Wernher von Braun

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16 Juin 1977

Ingénieur allemand naturalisé américain, né le 23 mars 1912 à Wirsitz (Prusse), décédé à Alexandria (Virginie), à l’âge de 65 ans. Pendant la seconde guerre mondiale, il conçut pour l’armée allemande le missile balistique V2 qui bombarda Londres. Après la guerre, il s’installa aux Etats-Unis, il mit au point la fusée Saturne V et dirigea le programme spatial Apollo qui permit en juillet 1969 la conquête de la Lune.

 Né au sein d’une famille aristocrate allemande – son père portait le titre de baron – dans une région devenue aujourd’hui polonaise, Wernher von Braun suivit des études scientifiques dans les meilleures écoles de Zurich et de Berlin. Ingénieur en mécanique, il était passionné par l’astronautique. Pendant ses loisirs, il construisait avec des amis de petites fusées miniatures. Le jeune ingénieur rêvait d’explorer l’espace. L’armée allemande s’intéressait aussi aux fusées. En 1929, elle avait créé un « bureau des engins balistiques spéciaux ». Elle finança les travaux de l’ingénieur. Avec l’aide de l’institution militaire, von Braun publia sa thèse de doctorat dont l’intitulé définissait un futur programme : « Solutions théoriques et expérimentales au problème des fusées propulsées par des carburants liquides. Technique des fusées et recherche dans le domaine du vol spatial. ». En 1936, von Braun fut nommé directeur du centre d’essai où étaient testées des fusées dans le plus grand secret. Installé à Peenemünde en Poméranie sur la côte Baltique, Braun et l’équipe d’ingénieurs qu’il dirigeait travaillèrent d’arrache-pied pour construire des fusées à usage militaire. Le chef du programme secret adhéra en 1937 au parti nazi pour obtenir de nouveaux moyens financiers. Il avoua plus tard avoir rencontré à trois reprises Adolf Hitler qui le tenait en haute estime. Quand éclata la seconde guerre mondiale, Braun et ses ingénieurs redoublèrent d’efforts pour mettre au point de nouvelles armes de destructions.

Au service de l’effort de guerre nazi

Au bout de quatre longues années de travail, il réussit à fiabiliser la fusée A4. Battu sur les plages de Normandie, le Troisième Reich décida de reprendre l’avantage en terrorisant les populations civiles alliées. L’engin volant de von Braun fut doté d’une charge explosive. Le 14 juin 1944, l’armée allemande lança sur Londres sa première fusée V1 baptisée Vergenltfungwaffe (arme de vengeance). Long de 7,9 mètres, d’un diamètre de 1,42 mètre, d’une envergure de 5,78 mètres, la bombe volante pesait 2,24 tonnes et emportait une charge de 750 kilogrammes d’explosifs. Catapultée à partir de rampes de lancements de Peenemünde ou larguée par un avion, la fusée montait à 4500 pieds et atteignait la vitesse de croisière de 670 km/heure grâce à un pulsoréacteur installé sur le fuselage. D’une portée de 210 kilomètres, le V1 était peu précis avec une marge d’erreur de 13 kilomètres. Le 13 juin 1944, la ville de Londres fut la cible de la première attaque. L’engin s’écrasa dans l’estuaire de la Tamise. D’autres tirs plus précis à partir des bases installées sur la côte de la Manche atteignirent la capitale de l’Empire britannique. Pour construire les fusées, Braun réquisitionna des déportés du camp de concentration de Dora ou il installa plusieurs lignes de fabrication à la chaine. On évalue à 20 000 - sur 60 000 - le nombre de travailleurs forcés qui moururent des suites des mauvais traitements, de maladie, de famine et de violence.

 Au plus fort de l’offensive, l’Allemagne envoya vers l’Angleterre jusqu’à 250 bombes volantes par jour dont 70 en moyenne atteignirent leur but causant de lourdes pertes humaines et occasionnant des dégâts impressionnants. En trois mois, 6000 britanniques périrent. Adolf Hitler savait que cette arme nouvelle ne lui permettrait pas de remporter la victoire. Son objectif consistait à terroriser la population alliée, à rassurer son peuple et à saper le moral des dirigeants et des généraux alliés qui s’interrogeaient sur la nature des armes secrètes que les ingénieurs allemands imaginaient et produisaient dans le but de retarder la fin de la guerre et la défaite du nazisme. Contre ces ancêtres des missiles de croisière, la parade était incertaine. L’aviation alliée peinait à les intercepter en vol (un millier furent néanmoins détruits par les chasseurs). L’Etat-major conclut qu’il serait plus avantageux de les détruire au sol avant leur catapultage. Encore fallait-il savoir où étaient cachés les sites de lancements. La résistance en localisa une centaine. Les Britanniques bombardèrent les bases. Le 1er septembre 1944, les attaques de V1 contre Londres cessèrent. Sur les 35 000 missiles construits par les Allemands, on évalue à 18 000 le nombre détruits au sol. Après une accalmie de trois mois, les V1 firent de nouveaux leur apparition en décembre 1944 au-dessus des grandes villes belges. Tirés à partir de bases installées en Allemagne, elles s’abattirent sur Anvers et Liège où plus d’un millier d’habitations furent détruites, causant la mort de milliers de personnes parmi la population civile.

Mais déjà, Wernher von Braun créa une nouvelle arme encore plus redoutable, le V2. Ancêtre du missile balistique sol-sol, l’engin mesurait 14 mètres de haut, avait un diamètre de 1,65 mètre, pesait 12,5 tonnes au décollage et transportait une tonne d’explosifs. Volant à la vitesse de 5 760 km/heure à une altitude de 88 000 mètres il pouvait atteindre une cible situé à 320 kilomètres de son point de lancement. Un premier missile fut tiré le 8 septembre 1944 contre la ville de Paris. Il s’abattit sur Maisons-Alfort, tuant six personnes. 1100 V2 s’écrasèrent sur Londres jusqu’en mars 1945, causant la mort de 2700 personnes. Par chance, les recherches allemandes en matière d’atomes étaient en retard sur celles des alliés. On frémit à l’idée que les nazis auraient pu installer une bombe atomique dans le fuselage de leur V2.

Le père du programme Apollo

Quand la défaite sembla inéluctable, von Braun décida de rejoindre les lignes américaines. Farouchement anticommuniste, il ne tenait pas à tomber entre les mains de l’Armée rouge. Avec une centaine d’ingénieurs et de techniciens, il s’enfuit des installations du camp de concentration de Dora et se cacha dans des grottes fin avril 1945. Début mai, il se rendit à l’armée américaine. Arrivé aux Etats-Unis en septembre, il fut chargé du programme de missiles balistiques de l’armée américaine. Avec ses ingénieurs allemands, il mit au point à Hunstville le missile balistique Redstone, dérivé du V2 puis les Pershing et Jupiter. Quand éclata la course à l’espace, les Etats-Unis fondèrent en 1958 l’Agence spatiale américaine (NASA). Désormais naturalisé américain, Wernher von Braun fut nommé directeur du Centre de vol spatial. Il fabriqua la fusée Juno qui mit en orbite le premier satellite américain Explorer 1. Il fabriqua les lanceurs pour les vols habités Mercury et Gemini.

 Après le défi lancé le 25 mai 1961 par le président américain John Fitzgerald Kennedy de conquérir la Lune avant la fin de la décennie, Werner von Braun fut chargé de concevoir la fusée Saturne capable d’envoyer dans l’espace les missions lunaires du programme Apollo. Le lanceur mesurait 110 mètres de haut et avait un diamètre de 10 mètres. Composé de trois étages, propulsé par onze moteurs, Il pesait au décollage 3 038 tonnes – le poids d’un destroyer – et pouvait satelliser une charge utile de 47 tonnes. On était bien loin des V1 et V2. Après la conquête de la Lune le 21 juillet 1969 par Neil Armstrong, le gouvernement fédéral réduisit la subvention à la Nasa qui dut annuler plusieurs missions lunaires. Faute de moyens financiers, la Nasa annonça en 1972 l’abandon de projet d’envoyer un homme sur Mars. En désaccord avec les nouvelles orientations de l’agence spatiale, Wernher von Braun démissionna et entra dans le privé. Il mourut cinq ans plus tard d’un cancer du foie, à l’âge de 65 ans.

J.-P.G.

Demain : Cyd Charisse

masculin
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