Vincent Auriol

Il est décédé le 

Elle est décédée le

1 Janvier 1966

Homme d’Etat français, né le 27 août 1884 né à Revel (Haute-Garonne), décédé à Paris, à l’âge de 81 ans. Militant socialiste, député de la Haute-Garonne pendant près de trente ans, ministre sous le Front populaire, il fit partie des 80 parlementaires qui refusèrent de voter les pleins pouvoirs au maréchal Pétain le 10 juillet 1940. Figure de la résistance socialiste, il fut président de la République française de janvier 1947 à janvier 1954.

Fils unique d’un boulanger et d’une mère au foyer, Vincent Auriol perdit son œil gauche à l’âge de 10 ans en jouant avec un pistolet à amorces. Après de brillantes études de droit à la faculté de Toulouse, il revêtit la robe d’avocat. Inscrit dès 1905 à la Section française de l’internationale socialiste (SFIO), il mit son grand talent oratoire au service des ouvriers et des grévistes. Avec des camarades, il cofonda en 1908 le journal Midi Socialiste qui se développa rapidement et essaima dans le Languedoc-Roussillon, l’Auvergne et le Limousin. En 1912, il épousa Michelle Aucouturier, la fille de Michel Aucouturier, le charismatique leader ouvrier de la verrerie de Carmaux. Jean Jaurès favorisa la carrière de Vincent Auriol. En mai 1914, le jeune avocat ambieiux se présenta à l’élection législative du Muret. Elu brillamment, il « monta » à paris où il se lia avec Léon Blum. Après l’assassinat de son ami Jean Jaurès le 31 juillet 1914, il soutint la participation des socialistes aux côtés de la droite dans le gouvernement d’ « Union sacrée » pendant la Grande guerre. Réélu député en 1918, il participa au Congrès de Tours qui aboutit en 1920 à la scission de la SFIO. Les partisans de l’adhésion à la troisième internationale, fondée par les communistes au pouvoir en Russie fondèrent la Section française de l’internationale communiste (SFIC), l’ancêtre direct du parti communiste. Vincent Auriol choisit avec les minoritaires de rester dans l’ancienne maison » socialiste. Spécialiste des questions financières dont il devint un expert, il fut élu président de la Commission des finances de l’Assemblée nationale lors de la victoire du Cartel des gauches en 1924.

 Fidèle du chef de la SFIO Léon Blum dont il partageait la ligne politique, Vincent Auriol jouait un rôle de premier plan dans son parti et à la Chambre des députés. Après la victoire du Front populaire en mai 1936, il entra au gouvernement au poste exposé et stratégique de ministre des finances. Après la chute de Léon Blum en juin 1937, il occupa le poste de ministre de la justice dans le gouvernement de Camille Chautemps. Quand Blum fut chargé de forme un nouveau gouvernement en mars 1938, Auriol l’accompagna avec le titre de ministre de la coordination des services à la présidence du Conseil. L’expérience dura à peine un mois. La mise en minorité du gouvernement signifia la fin officielle du Front populaire. Vincent Auriol s’opposa d’abord aux désastreux accords de Munich en 1938 qui livraient la Tchécoslovaquie aux nazis, avec de se raviser et de les ratifier quand le texte fut soumis au parlement. Il voulait laisser une chance à la paix. Il regretta amèrement sa décision. L’accord n’avait pas rassasié les appétits expansionnistes d’Adolf Hitler mais les avaient au contraire exacerbés. Deux ans plus tard, après la défaite de la France face à l’Allemagne nazie, il refusa de voter les pleins pouvoirs au maréchal Philippe Pétain, une décision partagée par 79 autres parlementaires dont Léon Blum.

 Arrêté en septembre 1940 par la police du régime de Vichy, emprisonné jusqu’en août 1941, il fut libéré pour raisons de santé et placé en résidence surveillée. En 1942, l’ancien député socialiste échappa à la surveillance de la police. Il entra en Résistance et après un périple, il rejoignit Londres où il se mit au service du général de Gaulle. L’année suivante, il présida la Commission des finances de l’Assemblée consultative à Alger où le Comité français de libération nationale (CFLN) s’était installé. A la Libération, il entra dans le second gouvernement présidé par Charles de Gaulle de novembre 1945 au 22 janvier 1946. Quelques jours plus tard, les députés l’élurent président de l’Assemblée constituante qui rédigea la Constitution de la IVème République, puis président de l’Assemblée nationale le 3 décembre 1946. Il occupa la fonction pendant quelques semaines seulement. Le 17 janvier 1947, il présenta sa candidature à l’élection présidentielle. Les parlementaires réunis en Congrès à Versailles votèrent le désignèrent dès le premier tour. Il réunit sur son nom 452 voix. Son adversaire Auguste Champetier de Ribes rassembla 242 voix.

 Installé à l’Elysée, Vincent Auriol joua un rôle important dans la reconstruction de la France, dévastée et ruinée après cinq années de guerre. Il s’efforça de dénouer les crises politiques à répétition qui se multipliaient en raison de l’absence de majorité forte et claire à l’Assemblée nationale. Il affronta également plusieurs conflits coloniaux et notamment la guerre d’Indochine. Au terme de son septennat, il renonça à briguer un second mandat et se retira le 16 janvier 1954. En 1958, il appela au retour au pouvoir du général de Gaulle. Nommé membre du Conseil constitutionnel en 1959, il prit ses distances avec l’ancien chef de la France libre qui semblait mépriser l’institution qu’il avait lui-même créé : « Cette désinvolture à l'égard de la souveraineté nationale et de notre charte fondamentale oriente le régime constitutionnel de 1958 vers un système de pouvoir personnel et arbitraire en opposition avec les principes et les règles essentiels de la démocratie ».Resté socialiste, il rompit avec la SFIO de Guy Mollet en 1960 et aida à la création du parti socialiste autonome. Il fit entendre une dernière fois sa voix dans le débat politique en appelant à voter en 1965 pour François Mitterrand.

J.-P.G.

Demain : François Chérèque

masculin
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James Gandolfini

Acteur américain, né le 18 septembre 1961 à Westwood (New Jersey), décédé à Rome (Italie), à l’âge de 51 ans. Il atteignit la célébrité mondiale en interprétant le rôle du chef de la mafia Tony Soprano dans la série télévisée du même nom.

19 Juin 1953

Julius et Ethel Rosenberg

Militants communistes américains, exécutés dans la prison de Sing Sing (New York). En pleine « chasse aux sorcières » sous le maccarthysme, ils furent accusés d’avoir espionné au profit de l’URSS. Condamnés à mort, ils furent exécutés sur la chaise électrique, malgré une campagne mondiale qui réclamait leur grâce. 

Julius Rosenberg était né le 12 mai 1918 à New York. Il mourut à l’âge de 35 ans.

Son épouse Ethel Greenglass était née le 28 septembre 1915. Elle mourut à l’âge de 37 ans.

19 Juin 1987

Michel de Saint-Pierre

Ecrivain et journaliste français, né le 12 février 1916 à Blois (Loir-et-Cher), décédé à Saint-Pierre-du-Val (Eure), à l’âge de 71 ans. Auteur de romans et d’essais il obtint en 1954 le Grand prix du roman de l’Académie française pour Les aristocrates.

19 Juin 1997

Olga Georges-Picot

Actrice française, née le 6 janvier 1940 à Shanghai (Chine), décédée par suicide à Paris, à l’âge de 57 ans. Elle joua dans Je t’aime, je t’aime (1968) d’Alain Resnais, Glissement progressif du plaisir (1974) d’Alain Robbe-Grillet

19 Juin 1993

William Golding

Ecrivain britannique, né 19 septembre 1911 à St Columb Minor (Cornouailles), décédé à Perranarworthal (Cornouailles), à l’âge de 81 ans. Auteur de Sa majesté des mouches (1954) et Rites de passages (1981). Prix Nobel de littérature en 1983.

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