné aux seconds rôles au cinéma, il occupa le haut de l’affiche au théâtre. Artiste populaire aimé du public, il apparut dans nombre de téléfilms. Il fut la voix du célèbre et controversé dessin animé Les Shadoks présentés sur le petit écran en 1968 et 1969.

24 Mai 1995

Harold Wilson

Homme d’Etat britannique, né le 11 mars 1916 à Huddersfield (Yorkshire), décédé à Londres, à l’âge de 79 ans. Leader du parti travailliste, il occupa la fonction de premier ministre de 1964 à 1970.

24 Mai 1948

Jacques Feyder

Cinéaste français d’origine belge, né le 21 juillet 1885 à Ixelles (Belgique), décédé à Prangins (Suisse), à l’âge de 62 ans. Il réalisa une trentaine de courts et longs métrages dont L’Atlantide (1921), Thérèse Raquin (1921) et La kermesse héroïque (1935). 

Une vie, un portrait
des jours précédents

23 Mai 2013

23 Mai 1992

23 Mai 2017

22 Mai 1001

22 Mai 1910